En 2016, les pays de la Cemac ont perdu  près de 500 millions de dollars de réserves de change par mois, soit 6 milliards de dollars par an.

 

Les rumeurs portant sur la dévaluation du F CFA de la zone Cemac( Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale) « sont sans aucun fondement », disait le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale(Beac), Abbas Mahamat Tolli, le 11 juillet dernier  en conférence de presse à Yaoundé.

Selon le gouverneur, les  indicateurs sont rassurants  car le taux de couverture du F CFA serait largement supérieur, se stabilisant autour de 60% en 2017 contre 14,8% en 1993.

Mais cette assurance semble être remise en cause par le constat qui a été fait par le  chef de mission du Fonds monétaire international au Gabon, Alex Segura-Ubiergo.  Le représentant du FMI   a laissé entendre  qu’en 2016, les pays de la Cemac ont perdu  près de 500 millions de dollars de réserves de change par mois, soit 6 milliards de dollars par an. Il a livré  ces chiffres à l’issue d’une semaine  de travail effectuée  fin juillet à Libreville.

A la lecture de cette situation décrite par le chef de mission du FMI, les observateurs restent perplexes quant à une éventuelle dévaluation du F CFA. La dévaluation qui a été chassée par le gouverneur de la Beac, reviendrait au galop, d’après certains économistes, s’inquiétant notamment  de la chute du prix du pétrole qui représente une grosse part de recettes des  budgets de ces pays.

Pour éviter un tel scenario, M. Segura-Ubiergo conseille aux Etat membres de la zone d’augmenter  leurs  recettes d’exportation pour sécuriser les réserves de change. « Il faut endiguer et régler définitivement l’érosion des réserves de change si la CEMAC veut éviter une dévaluation du Franc CFA. La menace est réelle », a-t-il averti.

Pour ce dernier, le FMI a pris les devants en affectant des fonds aux pays de la Cemac dans le cadre des programmes négociés. « Ces fonds devant partiellement et impérativement servir à la reconstitution des avoirs extérieurs nets, dont l’érosion manifeste aurait pu déboucher sur un ajustement monétaire aux conséquences négatives », a précisé le missionnaire.

Ablaye Modou Ndiaye

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