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[Tribune] la transition Énergétique en Mauritanie

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Par Ahmed Vall Mohameden, Conseiller chargé de la coopération et de la communication au Ministère du Pétrole, des Mines et de l’Energie/ Mauritanie et Mohamed Eka, journaliste.


Un potentiel énorme d’énergie éolienne et solaire et des opportunités prometteuses


En préparation de la conférence que le Ministère du Pétrole, des Mines et de l’Energie s’apprête à tenir les 28 & 29 septembre 2021sous le thème «Transition Energétique en Mauritanie et Perspectives Prometteuses du Développement de l’Hydrogène», avec la participation d’investisseurs et d’acteurs nationaux, de partenaires internationaux, d’un nombre d’experts, d’agences de coopération et d’écoles supérieures de formation, nous avons le plaisir de communiquer avec vous à travers cet article, à double signature, lequel définit les énergies de l’avenir et répond à la question de savoir comment notre pays se positionne au premier plan dans ce domaine. Le présent article s’adresse en particulier aux personnes intéressées aux affaires publiques, auxprofessionnels des médias, aux décideurs, aux étudiants universitaires, aux lecteurs et aux jeunes.

Que signifie la transition énergétique ? Et qu’est-ce que l’hydrogène vert ? Quelles sont les perspectives d’avenir pour l’énergie ? Comment la Mauritanie se positionne-t-elle à l’avant-garde mondiale dans le domaine des énergies renouvelables spécialement l’hydrogène ?

Le début de déclin de l’ère des énergies fossiles

L’économie mondiale se caractérise depuis un certain temps par une étape de transformations profonde, impactant les divers secteurs vitaux et les ressources primaires du développement industriel, comme les combustibles fossiles tels que le pétrole et le charbon, qui ont contribué efficacement depuis le début du siècle dernier dans l’accomplissement de la révolution industrielle, la prospérité des nations et la multiplication de la production.

Avec l’augmentation des risques, l’exploitation d’énergie fossiles est devenue une menace pour l’environnement et l’homme et menace l’avenir de la macroéconomie et la durabilité de la vie sur la planète, en raison de leur contribution significative à l’émission des gaz à effet de serre, et il est devenu nécessaire de trouver des sources alternatives à ces ressources coûteuses et polluantes.

Dans ce contexte, le monde a adopté une nouvelle orientation vers des sources renouvelables et propres et œuvre à adapter la technologie industrielles aux contraintes de l’environnement, afin de lutter contre le changement climatique et afin de maintenir l’augmentation moyenne de la température de la Terre en dessous de 1,5 degré Celsius, afin de garantir la continuité de la vie et réduire les dangers auxquels est confronté l’avenir de l’économie mondiale.

La transition énergétique en phase de constitution

Dans le contexte de la marche du monde vers ces nouvelles sources d’énergie, les décideurs mettent l’accent sur l’élaboration de stratégies intermédiaires pour s’appuyer sur des sources ayant moins d’impact sur l’environnement, en attendant le développement de la technologie de production d’énergie renouvelable et la confirmation de son efficacité à répondre aux besoins de la demande énergétique mondiale.

Le gaz naturel est considéré parmi ces sources à impact limité sur l’environnement, en raison de sa faible production de dioxyde de carbone, ce qui en fait un élément essentiel dans cette phase de transition d’une énergie fossile nocive pour l’environnement vers l’introduction globale d’énergies propres et renouvelables.

La stratégie de la transformation énergétique (ou transition énergétique) repose donc sur le développement et l’exploitation de ces énergies renouvelables, notamment solaire, éolienne et hydroélectrique, en tant que sources abondantes et capables de répondre à la demande mondiale.

Selon les prévisions de l’Agence Internationale des Energies Renouvelables, le niveau de production d’énergies renouvelables atteindra 85 % de la production totale d’électricité dans le monde d’ici 2050, contre seulement 25% en 2015, avec l’avancée du processus de la transition énergétique et le développement de moyens technologiques pour stimuler la production d’énergie alternative et améliorer l’efficacité de son stockage et sa conversion en combustibles liquides pour remplacer progressivement mais définitivement les combustibles fossiles.

Le contexte mauritanien

La Mauritanie, avec ses énormes potentialités solaires, éoliennes et ses vastes superficies, occupe le premier rang des pays du monde, naturellement bien positionné, pour jouer les rôles les plus importants dans la production et le développement de l’énergie propre et au passage accueillir des projets connexes. Afin d’amorcer ces transformations, la Mauritanie a lancé en 2020 le processus de l’élaboration d’une stratégie nationale ambitieuse de transformation du secteur énergétique basée sur l’exploitation optimale de l’énorme potentiel du pays en gaz et en énergies renouvelables à moyen et à long terme.

