Togo : le FMI exprime ses craintes sur les répercussions de la crise politique sur la croissance économique

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M. Ivohasina Fizara Razafimahefa

C’est à la veille d’une nouvelle manifestation presque incertaine de l’opposition, que les services du Fonds monétaire international (FMI) ont indiqué leurs craintes quant aux répercussions des troubles sociopolitiques sur la croissance économique du Togo.

« Les tensions socio-politiques font peser un risque sur les perspectives de croissance économique avec un impact négatif sur l’économie réelle et les recettes fiscales », a indiqué Ivohazina Razafimahefa, le chef d’une mission ayant séjourné à Lomé du 27 mars au 10 avril 2018 dans le cadre de la deuxième revue du programme soutenu par une Facilité élargie du crédit.

« L’activité économique a connu un ralentissement au deuxième semestre suite aux troubles sociopolitiques. En conséquence, le taux de croissance de l’économie est estimé à 4,4% en 2017 contre 5,1% en 2016 », a-t-il ajouté, prévoyant un « taux légèrement inférieure à 5% » pour l’année en cours.

La mission précise ainsi que le principal facteur de la baisse de croissance de l’activité est la situation sociopolitique. « Dans le cadre du programme, nous avons prévu que les investissements privés vont croitre rapidement pour permettre de soutenir la croissance économique », explique le chef de mission.

Mais, ajoute-t-il, « en discutant avec les opérateurs du secteur privé, nous étions arrivé à une conclusion que cette croissance rapide des investissements privés n’est pas en train de se faire. Le secteur privé indique que les principales raisons sont d’ordre socio politique ». Et de regretter que la croissance économique du Togo ne suive pas le « dynamise régional ou international », au vu la possibilité de marché, notamment les indicateurs du commerce extérieur.

En rappel, le Togo connait depuis aout 2017, une crise politique marquée par des manifestations – souvent émaillées de violences – de l’opposition qui réclame une réforme de la constitution. Modifiée en 2002, cette dernière ne limite pas le nombre de mandats présidentiels, et prévoit un mode de scrutin à un tour.

Le dialogue entamé le 19 février 2018 sous la facilitation du président Ghanéen, Nana Akufo-Addo, semble avoir du plomb dans l’aile. En effet, le règlement intérieur de ces discussions recommande l’arrêt du processus électoral en cours, et la suspension des manifestations jusqu’à la fin des travaux. Mais, ce sera sans compter avec un gouvernement préoccupé par d’éventuels retards dans le processus électoral, et une opposition menée par un Tikpi Atchadam qui ne jure que par des marches dites pacifiques.

En conférence de presse ce mardi, la coalition de l’opposition avait annoncé qu’elle maintient ses manifestations prévues les 11, 12 et 14 avril, alors que le gouvernement avait fait savoir, quelques jours plus tôt, qu’il « ne peut pas se rendre complice de Ia violation des recommandations du facilitateur (…) en laissant les manifestations se faire ».

Sur le front social, le tableau n’est pas reluisant. Les principales organisations syndicales, notamment la Synergie des travailleurs du Togo (STT), la Coordination des syndicats de l’éducation du Togo (CSET) et le Syndicat national des praticiens hospitaliers du Togo (SYNPHOT) multiplient leur mouvements de grève dans les secteurs de l’éducation et de la santé, et les réponses du gouvernement ne convainquent pas l’opinion.

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