Difficile d’être Petite et Moyenne Entreprise au Togo, surtout pour ce qui est de l’accès au crédit bancaire. Une situation confirmée et dénoncée par les résultats de la deuxième édition de l’enquête de prévision macroéconomique 2014, publiés le 28 août 2015 par le Ministère de l’Economie, des Finances, et de la Planification du Développement.

Au Togo, les Petites et Moyennes Entreprises (PME), qui représentent pourtant le moteur de la croissance, peinent malheureusement à accéder au crédit bancaire, en raison non seulement d’une asymétrie d’information entre le banquier et son client, mais surtout de l’absence d’une garantie fiable.

Dans sa publication le 28 août à Lomé, des résultats de la deuxième édition de l’enquête de prévision macroéconomique 2014, le Ministère de l’Economie, des Finances, et de la Planification du Développement, a posé le problème, tel que soulevé par les responsables de PME interrogés à l’occasion. Une enquête qui a pour but d’actualiser les données sur les principaux indicateurs de la situation économique des entreprises togolaises, tels que le niveau de production et d’investissement, les échanges de biens et services avec le reste du monde, pour les années 2013 et 2014, et les prévisions 2015.

En effet, la majorité des PME rencontre des difficultés pour retrouver une production stable, et font face à différentes contraintes, surtout financières. Selon le Secrétaire Général du Ministère de l’Economie, des Finances, et de la Planification du Développement, Badawasso Gnaro: « Le financement bancaire est faible, et cette faiblesse est un frein au développement des entreprises privées au Togo … ». Selon l’enquête, le manque de moyens de financement des investissements n’est pas l’apanage des PME, qui restent les plus impactées.

Le secteur bancaire togolais est connu pour sa préférence au financement des dépenses de trésorerie aux dépens des dépenses d’investissement, comme souligné dans la Note de politique sur le climat des investissements, publiée par la BCEAO en 2012.

Une situation que déplore Kayi Mivedor, la présidente de l’APBEF-TOGO (Association Professionnelle de Banques et Etablissements Financiers du Togo) et Directrice Générale de la filiale togolaise de Diamond-Bank, qui rejette les accusations selon lesquelles, les banques seraient frileuses pour accorder des prêts aux entreprises, pointant du doigt l’opacité et l’amateurisme dans la gestion de certaines structures.

L’enquête indique qu’une croissance inclusive, impliquant les PME, est plus que souhaitable, vu leur poids important dans l’économie togolaise.

Situation financière des entreprises

Du premier au second semestre 2014, note l’enquête, on observe la baisse de la proportion des entreprises, dont la situation financière est jugée mauvaise (passant de 60,1% à 57,6%), tandis que la proportion des entreprises, dont la situation financière est jugée satisfaisante, passe de 38,8% à 41,7%.

Cependant, l’analyse globale de la situation financière, ne reflète pas les évolutions observées au niveau des différentes catégories d’entreprises. En effet, au 1er semestre 2014, la situation financière est jugée mauvaise pour 15,9 % des grandes entreprises, tandis que les moyennes et petites entreprises, qui ont connu des situations financières difficiles représentent respectivement 51,9 % et 79,6 %. Par contre, elle est jugée satisfaisante pour 78,6 % des grandes entreprises au 1er semestre (83,1%), tandis que seules 20 % des petites entreprises ont connu des situations financières satisfaisantes au 1er semestre.

Notons que l’enquête est basée sur un échantillon de 200 entreprises locales, tirées dans une base de sondage, constituée de 4.134 entreprises.

Par Nephthali Messanh Ledy, Lomé