Rencontre avec Charles-Emmanuel Berc, PDG du groupe VIPP

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« L’Afrique rentre chaque jour davantage dans le commerce mondial »

Le groupe français VIPP Interstis a annoncé jeudi 30 janvier, qu’il démarre ses activités à Lomé en avril prochain. Une implantation qui, selon la direction, s’inscrit dans la stratégie d’expansion déployée par le groupe en Afrique en subsaharienne. Dans cet entretien accordé à Financial Afrik, Charles-Emmanuel Berc, le président fondateur de la société spécialisée dans la gestion de la relation client salue un continent qui « rentre chaque jour davantage dans le commerce mondial », et livre ses ambitions pour le marché. Exclusif !

Vous êtes à la tête d’un groupe français présent en Afrique, mais qui offre essentiellement ses services aux annonceurs français et européens. Pourquoi avoir privilégié ce segment ?

L’expérience client est au cœur des préoccupations des marques françaises, car c’est un élément important de fidélisation des clients : quand un client est bien traité, alors il ne part pas à la concurrence.  L’exigence des consommateurs est forte, les entreprises ont besoin de prestataires agiles, avec des ressources motivées, qui peuvent les accompagner dans la mise en œuvre d’une expérience client mémorable. Les marchés africains en sont encore loin : peu de concurrence, des consommateurs souvent résignés, etc. Dans certains pays qui sont en route vers l’émergence, je pense que ce sont les services de l’Etat qui vont montrer l’exemple. Au Bénin comme au Togo, les gouvernements réfléchissent à l’expérience citoyen pour faciliter les contacts entre l’administration et les populations ! Ce serait une première mondiale : où le secteur public devancerait le privé !

Justement, vous venez d’annoncer votre implantation au Togo. Quelles sont les raisons qui motivent le choix de ce marché ?

Depuis l’ouverture de notre premier centre à Yaoundé au Cameroun en 2011, nous avions toujours pour stratégie une implantation dans 3 pays en Afrique de l’Est et en Afrique Centrale. Nous avons mis presque 10 ans pour arrêter nos deux autres choix, sur un continent qui bouge, et dans lequel on doit se projeter durablement. La qualité du bassin d’emploi, le niveau de formation des jeunes diplômés, leur envie de travailler et leur ouverture au monde sont nos critères de sélection. Mais cela ne suffit pas. Il nous fallait choisir des pays où la volonté politique en matière d’accès à l’internet, avec la capacité à fournir un haut débit permanent et robuste, est avérée. Il nous fallait en plus des pays avec lesquels nous pourrions construire durablement, dans une vraie logique responsable. Le Togo a répondu, haut la main, présent.

Quelles sont ambitions pour le Togo ?

Nous nous sommes engagés sur la création de 500 emplois en 3 ans. C’est la taille minimum qui nous permet de déployer notre modèle social et tous les services réservés à nos collaborateurs, du médecin aux salles de sport. Notre volonté est de réaliser nos prestations avec un haut niveau de qualité. Pour cela, le marché de l’emploi doit être préservé sur cette filière, ce qui n’est plus le cas à Abidjan ou à Dakar. Si d’autres acteurs internationaux viennent s’installer à Lomé, nous ne pourrons nous déployer davantage. Sinon, nous pourrons, et c’est notre souhait, recruter 1 000 personnes de plus, comme nous l’avons fait à Yaoundé et Cotonou. Cette taille nous permettrait par ailleurs de déployer davantage de services exclusifs aux collaborateurs, comme des crèches par exemple.

Comment se présente à ce jour, l’actionnariat du groupe, et celui de votre société au Togo ?

Je suis l’investisseur principal et le fondateur du groupe. La structure togolaise est une filiale 100% de l’entreprise française. Nous expérimentons actuellement l’actionnariat salarié sur notre site historique de Yaoundé, ce qui nous permettrait d’embarquer les collaborateurs clés et méritants dans le succès de l’entreprise. Vipp Interstis doit être une société africaine.

Pensez-vous donc que votre marché, celui des services externalisés est un secteur porteur en Afrique ?

Bien sûr ! Installé depuis 10 ans en Afrique, je me réjouis de voir cette Afrique moderne, ambitieuse qui rentre chaque jour d’avantage dans le commerce mondial. Le talent est là, il faut juste que les acteurs privés se mobilisent pour accompagner ces volontés de changement, en arrêtant de penser qu’ils sont sur des marchés faciles et dociles. Les choses vont vite, et je rêve que les Africains aient droit aux services que leurs consommations et leurs achats méritent.

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