Rendue ce mardi 3 février, la  décision, surprise,  du tribunal de travail du Togo de faire payer  à Ecobank 11, 6 millions de dollars à son ancien directeur général,  Thierry Tanoh,  pour licenciement abusif est tombé comme un coup de massue sur le toît de l’immeuble en verre qui domine la ville de Lomé.  Cette condamnation qui intervient un mois  après un jugement rendu par le tribunal de commerce d’Abidjan au profit de Thierry Tanoh, crédité de 15 millions de dollars pour diffamation,  sonne le rappel des troupes.  

 

La Banque appelle à un conseil d’administration extraordinaire dès la semaine prochaine.  En faisant appel des deux jugements et en engageant une procédure d’arbitrage à Paris, la Ecobank opte pour le bras fer,  campant sur son argument massue, à savoir l’incompétence des deux tribunaux de juger d’un contrat dont les clauses prévoyaient les tribunaux britanniques pour le règlement d’éventuels litiges.

La fonction  actuelle de Thierry Tanoh, conseiller économique dans le cabinet du président Alassane Ouattara,  est invoqué par les avocats de la banque comme argument suffisamment troublant pour l’ajouter dans le dossier d’une bataille judiciaire qui ne fait que commencer. Les va-t-en guerre, sous le prétexte d’une justice ouest-africaine aux ordres,  évoquent d’ores et déjà la possibilité de délocaliser le siège vers des cieux judiciaires plus cléments.  Ce ne sont pas les sud-africains qui s’en plaindront.

 

Ce contenu pourrait également vous intéresser