Les crises multiformes qui secouent le monde couplées à l’environnement économique difficile que traverse le Cameroun, présagent des perspectives économiques mitigées assorties de tensions inflationnistes pour la locomotive de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).  

Des inquiétudes confirmées par diverses sources, dont l’agence de notation américaine Fitch Ratings. Dans son rapport de juin 2022, Fitch renseigne que des objectifs de réduction du déficit budgétaire prévus par les autorités pendant la période sous revue pourraient ne pas être atteints.  

« Le gouvernement a décidé d’augmenter le montant alloué aux subventions aux carburants de 360 ​​milliards de FCFA, les prix à la pompe restant inchangés. Il a suspendu les exportations de farine de blé, de riz et de céréales pour éviter les pénuries et de nouvelles pressions inflationnistes. Nous prévoyons que cela contribuera à contenir l’inflation à une moyenne de 3,3 % en 2022 », relève l’agence.

Si la courbe inflationniste n’est pas inversée, le Cameroun dépasserait ainsi le seuil de l’inflation de 3% retenu par la CEMAC dans son dispositif de surveillance multilatérale. Ce qui devrait probablement entrainer des conséquences sur l’économie de la sous-région d’autant que le Cameroun représente près de 50% du PIB de la zone.

En plus de subir les contrecoups de la hausse généralisée des prix des denrées de grande consommation, la décision de subventionner les produits pétroliers à hauteur de 480 milliards de FCFA d’après le projet de loi rectificatif en cours d’examen au parlement contre 120 milliards de FCFA initialement aurait pour conséquence de greffer les finances publiques.

Conséquence, « nous prévoyons que les subventions pèseront sur les finances publiques en 2022, avec un déficit budgétaire base engagement projeté à 2,5% du PIB, supérieur à l’objectif de 2% projetés par les autorités », note Fitch Ratings.  

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