La désignation du diplomate ghanéen Mohamed Ibn Chambas par la conférence des chefs d’État de la CEDEAO comme Envoyé spécial en Guinée, en marge du sommet extraordinaire du 7 novembre 2021, ne passe pas. Non seulement au sein d’une partie de la classe politique qui le recuse, mais aussi du côté du président de la transition, le Colonel Mamadi Doumbouya, qui ne veut pas en entendre parler.

Le patron de l’unité d’élite du Groupement des forces spéciales qui tient le pays depuis début septembre, juge pour le moment, inopportune la désignation d’un envoyé spécial en Guinée. Le numéro Un du comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) a, dans une correspondance adressée au président Nana Akufo-Addo, président en exercice de la conférence des chefs d’État, tenu à réitérer que son engagement demeure ferme à « tout mettre en œuvre pour poursuivre le processus de transition de manière inclusive et concertée, conformément aux dispositions de la charte de la transition ». Rassurant au passage que le dialogue sera maintenu avec la CEDEAO dans le cadre de l’accompagnement.

« La nomination d’un Envoyé spécial ne nous paraît ni opportun ni urgent dans la mesure où aucune crise interne de nature à compromettre le cours normal de la transition n’est observée. La mise en place des organes de la transition se déroule comme prévu dans un climat apaisé et en parfaite symbiose avec les forces vives du pays » rassure-t-il, en précisant que son gouvernement reste disposé à recevoir les missions ponctuelles de la commission de la CEDEAO.

Le leader de la junte au pouvoir en Guinée écarte ainsi toute idée d’ingérence directe de la CEDEAO dans la transition guinéenne, 72 heures après le maintien des sanctions contre son pays. Il n’a toutefois pas fait cas du sort du président déchu, Alpha Condé dont la conférence des chefs d’État, a appelé à la libération immédiate.

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