Chloroquine: la dernière étude du populaire Didier Raoult peine à convaincre

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Le professeur Didier Raoult rencontre sur son chemin les gardiens de l'orthodoxie.

Le monde de la médecine française reste sceptique envers l’efficacité de la chloroquine et de ses dérivés dans le traitement de la covid-19 . La dernière étude sur la question, publiée le 25 juin dans Travel Medicine and Infectious Disease (TMAID) portait sur plus de 3 119 personnes traitées avec le «protocole Raoult» comparées à d’autres patients ayant bénéficié d’une autre traitement. L’étude ne permet pas de conclure sur l’efficacité de ce traitement contre le Covid-19 selon les gardiens du temple de l’orthodoxie et de la méthodologie.

Les conclusions de l’étude suggèrent qu’un diagnostic, un isolement et un traitement précoces des patients Covid-19 avec au moins trois jours d’administration d’hydroxychloroquine et d’azithromycine conduisent à des résultats cliniques significativement améliorés et à une baisse de la charge virale plus rapide qu’avec d’autres traitements.

En plus de l’hostilité des médecins, Didier Raoult doit fait face à une rare unanimité de la presse française contre lui. Quand l’Express titre “l’astuce du Pr. Raoult pour publier massivement des études et décrocher des financements”, Le Point fait le décompte des “4 mensonges” du marseillais devant la commission de l’assemblée nationale. Le Nouvel Obs pour sa part tente de dresser le profil psychologique des supporters de Didier Raoult avec l’expression “gilets jaunes” en parallèle et en orthogonale.

Reste qu’en dépit des attaques de ses pairs et des médias, le “controversé” professeur Didier Raoult continue d’engranger de la popularité. C’est ce que confirme un sondage Ifop pour La Tribune et Europe 1. Didier Raoult arrive, selon Capital, à une “surprenante” troisième place dans une liste de 40 personnalités politiques, scientifiques et intellectuelles, tout juste derrière le Premier ministre français Edouard Philippe et un certain Nicolas Hulot, ancien ministre de la Transition écologique et solidaire. Preuve que les premières places étaient âprement disputées, le président Emmanuel Macron n’arrive que neuvième.

2 Commentaires

  1. Les résultats d’une étude sur les effets de l’hydroxychloroquine, associée ou non à l’azithromycine, dans un modèle d’infection expérimentale chez le macaque par le virus SARS-CoV-2, l’agent infectieux responsable de la pandémie de la COVID-19, font l’objet d’une prépublication[1] sur la plateforme Research Square, en parallèle de sa soumission à la revue Nature. Réunissant des scientifiques du CEA, de l’Inserm, de l’Institut Pasteur, de l’Université de Paris-Saclay, de l’AP-HM, de l’Université Claude Bernard Lyon 1 et Aix-Marseille université, l’étude a été réalisée sous l’égide du consortium multidisciplinaire REACTing[2].
    Cette étude, lancée en février 2020, visait à évaluer le potentiel effet antiviral in vivo de l’hydroxychloroquine (HCQ), en traitement prophylactique contre le virus SARS-CoV-2 (avant l’infection pour réduire la charge virale) et lors des premiers jours après infection. Les effets antiinflammatoires potentiels de l’HCQ n’ont pas été analysés.
    La première étape avait pour objectif de démontrer la pertinence du modèle animal retenu. Elle a permis de montrer que la maladie observée chez les primates non humains est très similaire à celle observée chez la majorité des patients atteints de la COVID-19 n’ayant pas besoin d’une hospitalisation.
    La deuxième étape concernait la caractérisation de la pharmacocinétique de l’HCQ, c’est-à-dire l’analyse de sa concentration dans le sang et les tissus pour s’assurer qu’elle atteignait bien un niveau comparable à celui observé chez les patients humains traités avec le médicament.
    Enfin, différentes stratégies de traitements ont été testées en prévention (avant l’infection des animaux), immédiatement après l’infection, et enfin à distance de l’infection (J+5 après l’infection – au moment de l’apparition des symptômes), avec ou sans azithromycine, un antibiotique également utilisé dans le traitement du COVID-19. Des doses de traitement différentes ont également été testées chez certains groupes d’animaux.
    Les résultats indiquent que l’HCQ n’a pas protégé pas les animaux lorsqu’elle était utilisée en prévention de l’infection. Aucune des stratégies n’a par ailleurs démontré d’effet significatif sur les quantités de virus SARS-CoV-2 circulant dans l’organisme par rapport à celles détectées chez des animaux traités par un placebo. L’étude montre donc que l’HCQ, qui possède des propriétés antivirales dans certains tests in vitro (à l’aide de cellules en culture), n’a pas d’efficacité antivirale in vivo chez le macaque dans les conditions spécifiques de ces travaux, et ce malgré une exposition pulmonaire importante.
    Cette étude préclinique est complémentaire des études cliniques sur l’HCQ. En effet, elle a permis de mieux comprendre les mécanismes physiopathologiques du virus SARS-CoV-2 et d’obtenir des informations précises sur la biodistribution de la molécule HCQ dans l’organisme d’un animal modèle.

    [1] Preprint
    [2] REACTing est un consortium multidisciplinaire réunissant les partenaires de l’Alliance pour les sciences de la vie et de la santé Aviesan (CEA, CNRS, INRAE, Inria, Inserm, Institut Pasteur, IRD, CPU et Conférence des directeurs généraux de centres hospitaliers régionaux et universitaires) et coordonné par l’Inserm.
    https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/documents-presse/etude-preclinique-montre-que-hydroxychloroquine-n-pas-effet-antiviral-contre-sars-cov-2-vivo

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