Banque Africaine de Développement: “pourquoi le rapport Mary Robinson” a écarté les réponses des lanceurs d’alerte”

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Selon l’avocat des lanceurs d’alerte, Rishi Guilati, interpellé par Financial Afrik, le panel des experts a été saisi d’un courrier circonstancié comportant des éléments complémentaires relatifs aux 16 allégations. “A ce jour, nous n’avons reçu ni accusé réception, ni réponse”, explique le conseil des lanceurs d’alerte, sans plus de commentaires.


En décidant d’ignorer ces éléments essentiels, fournis dans le but de la manifestation de la vérité, Mary Robinson et ses deux collègues, qui ont axé leurs conclusions sur la “non fourniture de preuves par les lanceurs d’alertes”, ont-ils fait preuve d’une interprétation étroite de leur mandat en le consignant à la “relecture” stricto senso du rapport du Comité d’éthique, rapport qui n’avait pas reçu , rappelons-le, l’agrément d’une partie des gouverneurs de la Banque Africaine de Développement (BAD).

En demandant des “preuves supplémentaires” aux lanceurs d’alertes et en décidant d’ignorer celles-ci une fois transmises, Mary Robinson et ses collègues, exposent un travail rondement mené, selon les délais prescrits, à de multiples interprétations sur le mode opératoire de leur sélection et, last but not least, sur l’étroitesse de leur mission.

Bref, au lieu de réconcilier les parties, ce rapport reçu par Madame Kaba Nialé, ministre ivoirienne du Plan entre le 23 et le 24 juillet et gardée secret jusqu’au 27 juillet, au beau milieu du conseil extraordinaire des gouverneurs, a accentué les divergences au sein de la BAD à quelques semaines des assemblées générales décisives et explosives. La confiance sera difficile à rétablir, dénote-t-on alors qu’il en faudra beaucoup pour concrétiser l’augmentation de capital record de 125% pour le moment en retard de concrétisation puisque seuls 6 des 81 pays membres y ont souscrit.

Les USA et un certain nombre de membres non régionaux tiennent à un examen approfondi des “allégations”, pas seulement sur la forme, mais aussi dans le fond. Au sein de la banque elle-même, des employés s’étonnent que les rapports d’audit interne qui avaient épinglé certains des dossiers mis en exergue par les lanceurs d’alerte n’aient pas été consultés par la décidément très expéditive Mary Robinson, membre des “Elders” et proche de Ellen Johnson Sirleaf, ancienne présidente du Liberia, signataire (l’on ne divulgue aucun secret en le rappelant) de la fameuse lettre Obasanjo des anciens chefs d’Etat soutenant le président Akinwumi Adesina.

La fausse piste de la guerre commerciale sino-américaine

Les divisions profondes entre gouverneurs de la Banque Africaine de Développement font dire à certains observateurs que l’institution financière est un nouveau théâtre de la guerre commerciale entre les Etats-Unis d’Amérique et la Chine. “C’est mal connaître les enjeux de la BAD puisque la Chine, forte de ses structures financières, de ses bras techniques et de sa diplomatie directe auprès des chefs d’Etat africains a misé sur une démarche unilatérale pour conquérir les marchés, ne montrant jusque-là que très peu d’intérêt pour l’investissement dans le capital de la BAD”, déclare un connaisseur.

Lors de la dernière augmentation de capital, Pékin y est allé à reculons au contraire de l’Allemagne, l’un des premiers pays à libérer son capital, et qui se retrouve en ce moment précis avec une part provisoire de 8% à quasi-égalité avec le Nigeria, qui, lui, soit dit en passant, n’a pas encore libéré ses parts. D’autre part, les entreprises américaines ne soumissionnent pas aux projets de la BAD, étant encore peu intéressées par le marché des infrastructures en Afrique au contraire de celles des pays émergents (Chine, Brésil et Turquie) qui participent à tous les appels d’offres. “La Chine n’a jamais misé sur la BAD” explique notre interlocuteur qui appelle à ne pas évacuer la question technique (il s’agit de 16 allégations documentées) posée par les lanceurs d’alerte pour l’immense champ des possibles que constitue les interprétations géopolitiques de la dénonciation des cas présumés de mauvaise gouvernance.

2 Commentaires

  1. L’enquête était annoncée indépendante, on a prétendu même que Monsieur Adesina était sous pression, en raison de cela .
    l’enquête s’est déroulée, il a été trouvé innocent sur 16 chefs d’accusations.
    On n’a pas été capable d’établir sur un seul point une preuve intangible , inattaquable et définitive.
    Quand le comité d’éthique a rendu sa déclaration finale , ce comité a été jugé partisan, vendu à la cause de M. Adesina. L’enquête indépendante est bouclée et les conclusions connues.
    On est fier de M. Adesina , de sa probité, de sa moralité,en un mot, de son leadership !
    Notez au passage que personne n’évoque les bons résultats de la banque .
    Maintenant, si on lançait une enquête pour savoir qui sont les lanceurs d’alerte, quels intérêts poursuivent ils réellement contre M. Le President, nous en sortirons très édifié certainement. A ce stade, ils devraient la boucler ,honte à eux.

  2. Vous devriez être plus prudent car le Président est loin d’être blanchi, car c’est trois pieds nickelés sont complètement dépassés.
    Mme Robinson n’a AUCUNE COMPÉTENCE dans ce domaine.
    Les Americains le savent !! On attend la suite

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