Le Forum régional africain sur le financement des enjeux climatiques et des ODD s’est ouvert le 2 août 2022 à Addis Abeba en présence d’un aréopage de personnalités et d’institutions engagées sur la thématique.

Étaient présents à l’invitation conjointe de L’Egypte et de la Commission Économique pour l’Afrique (CEA), Sameh Shoukry, ministre égyptien des Affaires Étrangères et président désigné du COP 27, Ahmed Shide, Ministre des Finances de l’Ethiopie, Dr. Mahmoud Mohieldin, Champion de haut niveau des Nations Unies sur les changements climatiques pour la COP27 et Envoyée spéciale des Nations Unies pour le financement de l’Agenda 2030 pour le développement durable, Dr. Ephraim Shitima, chef des négociateurs africains sur le changement climatique et Dr. Monique Nsanzabaganwa vice présidente de la Commission de l’Union Africaine.

Dans son allocution d’ouverture,  Vera Songwe, la Secrétaire générale exécutive de la Commission Économique pour l’Afrique (CEA) a appelé à investir dans un avenir durable et partagé. «Même si le monde s’efforce de contenir l’inflation et de faire face au coût de la nourriture et de l’énergie, nous ne pouvons pas retarder cet investissement ».  En fait, opiné la SG de la CEA, l’investissement prioritaire en Afrique apportera les retours sur investissement les plus rapides et, par conséquent, peut être au cœur de la reprise mondiale. Et de citer les priorités du continent. 

 «Premièrement, nous devons reconnaître l’ampleur de l’urgence et la nature interconnectée de la réponse à la reprise du COVID-19, à la crise climatique et à la crise alimentaire et énergétique associée à la guerre en Ukraine ». 

Cela signifie opérationnaliser de toute urgence les mécanismes de développement. Les fonds doivent provenir du Fonds pour la résilience et la durabilité ; et les banques multilatérales de développement doivent augmenter le flux de fonds vers les infrastructures durables. 

Actuellement, le déficit de financement des infrastructures en Afrique est estimé entre 130 milliards de dollars et 170 milliards de dollars par an jusqu’en 2025.

En ce moment, 55 millions de personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire dans la Corne de l’Afrique en raison de l’impact combiné d’années successives de sécheresse et de perturbations de la chaîne alimentaire. «Des fonds doivent être acheminés pour faire face aux pertes et aux dommages, tandis que nous investissons dans la résilience climatique à plus long terme », a estimé Madame Songwe, invitant les acteurs à 

accroître les investissements du secteur privé. « Alors que la promesse des 100 milliards USD de financement climatique n’a pas encore été tenue, les besoins des pays africains continuent d’augmenter, avec 3 000 milliards USD d’investissements requis pour les seuls CDN africains d’ici 2030, tandis que l’accès universel à l’électricité devrait coûter cher 500 milliards de dollars »

Si un  rebond a été observé dans les investissements du secteur privé dans les énergies renouvelables en 2021, les promesses d’investissement globales sont, elles,  inférieures de 12 % à la moyenne des cinq années précédentes .

L’Afrique a un grand rôle à jouer dans la transition énergétique en raison de son potentiel dans le gaz et l’hydrogène. Ces initiatives passent par le marché de la finance durable en Afrique.

Rappelons que la CEA a lancé une facilité de liquidité et de durabilité pour améliorer l’accès au marché des pays africains en augmentant la liquidité de leurs instruments de dette et donc la demande des investisseurs privés pour ces instruments. Le LSF pourrait permettre aux émetteurs africains d’économiser jusqu’à 11 milliards USD sur cinq ans en frais d’intérêts. En outre, la facilité vise à encourager les investissements liés aux ODD, notamment en augmentant les émissions d’obligations vertes.

Pour Vera Songwe, «nous devons encourager le lien entre la réduction des émissions et la mobilisation des revenus. Les crédits carbone offrent une opportunité de générer des revenus fiables pour l’Afrique, en encourageant un développement à faible émission de carbone et en attirant des investissements pour soutenir les moyens de subsistance ». À cet égard, la CEA soutient les pays membres de la Commission du climat du bassin du Congo dans un registre régional de haute intégrité visant des projets de haute qualité qui améliorent à la fois l’environnement naturel et contribuent aux moyens de subsistance.

Grâce à la seule séquestration basée sur la nature, les pays africains peuvent fournir 30% des besoins mondiaux de séquestration. «Avec un prix d’au moins 50 USD la tonne, nous serions également en mesure de mobiliser environ 15 milliards USD par an pour les pays africains », estime Vera Songwe.

Et d’appeler à la création de chaînes de valeur durable et à l’investissement dans la transformation digitale verte.

À la COP 27 de Sharm el Sheikh, l’Afrique veut des actions, martèle Mme Songwe, appelant à l’investissement dans des centrales solaires, aux pompes solaires pour l’irrigation et à l’augmentation de la production agricole.

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