Par Maria Nadolu, depuis Poullies, Italie.

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Docteur Titto Salatto partage avec les lecteurs de Fiancial Afrik ses perspectives, suite à une riche expérience en tant que chirurgien et propriétaire de cliniques. Depuis les années 1980, il assume cette double responsabilité dans la province des Poullies, en Italie.

 

 

« Mens sana en corpore sano » disaient les Latins. En d’autres termes, à bon mental, un bon corps. Mais comment se positionner entre l’humanisme de la médecine classique et les nouvelles technologies ?

Quelles connections peuvent être créés  dans le web des réalités «sans» et avec des frontières ? Quelles sont les tendances de développement de la santé, vues par les yeux d’un médecin et entrepreneur ?
Docteur Titto Salatto partage avec les lecteurs de Fiancial Afrik ses perspectives, suite à une riche expérience en tant que chirurgien et propriétaire de cliniques. Depuis les années 1980, il assume cette double responsabilité dans la province des Poullies, en Italie.

L’histoire commence avec la revitalisation structurelle et organisationnelle d’une clinique, qui fut confiée à Dr. Salatto en tant que directeur et chef chirurgien. Presque 30 ans plus tard, son groupe gère cinq cliniques, offre un cycle complet de la chirurgie à la récupération ; sa performance reste  solide, même pendant les difficiles années de la crise. Le groupe s’inscritreste dans une logique de croissance, qui intégre les nouvelles tendances et technologies, toute en restant profondément humaniste.


Docteur, comment  arrivez-vous à concilier cette double approche de chirurgien et hommes d’affaires dans une même dynamique?


 

J’ai quitté l’hôpital public pour pouvoir manifester pleinement mon potentiel de chirurgien sans être contraint par les complications du système public de l’époque. La méritocratie est fondamentale dans le système privé ; et cela fonctionne bien spécialement si on a des objectifs précis.


 

Quel était donc votre principal objectif ?


Dans mon cas c’était la santé et la satisfaction des les malades. Pour se faire, on a besoin d’organiser un système, de créer une équipe. Dans un premier temps, avant de faire l’entrepreneur, j’organisais déjà les infirmières, mon bloc opératoire ; on dit toujours que le chef de chirurgiens doit être un bon manager.


L’ingrédient de votre succès ?


Dans le cas des cliniques, le succès est venu naturellement ; les patients sortaient et en parlaient positivement. Les bonnes références se sont répanduee de bouche à oreille ; et la croissance s’est faite d’une manière organique.
Je pense qu’avant d’être technicien, le chirurgien doit être humain ; il doit apporter de l’humanisme, de la confiance. Je parle de ce type de confiance que la technologie à elle seule ne peut offrir. Quant à l’esprit entrepreneurial, je me suis lancé dans des nouveaux projets même quand il n’y avait pas les certitudes, mais un fort instinct positif. En plus, j’ai eu la chance de débusquer  des talents  et de construire des équipes structurées.


Quelles sont vos perspectives de developpement et votre  positionnement pour le futur?


 

L’ingénierie clinique apporte beaucoup d’innovations.C’est tout un domaine du monde académique actuel  et un aspect fondamental de notre orientation. Un médecin specialisé en ingénierie, en comprenant mieux que les autres les difficultés du diagnostic  et de la thérapie, peut concevoir de nouveaux instruments, de plus en plus minuscules et précis. Ce médecin peut même entrer dans le monde digital ; aujourd’hui quand le chirurgien est en difficulté, il peut se connecter avec une caméra afin de trouver les solutions partout dans le monde. La télémédecine est un important pas avant, spécialement pour les pays qui manquent d’une bonne infrastructure et de couverture médicale.


 

La télémédecine est donc une opportunité pour les pays en développement ? 


Si l’on parle de l’aspect financier, l’investissement associé à l’achat semble trop cher..La  plateforme peut être louée ; par exemple, pour l’Afrique francophone on peut la prendre de la France ou même du Caire. Restera encore le besoin de formation des médecins, des infirmières et surtout des techniciens, c’est à dire des informaticiens qui arrivent à bien connaitre le système.

Il y a ceux qui disent que la télémédecine peut diminuer l’aspect humain de rapport avec les patients; mais dans certains cas, pour des régions ou communautés en besoin, elle peut être une voie de développement qui va vers l’humanisme, car l’humanisme n’est pas envisageable sans médecine. La Télémédecine peut constituer une forme intermédiaire afin d’ouvrir de nouvelles perspectives, d’arriver à un état d’évolution désirable.


Quels sont les nouveaux horizons que vous envisager, vous personnellement ?


Après cette expérience dans le monde ainsi dit Occidental, un de mes rêves est d’aller vers ces pays et régions émergents et continuer ma mission qui est de faire du bien.

 


 

Perspectives de la télémédecine en Afrique

 

La télémédecine mentionnée par Dr. Salatto est déjà reconnue comme une des technologies révolutionnaires pouvant avoir un fort impact sur le continent africain au cours des 15 prochaines années. Les patients vivant dans des collectivités isolées ou éloignées peuvent ainsi recevoir des soins sans devoir se déplacer. Les professionnels de la santé dans de multiples endroits partagent des informations comme s’ils étaient dans le même lieu. La surveillance à distance du malade peut réduire la nécessité de consultations externes et permettre la vérification de la prescription et de l’administration des médicaments, ce qui pourrait réduire de manière significative le coût global des soins médicaux.

La télémédecine peut aussi faciliter la formation médicale en permettant aux travailleurs d’observer les experts dans leurs domaines et de partager les meilleures pratiques plus facilement.
Plusieurs stratégies sont déjà déployées pour étendre l’application de la télémédecine dans le secteur des soins de santé de l’Afrique. Même s’il y a des inconnus liés au coût des équipements de télécommunication, de gestion des données, de la formation technique du personnel médical et, éventuellement, du manque d’infrastructures de communication, le potentiel est réel.

En Afrique de Sud, l’activité est déjà développée. en Afrique de l’Ouest, plusieurs initiatives internes sont en train de décoller. Dès 2010, des institutions au Nigeria, comme l’Université de Lagos, ont annoncé qu’elles vont développer leurs propres solutions de télémédecine.

En outre, des espaces de collaborations internationales existent: en 2014 , le gouvernement du Luxembourg,  l’opérateur de satellites SES et les organisations non gouvernementales Archemed, Fondation Follereau, Amitié Luxembourg, Médecins allemands et Médecins Sans Frontières, ont établie SATMED, une plate-forme e-Health afin d’améliorer la santé publique dans les régions éloignées des pays émergents et en voie de développement. Leur première intervention fut en Sierra Leone Au plus fort de l’épidémie  d’Ebola. Ce n’est qu’un début.

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