A la UneEntretien avec Mohammed Benkhaled, CEO de PEAQOCK Financials

Entretien avec Mohammed Benkhaled, CEO de PEAQOCK Financials

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Les startup et PME africaines reçoivent plus d’investissements venant de l’étranger que de l’Afrique elles-même

En marge de la rencontre du 3 novembre au Caire initiée par Dr. Sidi Ould Tah, Directeur Général de la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique (BADEA), une Coalition globale des Micro, petites et Moyennes Entreprises africaines a vu le jour. L’objectif principal serait de créer une vitrine internationale pour diffuser les bonnes pratiques en matière de soutien aux PME. Dans ce cadre, nous avons rencontré Mohammed Benkhaled  CEO de PEAQOCK Financials, une société Marocaine spécialisée dans la data dans le secteurs du trade et des services financiers. PEAQOCK a été reconnue dans le top 20 par Forbes Innovators sur  2 années successives et travaillé  avec de grands opérateurs dans le marché africain.

Le continent africain est en pleine transformation numérique. Quels  sont les principaux défis  à relever dans ce domaine?

Parmi les challenges auxquels l’Afrique fait face, il y a cette question de la formation de ses ressources dans le numérique afin d’éviter l’outsourcing et de mettre les jeunes développeurs et data scientists africains au même niveau que ceux des autres continents. Il y a aussi  le problème de la disponibilité de la donnée. En tant que société spécialisée dans la data, nous arrivons à trouver la donnée africaine plus disponible et détenue par des sociétés non africaines que par les africaines elles-mêmes. Enfin, parmi les principaux challenges, je citerai l’investissement dans les start-ups 100% africaines qui sont plus suivies par des fonds étrangers que par les africains. Je pense qu’il est temps de croire en ces pépinières qui ont un potentiel énorme et qui doit être exploité par les africains et pour les africains.

Vous étiez il y a quelques semaines au Caire pour le lancement par la BADEA de la coalition africaine pour soutenir les PME africaines afin de booster les échanges avec les pays arabes. Quelle est votre appréciation ?

Tout d’abord, je remercie la BADEA pour l’invitation et pour cette initiative très intéressante qui a rassemblé des acteurs de taille. Chacune des institutions invitée a pu donner et apporter son point de vue pour booster les échanges commerciaux d’une part et faire un rapprochement entre ces différents pays. En tant que Fintech africaine, nous trouvons ce genre d’événement très utile puisque ça nous permet de connaître les besoins du secteur ainsi que les challenges rencontrés par ces grandes institutions et auxquels nous devons contribuer pour apporter des solutions technologiques adaptées au marché africain. L’initiative de la BADEA est à saluer et doit être soutenue avant tout par les Africains et principalement par les jeunes porteurs de projets structurants pour le continent car la BADEA place les PME africaines au centre de ces priorités en cette période pandémique et post pandémique.

Les échanges commerciaux et de services entre pays africains restent négligeables jusque-là. Y a-t-il des outils numériques pour les booster ?

Le digital est une occasion en or pour les africains afin de booster les échanges commerciaux et de services. Les différents écosystèmes doivent s’appuyer sur l’expertise des startups afin d’accélérer le développement des solutions en faveur des échanges de biens et de services. En parallèle, les gouvernements doivent adopter les cadres légaux pour la facilitation du déploiement de ces solutions. A titre d’exemple, la traçabilité de certains échanges constitue un frein important chez les sociétés à cause du manque de confiance. Malgré le fait que la blockchain permet de répondre à ce genre de problématique, la réglementation ne suit pas dans plusieurs pays. Par conséquent, il est nécessaire que les secteurs publics et privés ainsi que les régulateurs, les associations forment des groupes de travail sur des sujets spécifiques et définir les actions nécessaires assez rapidement afin de booster les échanges en Afrique. Du côté de PEAQOCK, nous témoignons de plusieurs expériences très réussies qui ont été menées avec des banques, régulateurs et gouvernements en Afrique. Le lancement de la coalition globale par la BADEA permettra de créer des synergies entre pays africains et arabes et donc de booster les échanges commerciaux et de services ainsi que le volume d’investissements entre ces différents pays.

Propos recueillis par Dia El Hadj Ibrahima

El hadji Ibrahima Dia
Dia El Hadji Ibrahima, directeur de Financial Afrik. Militant du rapprochement entre le monde arabe et l'Afrique, il s'intéresse particulièrement à l'impact des médias sur les opinions publiques. Depuis Tunis et Nouakchott, il suit et décrypte l'actualité économique africaine au fil des jours.

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