Emmanuel Brulé, CEO de Sanlam Pan Africa Assurance Non-vie

Le groupe d’assurance panafricain entend être un acteur clé dans le mouvement de consolidation du secteur sur le continent. Le récent deal avec Allianz n’est que le début d’une stratégie globale dont l’objectif est d’être dans le trio de tête dans tous les marchés où le groupe est présent. Silence radio sur les interrogations des spécialistes au sujet de la valorisation de la jointe-venture créée avec Allianz.


Quelles sont les prochaines étapes des ambitions du groupe Sanlam après votre récente opération avec Allianz ?

Au cours des deux dernières années, notre groupe a réalisé un travail important qui lui a permis de conserver et de consolider notre position de leader en Afrique. Notre orientation stratégique demeure à cet effet, inchangée pour l’année 2022 : nous poursuivrons le développement de nos activités sur nos grands marchés -le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Nigéria, le Ghana & l’Angola- tout en consolidant nos opérations sur d’autres marchés voisins offrant de bonnes perspectives à long terme. Par ailleurs, Sanlam et Allianz ont – comme vous le savez – convenu de combiner leurs opérations d’assurance sur le continent, donnant ainsi naissance à un acteur de services financiers non bancaires panafricain de premier plan, opérant dans 29 pays à travers le continent. Cette joint-venture représentera à cet égard le plus important acteur d’assurance panafricain et se positionnera parmi les trois premiers sur la majorité des marchés où elle opère.


A moyen terme, quelle configuration du secteur voyez-vous sur le continent ? Le mouvement actuel de consolidation pourrait-il s’accélérer ? 

Je crois que l’on assistera à moyen terme à la poursuite de la consolidation de certains acteurs locaux, notamment sur les marchés qui sont fortement fragmentés. Nous verrons certainement aussi des mouvements de réorientation des investissements à destination d’espaces offrant plus de perspectives en matière de rentabilité.

A mon sens, les grands acteurs internationaux viseront plutôt la croissance à long terme. Chez Sanlam par exemple, nous avons l’ambition d’être parmi les trois premiers dans tous nos métiers et dans tous les pays où nous sommes présents. D’où les dernières transactions annoncées et qui traduisent ainsi l’ambition panafricaine de Sanlam.


Quelle première évaluation faites-vous de l’année 2021 et quels ont été vos marchés les plus dynamiques ?

L’année 2021 s’est achevée pour nous sur une note positive marquée par la résilience dont nous avons fait montre tout au long de l’année avec une reprise progressive mais différenciée, au niveau de nos pays de présence.  Le chiffre d’affaires affiche une croissance à deux chiffres par rapport à 2020, observée sur l’ensemble de nos entités. Cette croissance est principalement tirée par nos principaux marchés (Maroc, Côte d’Ivoire & Angola) et est bien la preuve de notre volonté et de notre engagement sur l’ensemble de nos lignes de business et de nos marchés.

Malgré une reprise économique difficile, notre marge de souscription se maintient au niveau des objectifs tout comme notre résultat financier qui a suivi les tendances haussières des marchés.


Quelles perspectives voyez-vous pour l’année 2022 ?

S’agissant de l’exercice 2022, nous pensons que nous aurons la possibilité de poursuivre une croissance organique profitable dans les différents marchés. Ceci, en continuant à nous concentrer sur nos piliers métiers stratégiques tout en renforçant nos marges et en optimisant nos placements financiers, en l’absence d’événements graves ou de pertes non planifiées. Nous continuerons également à mener notre programme de changement et de transformation afin de construire une activité et une organisation plus agile et plus efficace.


Quelles branches vous semblent émerger dans un contexte économique toujours impacté par la crise du covid-19 ?  

Il faut d’abord noter que nous sommes encore loin d’être réellement dans un contexte «post Covid», puisque la pandémie et la crise sanitaire engendrée continuent toujours de sévir, impactant nos marchés de présence. Dans ce contexte, je pense particulièrement aux branches Dommages aux Biens ainsi que Santé se sont montrés beaucoup plus stables, nous permettant de traverser sereinement la très forte zone de turbulence causée par la pandémie. Nous constatons tous aujourd’hui que l’Assurance Non-Vie tire indéniablement mieux son épingle du jeu, même si les primes dans les branches liées aux voyages et au commerce ont été durement impactées. 


Transformation numérique, règles prudentielles,…quels sont les défis que le groupe devrait affronter à court terme ?

Je dirais sans hésiter que le virage numérique constitue aujourd’hui le plus grand défi, non seulement pour Sanlam mais aussi pour l’ensemble du secteur. Il va sans dire que la crise sanitaire a donné un grand coup d’accélérateur aux efforts entrepris depuis des années en la matière. Personnellement, je perçois ce défi numérique plutôt comme une formidable opportunité et un puissant levier d’amélioration de la couverture en assurance du continent, qui demeure très faible. La digitalisation est aussi un vecteur incontournable pour qui souhaite aujourd’hui offrir la meilleure qualité de service à ses clients. 

Le groupe Sanlam a ainsi mis en place une alliance stratégique en août 2021 avec MTN Group. Cette alliance construira une activité d’assurance et d’investissement numérique, qui fera partie intégrante de l’offre fintech de l’opérateur télécoms. Elle offrira aux populations de tout le continent un accès plus facile aux produits d’assurance et à leurs canaux de distribution.  Concernant les règles prudentielles, celles-ci devront continuer à évoluer d’une part pour intégrer les changements de profils de risques induits par les transformations de notre secteur et d’autre part pour s’assurer que les acteurs du marché auront les ressources nécessaires pour délivrer les promesses contractualisées avec leurs clients.


Et à long terme, quelles sont vos principales orientations stratégiques ?

Malgré le contexte international et économique actuel, le continent présente de fortes perspectives de croissance qui devraient en particulier être portées par des investissements importants provenant d’une relocalisation partielle de la « Supply Chain », plus près des marchés américains et européens. Notre industrie a un rôle d’accompagnement de cette croissance, tant au niveau des risques d’entreprises que de particuliers. Au-delà d’apporter une sécurité financière aux assurés, le secteur de l’assurance doit faire preuve de pertinence et devenir plus centré aussi bien sur son offre de services que sur ses clients. Cela induit un certain nombre de transformations qui doivent se faire tout en continuant à améliorer l’expérience client. Nous sommes totalement engagés dans cette démarche de changement, laquelle nécessite un bon équilibre entre une croissance rentable et des investissements en infrastructures sur le long terme.

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