La banque Centrale de la RDC et DRC Gold ont signé le 19 février 2026 à Kinshasa en présence de la Ministre du portefeuille Julie Shiku un partenariat stratégique centré sur la reconstitution des réserves d’or monétaire de la République démocratique du Congo (RDC) en vue du renforcement des réserves officielles de l’institution scripturale de la RDC .
Par Rodrigue Fénelon Massala
Selon les informations dont nous disposons, l’accord permettra à la BCC à de se procurer de l’or auprès de DRC Gold Trading SA, entreprise chargée de la collecte, de la certification et de la traçabilité de l’or extrait sur le territoire. Cette quantité d’or sera par la suite ajoutée aux réserves officielles de la Banque centrale. Jusqu’à présent, les réserves du Congo étaient majoritairement en monnaies étrangères (dollars, euros).
L’incorporation d’or renforce la solidité des réserves en cas de crises financières ou géopololiques. Les marchés et les investisseurs voient l’or comme une valeur refuge, notamment en cette période où le metal jaune connait une hausse de son prix sur le cours du marché et dans les bourses des métaux précieux.
Cet accord favorise une moindre dépendance aux devises étrangères : une diversification accrue des réserves peut atténuer la sensibilité de la RDC aux variations extrêmes du dollar ou de l’euro.
Impact monétaire sur le franc congolais
Cet accord a pour but, de manière indirecte, de stabiliser le franc congolais (CDF) en renforçant sa base de réserve avec qui plus est, en toile de fond, l’amélioration de la crédibilité monétaire attendue : les banques centrales disposant de réserves en actifs concrets (or) sont souvent considérées comme plus fiables par les investisseurs à l’échelle mondiale.
Cette démarche a un impact stabilisateur sur le taux de change : lors d’épisodes de tensions économiques ou de possible dépréciation du Franc Congolais , l’or peut fonctionner comme un amortisseur de confiance et minimiser les secousses externes. En ce qui concerne le renforcement potentiel du CDF, des réserves plus solides peuvent aider à atténuer la tension inflationniste et contribuer à l’amélioration de la stabilité externe, bien que cela soit également tributaire d’autres politiques monétaires plus globales.
À titre d’exemple récent, des politiques monétaires prudentes et une meilleure accumulation de réserves ont contribué à une forte appréciation du Franc Congolais sur les marchés africains même sans compter l’or, en faisant l’une des monnaies les plus performantes du continent sur une période donnée.
Retombées économiques plus larges
L’accord inclut la traçabilité de l’or issu de l’exploitation à petite échelle. Comme le souligne fréquemment Joseph KAZIBAZIBA, Directeur Général de DRC-Gold Trading et ardent partisan de la lutte contre le trafic d’or, cela pourrait améliorer la transparence des gains miniers et accroître les recettes étatiques si une plus grande partie de l’or transite par les voies officielles. Pour lui, ce combat est crucial pour garantir la traçabilité de l’or et assurer que ces ressources représentent une réserve significative pour l’État.
En transformant une ressource naturelle directement en réserve de valeur nationale, la RDC dépend moins des marchés financiers internationaux pour assurer sa stabilité ou ses interventions monétaires.
Cette politique visant à renforcer la crédibilité monétaire peut rassurer les investisseurs étrangers (FDI), notamment dans les secteurs miniers et financiers, car elle réduit le risque associé à la volatilité du change.
Pour le gouverneur de la Banque Centrale, André Wamesso ,cet accord vise à renforcer les réserves officielles d’or : il s’inscrit dans une stratégie proactive de reconstitution et de diversification des réserves de la BCC, en intégrant l’or monétaire aux côtés des réserves conventionnelles en devises étrangères. Cela est considéré comme un moyen d’accroître la souveraineté financière du pays. Solidité du franc congolais : l’or est perçu comme un actif refuge, bénéfique pour défendre le franc congolais face aux chocs externes, à l’inflation et aux tensions sur les monnaies.
En se fournissant auprès de DRC Gold Trading SA, une société congolaise sous contrôle étatique, la BCC aspire à mieux intégrer l’or issu de l’artisanat dans le circuit économique formel et à réduire les voies de contrebande.

