Par Nephthali Messanh Ledy

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Pour 2017, le Nigeria s’apprête à exécuter un budget s’élevant à 7.298 milliards de Nairas (plus de 24 milliards de dollars) présenté ce mercredi par le président Buhari au sénat. L’annonce intervient à un moment où le pays connaît une récession économique – la plus grande depuis 25 ans – due à la chute des prix du pétrole, l’une des principales sources de revenus de la première économie d’Afrique, et aux attaques des rebelles sur les oléoducs dans la région du Delta du Niger.

« Nous continuons à faire face à la situation économique la plus difficile dans l’histoire de notre nation », a indiqué Muhammadu Buhari. « (…)Mais je reste convaincu que c’est aussi une période de grandes opportunités ».

En effet, ce budget – qu’il qualifie d’« ambitieux » – devra permettre de relancer une économie plombée par le pétrole qui ne représente plus que 10% du produit intérieur brut du pays, et dont les revenus fournissent encore 70% des recettes budgétaires.

Optimisme

Pour ce faire, M. Buhari table sur une monnaie plus forte face au dollar (305 nairas par rapport au dollar, contre 315 aujourd’hui) et une hausse de la production pétrolière estimée à 2,2 millions de barils par jour contre 1,9 actuellement, avec une hypothèse d’un baril à 42,5 dollars. Un «ouf pétrolier» que le pays peut pousser suite à un accord de l’Organisation des pays producteurs de pétrole (OPEP).

En rappel, le Nigeria est l’un des trois pays exemptés par l’accord de réduction de la production pétrolière mondiale, engagé fin novembre par les pays membres.

Diversification

Toutefois, pour ne plus trop dépendre de l’or noir, le budget  2017 baptisé « budget de la reprise et de la croissance » prévoit des investissements dans les infrastructures, en particulier les routes et le secteur ferroviaire, dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture et des services. Des investissements publics qui devront augmenter de 30 % par rapport à 2016.

D’ailleurs, le président devra annoncer un plan national de relance (le plan zéro-pétrole) qui exploitera l’agro-industrie et le potentiel minier par la création de parcs industriels où les investisseurs obtiendront des conditions favorables afin de produire pour l’exportation.

A noter que  ce budget qui prévoit 440 millions de dollars à la rubrique « défense » pour soutenir l’armée face aux jihadistes devra être validé par le parlement avant d’être promulgué par le président Buhari.

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