Détruite par la France, la Libye désormais entre le marteau de la Turquie et l’enclume de la Russie

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En Syrie comme en Libye, c'est Erdogan face à Poutine.

Après la destruction de la Libye par la France sous Nicolas Sarkozy, le sort des Libyens est aujourd’hui entre les mains de Vladmir Poutine de Russie et Recep Tayyip Erdogan de Turquie. La débandade des troupes du maréchal Khalifa Belqasim Haftar Alferjan soutenu par Moscou ouvre une nouvelle phase dans la lutte pour le pouvoir en Libye. La Russie et la Turquie sont désormais en première ligne comme en Syrie pour trouver une issue à la guerre au grand dam de Paris et de l’Union Africaine.

Le rapport de force dans le conflit libyen a pris une nouvelle tournure car l’épreuve de force s’est inversée en faveur du du gouvernement d’union nationale soutenu par la communauté internationale (ONU), aux dépens de l’Armée nationale libyenne du Marechal Haftar . En effet, depuis l’entrée en scène d’un nouvel acteur, la question libyenne est désormais du ressort des deux principaux acteurs internationaux de la lutte pour le pouvoir dans le pays.

Il y a la Turquie de Erdogan, principal soutien du gouvernement de Tripoli, qui a réussi à mener une contre offensive ayant permis à celui-ci de repousser l’offensive lancée en avril 2019 par le maréchal Hafar soutenu par la Russie. Sur le théâtre des opérations, les troupes de Tripoli ont repris plusieurs positions dans l’Ouest et poursuivi leur contre-offensive pour reprendre la ville de Syrte, verrou stratégique en direction de l’Est et des installations pétrolières clés du pays, toujours aux mains des troupes de Haftar. Les experts évoquent un possible deal devant se matérialiser par une ligne de démarcation en Libye. Ce deal repose sur un partage entre Moscou et Ankara. Les turcs auront les mains libres en Libye et inversement pour les Russes en Syrie. Signe que le président turc Tayyip Recep Erdogan n’entend pas renoncer à son influence retrouvée dans ce qui fut un territoire ottoman jusqu’en 1912, des médias proches du pouvoir ont rapporté, vendredi, qu’Ankara pourrait établir deux bases en Libye, l’une au sud-ouest de Tripoli et l’autre dans la ville portuaire de Misrata.

Pour sa part, le maréchal Haftar, est désormais perçu par les acteurs internationaux impliqués directement ou indirectement dans le conflit libyen comme une entrave à une issue consensuelle de la résolution de la crise. Certains de ses parrains ne seraient plus qu’à un pas de le lâcher méthodiquement.

En attendant, la Turquie a annoncé sa volonté de poursuivre les discussions avec la Russie pour tenter de parvenir à un cessez-le-feu en Libye, en dépit de l’annulation, dimanche, d’une visite à Istanbul du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et son homologue de la Défense Sergueï Choïgou. Une visite annulée à la dernière minute et sans qu’aucune explication officielle ne soit donnée. Entre temps, loin de tous les tintamarres diplomatiques, Poutine et Erdogan poussent chacun ses pions pour enfin parvenir à un partage du pays en zone d’infuence géopolitique où chacun d’entre eux assurera le contrôle . Longtemps balancé dans un business diplomatique où pays arabes, africains et occidentaux semblaient chacun de son côté imprimer un rythme et fixer son agenda, la Libye est passé d’un printemps arabe vanté par BHL en un hiver rugueux où les morts sont tous d’un même côté, et les intérêts de l’autre.

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