La Mauritanie, en coopération avec les pays de l’Organisation de la Mise en Valeur du fleuve Sénégal, exploite actuellement deux barrages pour produire de l’énergie hydroélectrique d’une capacité de plus de 300 MW, répartis entre les pays de l’organisation, et développe également plusieurs autres barrages afin de doubler leurs capacités de production dans les années à venir. Par ailleurs, des centrales éoliennes et solaires ont été implantées, qui ont permis, jusqu’à présent, de porter le pourcentage de production d’énergie renouvelable à environ 40% de la production totale d’électricité en Mauritanie, ce qui représente une performance significative par rapport aux pays du continent. La centraleéolienne à Boulenouar permettra également d’augmenter significativement la part du mix énergétique du pays.

Il est prévu que les projets de lignes à haute tension pour transporter l’électricité vers les principaux pôles miniers du nord soient achevés au cours de 2022.

Des réserves considérables et techniquement et financièrement exploitables

Les rayons solaires qui brillent sur toutes les régions du pays, tout au long de l’année, et dans les vastes zones propices à l’implantation de parcs éoliens et solaires, dans les zones côtières et désertiques, sont des atouts importants et représentent des facteurs décisifs pour attirer les investissements dans le domaine des énergies propres dans le pays.

La météorologie a confirmé que la capacité de production d’énergie solaire en Mauritanie varie entre 2000 et 2300 kWh par mètre carré par an, sur tout le territoire national, et la force du vent est estimée à environ 9 mètres par seconde, tout au long de l’annéeen on shore. Lorsqu’il s’agit des zones maritimes, cette vitesse de vent devient particulièrement intéressante et mondialement compétitive car elle atteint les 12 mètre par seconde.

Ces taux figurent parmi les plus élevés au monde et constituent un atout précieux pour l’avenir des investissements verts en Mauritanie, si l’on prend en compte la tendance mondiale à la stimulation de l’exploitation des énergies renouvelables respectueuses de l’environnement.

Avec le développement des technologies d’exploitation des énergies renouvelables et la baisse significative des coûts de production, la Mauritanie est devenue une première destination mondiale dans la course aux investissements dans les énergies du futur.

Dans ce contexte, la Mauritanie, portée par cet élan, a signé un protocole d’accord pour la mise en place du plus grand projet de production d’hydrogène vert dans le monde, que la Mauritanie compte développer en partenariat avec la société leader dans le domaine d’hydrogène CWP Global.

L’hydrogène vert… Le projet qui fera de la Mauritanie un pionnier dans le domaine des énergies du futur

L’hydrogène vert est considéré comme l’une des ressourcesd’énergies renouvelables les plus récentes et les plus importantesdans l’avenir de la transformation énergétique souhaitée, en raison de son efficacité dans le domaine du stockage d’énergie en grande quantité et pour une longue période, comme il permet également la production de combustibles liquides comme alternative aux combustibles fossiles, c’est pourquoi les spécialistes du domaine l’appellent « le carburant du futur ».

L’hydrogène vert est produit en utilisant l’énergie éolienne et solaire pour extraire des atomes d’hydrogène à partir des molécules d’eau. Le procédé est considéré comme totalement propre car aucune source d’énergie nocive pour l’environnement n’est utilisée, contrairement à l’hydrogène gris ou bleu qui dépendent de l’exploitation du gaz naturel, du pétrole ou du charbon.

Au sens le plus large, la Mauritanie est entrée depuis 2021 dans la course mondiale au leadership dans ce domaine, où le partenariatavec CWP Global pour établir le plus grand projet au monde de production d’hydrogène vert, à travers l’installation de centrales éoliennes et solaires sur une superficie de plus de 8000 kilomètres carrés avec une capacité de production allant jusqu’à 30 gigawatts (30.000 mégawatts), 1,7 million de tonnes par an d’hydrogène, 10 millions de tonnes par an d’ammoniac, en plus de 50 millions de mètres cubes d’eau potable par an.

L’enveloppe totale du projet s’élève à 40 milliards de dollars américains, et la durée d’exécution des travaux de ce projet s’échelonne sur 8 à 10 ans, avec une période supposéed’exploitation de plus de 40 ans, durant laquelle le projet assurera le bon positionnement de la Mauritanie dans la fourniture de marché mondial avec l’hydrogène vert, qui sera alors la ressource énergétique la plus courante au monde.

En résumé, la Mauritanie est l’un des pays pionniers qui s’est réellement et délibérément engagé sur la voie des futures énergies, à côté de l’Australie, la Corée du Sud, l’Amérique et la Norvège, pour être ainsi l’un des pays les mieux préparés à accueillir des investissements majeurs dans ce domaine, eu égard àl’environnement propice, le climat d’investissement encourageant,les vastes zones inhabitées et les potentialités solaires et éoliennes considérables dont il jouit.

Albert Savana
Journaliste depuis 20 ans dans la presse économique africaine  et auteur de plusieurs enquêtes et reportages. A couvert plusieurs sommets de l’Union Africaine, de la Commission économique africaine et de la Banque Africaine de Développement.

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