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Standard and Poor’s attribue les notes souveraines “BB-/B” à la Côte d’Ivoire avec perspectives stables

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-L’éléphant à l’abri des chocs exogènes grâce à son appartenance à la zone UEMOA.
-Une robustesse accrue par la fenêtre spéciale BCEAO pour le refinancement des «bons du Trésor COVID-19.

L’agence S&P Global Ratings a attribué à la Côte d’Ivoire, en date du 6 juilllet 2021, les notes de crédit souverain à long et court terme en devises étrangères et locales «BB-/B». Les perspectives sont stables dénotant l’équilibre entre les attentes d’une croissance économique forte, soutenue par l’amélioration de l’élaboration des politiques soutenant une baisse des déficits jumeaux dans les années à venir et, d’autre part,  le risque de dérapage budgétaire et de tensions sociopolitiques persistantes.

L’opinion de S&P  est basée sur des prévisions d’une croissance de 6% du PIB ivoirien en 2021, puis 6,5% dans l’intervalle 2022-2024.  Autre facteur pris en compte, la mise en place des réformes économiques structurelles continues, soutenues par la mise en œuvre du troisième Plan National de Développement (PND), un programme  quinquennal, sous-tendant de  fortes perspectives de croissance économique et de consolidation budgétaire. A la lumière des réformes, le deficit budgétaire devrait revenir sous la barre des 3% à l’horizon 2023. 

De l’avis de S&P, le  financement externe et gouvernemental diminuera probablement, mais restera important, étant donné les besoins d’investissement importants pour les infrastructures clés et l’assiette fiscale étroite, reflétant entre autres le faible PIB par habitant du pays qui est de 2313 dollars en 2020. 

Dans les années à venir, les autorités ivoiriennes envisagent d’augmenter la production d’énergie via plusieurs projets en cours, à 3 428 mégawatts (MW) en 2025 contre 2 229 MW en 2020. 

L’économie du pays est relativement diversifiée et dominée par les services, qui représentent environ 50 % du PIB réel. Au cours des cinq dernières années, le secteur du BTP a connu une expansion rapide, reflétant les investissements dans les infrastructures, représentant près de 10 % du PIB réel en 2020, contre 5 % en 2015. Dans le même temps, la part de l’agriculture est tombée à moins de 16 % contre  20% en 2015. Plus de 60 % de la production agricole va vers l’exportation. La principale exportation du pays est le cacao, qui représente près de 40 % du volume, suivi par les exportations d’hydrocarbures et d’or  pour respectivement  15 % et 10 %, et les noix de cajou à hauteur de 6 %.

Des relations solides avec les institutions financières internationales

La Côte d’Ivoire bénéficie de relations solides avec les institutions internationales et les partenaires bilatéraux, qui lui donnent accès à des financements concessionnels importants et à un ancrage politique solide. En décembre 2020, le FMI a conclu son programme quadriennal pour la Côte d’Ivoire qui a conduit au décaissement de 278,2 millions de dollars et 1,21 milliard de dollars au cours du programme. Pour aider le  pays à surmonter les conséquences du COVID-19, le FMI a déboursé 886 millions de dollars de financement d’urgence, ce qui a conduit à un décaissement total combiné de plus de 1,1 milliard de dollars en 2020. “Nous prévoyons que l’implication du FMI dans la politique du gouvernement se poursuivra, bien que potentiellement sans nouveau programme”, opine S&P.  Et l’agence de notation d’estimer qu si  l’adhésion de la Côte d’Ivoire à l’UEMOA limite la flexibilité monétaire, elle  lui permet sur un autre plan de contenir l’inflation  et une protection contre les risques externes.

Un soutien fondamental de la BCEAO

La Banque centrale régionale (BCEAO) a été à l’avant-garde de la réponse de la région à la pandémie, mettant en œuvre des mesures pour aider les États membres à surmonter la crise. 

Par exemple, explique S&P,  la BCEAO a :

 – augmenté  la liquidité disponible pour les banques ; 

– élargi le  cadre de garantie pour accéder au refinancement de la banque centrale afin d’inclure les prêts bancaires à 1 700 entreprises privées préqualifiées ;

– Prolongé  d’un an la période de cinq ans initiée en 2018 pour le passage aux exigences prudentielles bancaires Bâle II/III. En particulier, le ratio de fonds propres réglementaires est resté inchangé à fin 2020 à 9,5 % soit le même niveau qu’en 2019. Ce ratio passera progressivement à 11,5 % en 2023 au lieu de 2022 ;

En outre, la BCEAO a créé une fenêtre de refinancement spéciale pour les «bons du Trésor COVID-19 », émis sur le marché régional par les États membres, augmentant ainsi la liquidité disponible à un taux inférieur à celui du marché. Ces bons du Trésor peuvent être intégralement refinancés à un taux fixe de 2,5%.

Pour sa part, le service de la dette commerciale extérieure de la Côte d’Ivoire  oscillera entre 418 milliards XOF en 2021 et 555 milliards XOF en 2024 (environ 1,2 % du PIB) tandis que le service total de la dette extérieure oscillera entre 690 milliards XOF en 2021 et 1,13 billion XOF en 2024 (entre 2 % et 2,4 % du PIB).

Albert Savana
Journaliste depuis 20 ans dans la presse économique africaine  et auteur de plusieurs enquêtes et reportages. A couvert plusieurs sommets de l’Union Africaine, de la Commission économique africaine et de la Banque Africaine de Développement.

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