Christelle Essim Egue, la reine du beignet à Abidjan

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Christelle Essim Egue

La Côte d’Ivoire regorge de talents dans tous les secteurs d’activités. Christelle Essim Egue, fondatrice de PAM Holdings, est devenue en quelques années ‘la reine du beignet’ à Abidjan. Mais elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Christelle Essim Egue a fait le pari de la diversification.

La fabrication de beignets n’a plus de secrets pour Christelle Essim Egue. «J’en consommais quand j’étais petite. C’est une pratique inter-générationelle. Mon fils en consomme à son tour et il en achetait en bordure de route. Cela veut dire qu’il y a un attrait pour le produit». Puis elle poursuit: «Le seul souci se posait au niveau de l’hygiène et nous voulions ajouter une notion de convivialité aussi grâce au beignet», c’est ainsi qu’est née l’idée de créer Bassy By Floren. Le concept de la marque est simple: Fini la farine et les ferments qu’on utilisait pour fabriquer une quantité réduite de beignets dont la production pouvait prendre toute une nuit. «Aujourd’hui, les familles peuvent produire leur beignet en 30 minutes et les gens achètent la poudre et produisent par eu-mêmes en famille», indique-t-elle. Cela permet de resserrer les liens intra-familiaux par la conception de beignets. «Souvent, nous recevons des vidéos de clients montrant leur joie après avoir préparer leurs beignets. Cela crée une communauté de valeurs autours des produits». Ce concept économique porte un nom: celui de l’économie collaborative à valeur émotionnelle. La famille ayant toujours été une valeur refuge pour l’émergence de business à caractère collectif qui concerne principalement les activités de loisirs.

Place à l’industrialisation

Diplômée d’une formation en agro-alimentaire, Christelle Essim Egue est une patronne à la vision très grande. «Nous produisons 1 000 paquets de beignets BASSY par jour. Nous acquérons les machines pour en produire cinq à dix fois plus. L’industrialisation permettra de distribuer les beignets hors d’Abidjan et satisfaire les besoins de la diaspora», explique-t-elle. Ainsi, cette activité est en grande partie active dans les résultats financiers de l’entreprise. Mais elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. «Nous avons diversifié notre groupe par la culture de poivrier et nous agissons dans d’autres secteurs d’activités comme celui de la décoration d’intérieur», indique-t-elle. Chaque hectare de pépinière de poivrier est ainsi revendu 2,5 millions de FCFA. Cette diversification pourrait faire décupler le montant du chiffre d’affaires dans les prochaines années.

Le flair des affaires

Si Christelle Essim Egue monte en gamme dans l’agro-alimentaire, c’est aussi parce qu’elle développe son flair dans les investissements en tenant compte de sa propre grille de lecture. «Nous avons un centre de transformation où nous produisons et conditionnons la poudre de 200 mètres carrés à Cocody, une commune d’Abidjan». il s’agit d’une sacrée avancée car la fondatrice de PAM Holding a conscience du chemin parcouru: «J’ai démarré il y a quelques années dans mon salon avec cinq millions de FCFA puis j’ai investi beaucoup dans les emballages car au début, ma production n’était pas encore automatisée», se souvient-elle Puis elle poursuit: «A l’époque, je m’étais fixé l’objectif de produire 2 000 paquets par mois». Bien lui en a pris! Elle en produit désormais 10 000 mensuellement. Et afin de soutenir sa croissance, Christelle Essim Egue met en valeur une théorie bien connue des règles d’investissement: la rationalisation. «Pour chaque décaissement, je me pose une seule question: quelle est l’utilité et le rendement maximum que je peux en attendre. J’ai opté pour cette manière de fonctionner pour chaque compartiment de mon groupe. C’est une règle qui m’a été enseignée dans ma famille qui est entrepreneure», se remémore-t-elle.

C’est dans cette logique qu’elle s’est diversifiée dans la production de sauces. «L’objectif est de proposer plusieurs saveurs afin de faire apprécier encore davantage les repas en famille ou entre collègues au bureau», ambitionne-t-elle.  A ce rythme, cette jeune chef d’entreprise trentenaire devrait rapidement devenir une référence dans l’agro-alimentaire ivoirien.

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