Africa’s Pulse : la Banque mondiale sans détour sur le ralentissement économique du continent

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Albert Zeufack, économiste en chef à la Banque mondiale pour l’Afrique qui édite le rapport semestriel Africa’s Pulse.

Suite aux prévisions du groupe de la Banque mondiale sur une probable récession économique de l’Afrique due à la Covid-19, le rapport Africa’s Pulse revient à la Charge. Cet instrument d’analyse semestrielle des perspectives économiques des économies de la région soutient, entre autres, que la pandémie risque de faire basculer 40 millions d’Africains dans l’extrême pauvreté, effaçant au moins cinq années de progrès dans la lutte contre la pauvreté.

Intitulée « Tracer la voie de la relance économique », cette étude annonce que le ralentissement sensible de l’activité économique devrait coûter au moins 115 millions USD de pertes de production à la région. Sans oublier un recul prévu de 6 % du PIB réel pour les pays exportateurs de métaux, et une diminution de plus de 4 points de pourcentage du côté des pays exportateurs de pétrole, entraînés notamment par « la baisse de la consommation intérieure et de l’investissement, découlant des mesures de confinement mises en place pour ralentir la propagation du coronavirus ».

Selon Albert Zeufack, économiste en chef à la Banque mondiale pour l’Afrique, la voie de la relance économique s’annonce longue et difficile, mais « elle peut être accélérée, solide et plus inclusive si les pays africains accordent la priorité aux réformes et aux investissements qui permettront de relever le défi de créer davantage d’emplois inclusifs et de meilleure qualité ».

Face à une crise sanitaire qui conduira la croissance à -3,3 % en 2020, « le rapport Africa’s Pulse indique que la voie de la reprise passe également par des investissements substantiels de la part des pays de la région, ainsi que par l’appui financier de la communauté internationale », lit-on dans un communiqué de presse de la Banque mondiale publié ce 8 octobre 2020. Et de poursuivre qu’il « encourage notamment un programme de réformes audacieux, visant à dégager des marges de manœuvre budgétaires ainsi que des politiques stimulant la création d’emplois ».

Plusieurs pays, dont l’Afrique du Sud, le Nigéria et l’Éthiopie, ont déjà commencé à mettre en œuvre des réformes attendues dans les secteurs de l’énergie et des télécommunications, sous l’impulsion de la crise actuelle. Par ailleurs, 25 % des compagnies africaines ont accéléré leur adoption des technologies numériques et accru leurs investissements dans les solutions numériques, selon la Banque mondiale.

« Alors que la pression exercée par la pandémie sur les économies africaines continue de se faire sentir, il est important pour les décideurs politiques de créer l’infrastructure nécessaire à une reprise rapide de l’économie », rappelle Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et centrale. Avant d’ajouter : « des politiques solides créent les conditions nécessaires à un redressement durable et inclusif, ainsi qu’à une plus grande résilience aux chocs à venir ».

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