La théorie monétaire moderne s’invite à Dakar

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La Théorie Monétaire Moderne (TMM, Modern monetary theory) est le principal thème des samedis de l’économie du 15 mai 2021 à Dakar. Organisée par l’Africaine de Recherche et de Coopération pour l’appui au Développement Endogène (ARCADE), la conférence sera animée par Ndongo Samba Sylla, économiste, auteur de plusieurs essais sur la souveraineté monétaire et Robert Cauneau, économiste français, ancien conseiller du Directeur du Trésor du Sénégal, également ancien conseiller du ministère français de l’Economie et des Finances et, surtout, partisan de la TMM comme s’en rend-t-on compte en parcourant MMT, le blog où il intervient régulièrement. Le troisième intervenant dans le panel et Ivan Invernizzi, co-fondateur de Rete MMT en Italie et MMT en France. Les deux derniers nommés interviendront en visio-conférence, précise Demba Moussa Dembelé, président de l’ARCADE. La conférence pourra être suivie en zoom.

La théorie monétaire moderne (TMM) ou «modern monetary theory» (MMT) est perçue par certains économistes et politiques comme une des solutions pour sauver le système capitaliste suite à la faillite du paradigme néolibéral. « Certains analystes, renseigne la note conceptuelle de la conférence, assimilent la TMM au rôle joué par la théorie keynésienne, qui avait contribué à «sauver» le capitalisme pendant la Grande Dépression du milieu des années 1930 ». En fait, la TMM fait partie du courant postkeynésien, développé par les adeptes de John Maynard Keynes, le grand économiste britannique, qui avait porté un coup fatal à la théorie du laissez-faire portée par les économistes néoclassiques, précurseurs des néolibéraux d’aujourd’hui. Keynes avait balayé les mythes du « laissez-faire » et attribué à l’Etat un rôle central dans la résolution de la crise économique.

Ce n’est donc pas étonnant si la TMM attribue également un rôle de premier plan à l’Etat dans la résolution de la crise actuelle du capitalisme, du moins dans les pays occidentaux. Selon la TMM, un pays qui a une monnaie souveraine n’a pas de problème de financement de son économie. En effet, selon la TMM, un tel pays; (a) n’a pas de contrainte budgétaire; (b) ne peut pas manquer d’argent; (c) peut toujours faire face à ses obligations en payant avec sa propre monnaie. Donc, selon la TMM, un gouvernement qui a une monnaie souveraine n’a pas à se soucier de déficits budgétaires ni du niveau de sa dette.

Ainsi, la TMM bat en brèche toutes les théories monétaires néoclassiques, notamment la théorie monétariste, qui est l’une des manifestations les plus brutales des politiques néolibérales. La théorie monétaire moderne n’est pas nouvelle mais elle a eu un regain d’intérêt au cours de ces dernières années aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Europe. Ce regain d’intérêt est illustré par la traduction récente en français du livre de Stephanie Kelton, intitulé The Deficit Myths (le mythe du déficit) devenu un « best seller » aux Etats-Unis. Madame Kelton, citoyenne des Etats-Unis et professeur d’économie, avait été dans l’équipe d’économistes qui conseillaient le candidat Bernie Sanders pendant les primaires du Parti démocrate. Or, comme on le sait, Sanders se disait ouvertement « socialiste » et militait pour une intervention massive de l’Etat pour financer l’économie.

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