Comment la Côte d’Ivoire a creusé le sillon Tech

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Sous l’impulsion d’Alassane Ouattara, le pays s’est affirmé comme un acteur incontournable de la Tech en l’Afrique de l’Ouest, symbolisé par le Village des technologies de l’information et des biotechnologies (Vitib), à Grand-Bassam. Retour sur une décennie d’initiatives en faveur de l’émergence numérique.

Non, l’économie ivoirienne ne repose pas que sur le café et le cacao. Depuis 2011, le pays multiplie les initiatives pour permettre au secteur de la Tech de devenir un véritable levier de développement. Certes, l’objectif de 15% du PIB en 2020 – contre 7% en 2017, était certainement trop ambitieux, a fortiori sur fond de crise sanitaire. Mais la Côte d’Ivoire peut se targuer de nombreuses avancées sur le terrain des TIC. L’étude 2020 de la GSMA souligne ainsi qu’« en matière de connectivité mobile, la Côte d’Ivoire est le pays qui a le plus avancé en Afrique de l’Ouest, avec une hausse de 9,2 points sur trois ans. Le pays a enregistré de manifestes améliorations dans l’infrastructure, l’accessibilité et le développement du contenu ». Et les chiffres sont éloquents, la Côte d’Ivoire comptant 38,8 millions d’abonnés mobile en septembre 2020 contre 25 millions cinq ans plus tôt, soit un taux de pénétration dépassant désormais 145%. Le nombre d’abonnés à Internet a aussi décollé dans l’intervalle : de moins de 200 000 en 2011, il est passé à 8 millions en 2015… et à 12 millions l’an dernier. Plus globalement, avec une croissance annuelle dépassant 10 %, le marché des TIC contribue aujourd’hui à hauteur de 9% au PIB, selon l’ARTCI.

En décembre dernier, l’Alliance for Affordable Internet, qui prônedes politiques plus ambitieuses sur le haut débit et une régulation plus transparente, saluait les efforts du pays en matière d’accessibilité à Internet. Selon cet organisme, le gouvernement ivoirien s’illustre par son implication en faveur de la construction et de l’amélioration des réseaux intermédiaires, incontournables pour le développement d’une connexion de qualité et, à plus long terme, pour le développement d’une économie numérique. Grâce au partenariat entre Orange et MainOne signé le 1er octobre 2019, le pays a notamment pu bénéficier du déploiement d’un troisième câble sous-marin à fibre optique, contribuant à en faire « un havre de très haut débit » et lui permettre de « développer de nouveaux services digitaux accessibles à tous, innovants, simples et de confiance », comme le soulignait alors Mamadou Bamba, DG d’Orange Côte d’Ivoire.

Mesures fortes

Derrière ces indicateurs au vert, diverses mesures fortes, à commencer par le vaste Programme de développement des TIC initié en 2012, dont les axes principaux comprenaient la mise en place d’un arsenal réglementaire fort afin de donner au pays les moyens du déploiement d’une économie du savoir. Ont ainsi été adoptées quatre lois : le Code des Télécommunications/TIC, les transactions électroniques, la protection des données à caractère personnel et la lutte contre la cybercriminalité. En 2012, le pays a mis en place une plateforme de lutte contre la cybercriminalité et a depuis intensifié sa coopération avec les services de sécurité étrangers, en ratifiant la Convention de Budapest sur la cybercriminalité du Conseil de l’Europe, en mars 2019.

Pour aller plus loin dans cette logique de structuration et de sécurisation de l’environnement numérique, le pays va se doter d’un système de supervision des télécommunications afin de mettre en place un dispositif de suivi des flux de communication électroniques et de lutte contre la fraude. À la clé : une meilleure régulation de ce secteur crucial, l’amélioration de la qualité de son réseau et l’activation d’un nouveau levier financier au service de son développement.

Écosystème et zone franche dédiés

En plus de se doter en 2012 d’une structure de formation dédiée, l’École Supérieure Africaine des Technologies de l’Information et de la Communication (ESATIC), le pays a déployé un écosystème complet pour favoriser l’émergence de jeunes pousses IT : une école de code, un accélérateur de start-ups doté d’un incubateur et un centre de recherche, qui s’ajoutent aux principaux labs et incubateurs que sont Seedstars, Incub’ivoir, Baby Lab (premier fablab ivoirien, ouvert en septembre 2014) ou Y’ello Startup de MTN.

Mais le jalon majeur de cette dynamique au service du développement des TIC reste sans conteste la zone franche du Vitib, inaugurée en 2014 sur une surface de 624ha à Grand-Bassam moyennant un investissement de 65 millions de dollars. À la clé, des incitations pour les entreprises Tech et Biotech qui s’y installent : exonération fiscale pendant cinq ans, 1% d’impôts à partir de la sixième année… Aujourd’hui, ce site rassemble plus de 40 entreprises de développement d’applications, d’archivage électronique, d’assemblage d’ordinateurs ou encore d’armoires électriques, auxquelles s’ajoutent des sociétés spécialisées dans la formation et trois data centers (Orange, MTN et MainOne). Côté entreprises hébergées, signalons :  Afric power, dip Systemes, Universal Telecom, ABS, Semlex Côte d’Ivoire, Ciera, Talentys et Weblogy group… À noter aussi la présence croissante d’usines pharmaceutiques. Celle de Pharmanova a été la première à s’y installer, en mars 2016, suivie par celle d’Africure, en mars 2020. Une présence particulièrement bienvenue en ces temps de Covid, que le gouvernement souhaite encourager en permettant à toute entreprise éligible d’obtenir dans un délai express de 48 heures l’accréditation nécessaire, un local ou un terrain.

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