Plongeon général des devises africaines face au billet vert durant le premier semestre 2015. C’est ce qu’indique une note de recherche de Citibank. La situation affecte le choix des investisseurs selon le rapport paru récemment.
L’indicateur le plus suivi par les investisseurs est le taux de change. Une forte dépréciation de celui-ci engendre l’inflation et renchérit les importations, souligne le rapport de Citi.
Une telle situation pourrait favoriser les déficits jumeaux (budgétaire et commercial). Au vu des indicateurs qui recoupent les estimations du FMI et de la Banque mondiale, l’on peut dire que la page de la faible inflation dont jouit beaucoup de pays de la sous -région est tournée. Citi estime toutefois que sera avec un taux à un chiffre dans la plupart des pays subsahariens.

Si la remontée du dollar a des conséquence mondiales (touchant les monnaies majeures comme l’euro), deux types de pays africains sont particulièrement affectés par la vague: ceux qui tirent l’essentiel de leurs réserves de l’exportation des matières premières et ceux dont l’environnement économique s’est considérablement détérioré.

Nombre d’économistes estiment que la retombée des cours des Commodities pourrait marquer la fin de la longue période de croissance des économies africaines. Seuls les pays qui parviendront à diversifier leurs exportations pourront échapper à cet atterrissage programmé.
Les arguments soutenant une corrélation entre PIB africain et cours des matières premières retiennent comme défense la faible industrialisation du continent et la faible capacité de transformation locale des matières premières. Le rapport de la Citi estime à 30% la corrélation entre les deux grandeurs. C’est-à- dire que 70% de la croissance du continent est généré par d’autres facteurs dont le plus important est la démographie, les secteurs dynamiques (téléphonie) et la politique économique (l taux de change).
A noter que seuls 8 des 45 pays de l’Afrique subsaharienne sont exportateurs nets de pétrole, ce qui montre que la baisse de l’or noir aura des retombées plutôt positives pour les 37 importateurs de cette source d’énergie.

Ces huit pays pétroliers (Angola, Nigeria, Tchad, Guinée Equatoriale, Gabon, Cameroun, Congo et Sud Soudan, Afrique du Sud) présentaient en moyenne un surplus de 2,5% de croissance par rapport aux pays importateurs entre 2005 et 2014. Cette croissance additionnelle est retombée à moins de 1% entre 2010 et 2014.

Si l’on retire l’Afrique du Sud du lot, ces pays exportateurs présenteraient des performances moindres que les importateurs sur les cinq dernières années..
En fait, précise le rapport de la Citi, la chute des cours n’a fait qu’accélérer la dépression des pays exportateurs de pétrole qui marchent au ralenti depuis déjà quelques années.

S’ils persistent, les déficits jumeaux favoriseront davantage l’endettement d’autant que l’Afrique au sud du Sahara présente un taux d’épargne de 18% contre 40% pour l’Asie du Sud-Est et un taux d’investissement de 20% contre 43% pour sa cousine asiatique. A ces taux bas et à la faible industrialisation s’ajoute un coût d’électricité spéculatif à 0,35 dollars le kWh obtenu sur Diesel soit dix fois plus cher que la moyenne mondiale.

Bref, Citi s’attend à une année 2015 difficile. La situation devrait normalement se décanter en 2016 indique le rapport qui rappelle que les pays considérés ne suivent pas la même trajectoire.

En définitive, la croissance à long terme dépendra plus des réformes à engager par les pouvoirs publics que des facteurs externes et des mouvements du dollar. Le billet vert devrait se négocier en parité avec l’euro d’ici septembre estime le rapport. La monnaie américaine a donc largement épuisé son potentiel haussier sur sa consœur européenne  mais continuera à gagner des points par rapport aux devises des pays émergents. La banque table sur un cours de Brent à 69 dollars en 2016 contre 54 dollars en 2015. Le cuivre devrait quant à lui se négocier à 7,7 dollars la tonne en 2016 contre 6,735 en 2015.

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