Fidèle à sa vision d’un développement tiré par le secteur privé africain, la Tony Elumelu Foundation a dévoilé la liste de sa nouvelle cohorte 2026, marquant une nouvelle étape dans son ambition de « démocratiser la prospérité » sur le continent. Au total, 3 200 entrepreneurs africains bénéficieront cette année d’un accompagnement financier, technique et stratégique.
Un modèle de financement structuré et partenarial
La cohorte 2026 illustre la montée en puissance d’un modèle hybride, combinant ressources propres et partenariats internationaux. Sur les 3200 entrepreneurs sélectionnés, quelque 1 751 sont financés via les entreprises du groupe Heirs Holdings (Heirs Energies, Transcorp Power, Transcorp Hotels et United Capital Plc), 1 049 sont soutenus en partenariat avec la Commission européenne, l’OACPS, le BMZ et la GIZ, 100 entrepreneurs bénéficient d’un appui avec Sèmè City, 100 autres avec la DEG (agence allemande de développement), 100 via un partenariat avec la Fondation IKEA, Generation Unlimited de l’UNICEF et le gouvernement néerlandais et, enfin, 100 avec le Programme des Nations Unies pour le développement et le ministère rwandais de la Jeunesse et des Arts
Ce montage illustre la capacité de la fondation à fédérer bailleurs publics, institutions multilatérales et secteur privé autour d’un objectif commun : soutenir l’entrepreneuriat africain à grande échelle.
Un impact continental et inclusif
Les bénéficiaires proviennent de l’ensemble du continent, du Nigeria au Kenya, en passant par le Mali ou l’Égypte. Tous témoignent de l’effet catalyseur du programme sur leurs entreprises, notamment grâce à un financement initial de 5 000 dollars (seed funding). En plus de cette mise initiale, les entrepreneurs sélectionnés beneficent des opportunités d’accès à des financements complémentaires pouvant atteindre 50 000 euros et d’un accompagnement en formation, mentorat et mise en réseau.
La cohorte 2026 confirme également une orientation inclusive forte. Ainsi, 51 % des bénéficiaires sont des femmes, 13% sont des personnes vivant avec un handicap. L’on relève par ailleurs une forte concentration dans l’agriculture et l’agribusiness, secteur jugé stratégique pour la sécurité alimentaire et l’emploi.
Le capital comme levier de transformation
Pour Peter Ashade, dirigeant de United Capital, «le capital est le catalyseur ». Le programme prévoit notamment un soutien spécifique à 100 entrepreneurs nigérians et 150 dans le reste de l’Afrique, soulignant l’importance d’un financement adapté pour libérer le potentiel entrepreneurial.
Tony Elumelu : “notre futur est entre nos mains”
Dans un discours prononcé en marge de l’événement qui coïncide avec le jour de son anniversaire, Tony Elumelu a réaffirmé sa philosophie de l’afrocapitalisme : « Tout ce que nous faisons, c’est participer à la transformation de notre société. Démocratiser la prospérité. Personne d’autre que nous ne développera ce continent. Notre futur est entre nos mains. »
Insistant sur l’urgence de la création d’emplois, il a appelé à ne pas « trahir la jeunesse africaine », rappelant que les succès individuels des entrepreneurs contribuent directement à la transformation collective.
De la success story bancaire à l’afrocapitalisme
Né au Nigeria, Tony Elumelu s’est imposé comme l’une des figures majeures du capitalisme africain contemporain. Ancien banquier, il bâtit sa réputation à la tête de United Bank for Africa, qu’il transforme en un groupe panafricain présent dans plus de vingt pays. Il fonde ensuite Heirs Holdings, un conglomérat actif dans l’énergie, les services financiers, l’hôtellerie et l’investissement.
C’est dans cette trajectoire qu’émerge le concept d’« afrocapitalisme », une doctrine qu’il théorise au début des années 2010. L’idée est simple mais structurante : le secteur privé africain doit jouer un rôle central dans le développement du continent, en investissant sur le long terme, en créant de la valeur locale et en générant des emplois massifs.
Une initiative devenue référence continentale
Lancée en 2015 avec un engagement initial de 100 millions de dollars pour soutenir 10 000 entrepreneurs sur dix ans, la Fondation Tony Elumelu s’est imposée comme l’un des plus grands programmes philanthropiques dédiés à l’entrepreneuriat en Afrique.
Depuis sa création, elle revendique des dizaines de milliers d’entrepreneurs formés, financés ou accompagnés, avec un effet multiplicateur en termes de création d’emplois et de richesse. Le programme repose sur un triptyque désormais éprouvé : formation, financement et mentorat.
À travers cette initiative, Tony Elumelu a contribué à repositionner l’entrepreneuriat non plus comme une alternative marginale, mais comme un levier central des politiques de développement en Afrique.
Au fil des cohortes, une conviction s’impose : face aux défis démographiques, économiques et sociaux, l’Afrique ne pourra compter que sur elle-même — et sur l’énergie de sa jeunesse entrepreneuriale.

