BOAD : Serge Ekué et ses nouveaux défis

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Passation de service entre Serge Ekué (ici à gauche), nouveau président de la BOAD et son prédécesseur, Christian Adovelande, sous la supervision du ministre des Finances du Togo, Sani Yaya, président du conseil des ministres de l'UEMOA.

Arrivé à la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) en mai 2020 en tant que conseiller spécial du président Christian Adovelande, le Béninois Serge Ekué, 54 ans, a été officiellement investi ce vendredi dans ses nouvelles fonctions dix jours après l’annonce de sa nomination à la tête de l’institution. C’était au cours d’une cérémonie de passation de service où son prédécesseur, tout comme le ministre Sani Yaya des finances du Togo, par ailleurs président en exercice du conseil des ministres de l’Umoa, n’a pas manqué d’évoquer les défis à relever.

Le premier défi de la BOAD, selon son président sortant, Christian Adovelande, en poste depuis février 2011, est la préservation de l’adéquation du capital et des fonds propres «qui est le principal indicateur de solvabilité». «Dans le contexte de la BOAD, le renforcement des fonds propres tient essentiellement à la mise en réserve des résultats d’exploitation annuels alors que les engagements nouveaux annuels se situent à des niveaux élevés. Avec la poursuite des activités de financement et celles de mobilisation de ressources en vue d’assurer les décaissements nécessaires, un défi majeur pour la BOAD est ainsi de préserver la qualité de sa solvabilité et de ses ratings actuels », a-t-il déclaré en présence de Romuald Wadagni, le ministre de l’Economie et des Finances du Bénin, ex-président du conseil des ministres.

«La qualité du rating détermine l’accessibilité au marché des capitaux, surtout le degré de compétitivité des conditions auxquelles les ressources y sont mobilisées, et donc l’application par la BOAD à sa clientèle de taux d’intérêts favorables, compatibles avec les exigences de financement du développement. Le moyen le plus naturel pour consolider l’adéquation des fonds propres est de procéder à une augmentation de capital», a-t-il conclu.

Par ailleurs, le désormais ex-président de la BOAD a également cité d’autres chantiers jugés «tout aussi importants». Il s’agit, a-t-il dit, de l’accès de la banque aux ressources de l’Union européenne dont les démarches d’éligibilité à travers l’audit des 9 piliers sont en cours et la prise en compte de domines ayant trait au développement à la base.

« Le plan stratégique 2021-2025, en cours de finalisation par le président Serge Ekué et les équipes, embrassera à n’en point douter, ces nouveaux enjeux sur les 5 prochaines années, tout en ayant ce fil rouge que nous tenons depuis maintenant 6 ans qui est de maintenir, voire de relever la notation internationale de la banque », a encore ajouté Christian Adovelande, fin connaisseur de l’institution régionale basée à Lomé où il avait été recruté en 1978 par un certain Pierre Claver Damiba.

Pour sa part, le président en exercice du conseil des ministres de l’Umoa, Sani Yaya, dans son discours de bienvenue au nouveau président, a rappelé le contexte de la prise de fonction, marqué par la pandémie de Covid-19.

«Je voudrais souligner que face aux mutations profondes de l’environnement économique et financier, entraînant des besoins croissants de la part des États membres, confrontés entre autres, aux effets néfastes de la crise sanitaire, les interventions de BOAD sont attendues de tous nos pays. Vous prenez votre fonction en cette période de crise sanitaire et économique mondiale qui n’épargne pas nos pays. Ce qui rend encore ce défi plus grand. Je sais pouvoir compter sur vous et vos équipes pour relever les défis du développement qui se posent toujours avec la même acuité à nos Etats », a déclaré le ministre togolais.

Pour lui, les «interventions» de la banque aux côtés des Etats «sont attendues pour le développement des infrastructures, pour la disponibilité d’une énergie électrique à moindre coût pour le plus grand nombre, pour la prise en compte de la digitalisation croissante des économies comme vous l’avez si bien rappelé, pour apporter les réponses appropriées aux effets néfastes des changements climatiques, pour la modernisation de l’agriculture, le financement du secteur privé, et la création d’emplois pour les jeunes, entre autres ».

Pour relever ces défis, a-t-il dit, l’institution aura besoin de plus de ressources et d’innovation. « Et votre background nous permet d’espérer que vous mettrez toute votre expertise acquise notamment sur les marchés des capitaux internationaux à cet effet. Tous ces enjeux seront pris en compte, je n’en doute pas, dans le nouveau Plan stratégique 2021-2025 (…). Ce dernier traduira l’orientation de vos actions à moyen et long terme, en prenant en compte la capitalisation des acquis, la mesure des défis à relever et le besoin de renforcement des capacités d’intervention de la Banque », a conclu Sani Yaya.

Ce plan stratégique, selon Serge Ekué, sera présenté dans les « prochaines semaines » aux différentes instances de gouvernance avec « une grande détermination à faire de son mandat, un succès ».

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