En pleine crise sanitaire et économique, la BRVM rebondit

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En dépit d'une progression de la pandémie dans les 8 pays de l'UEMOA, le moral des boursicoteurs est positif.

Par LAMIEN Zounouyavé alias Mathieu*


L’économie mondiale est paralysée, les marchés boursiers dévissent, des vies humaines sont arrachées…La facture du covid-19 est lourde. Le sort de l’économie mondiale est entre les mains des autorités monétaires et politiques qui peuvent encore nous sauver du plus grand «mal économique» qu’est la stagflation.C’est à dire, une situation particulière où l’on constate dans une économie la simultanéité d’un niveau élevé d’inflation et d’une croissance faible, voire d’une récession.

Dans ce climat lourd, la Bourse régionale des valeurs mobilière a terminé le mois d’avril 2020 dans le vert. L’indice composite s’est apprécié de 2%. L’indice vedette des dix ( BRVM 10) valeurs les plus actives du marché a terminé le mois avec un gain de 4%. Le top des plus fortes baisses est occupé respectivement par les secteurs de la distribution (-5%) et celui de l’agriculture (-3%).

Le palmarès des fortes hausses est conduit par le secteur des transports en tête (+18%) et le secteur des services publics (5%). Le secteur du transport est l’indice du mois en terme de rentabilité. Cette performance est entièrement portée par la société Bolloré transport&logistics dont le cours de clôture est passé de 1410 francs le 01/04/2020 à 1670 francs le 30/04/2020, soit un gain de 18%.

Pourquoi une telle correction sur l’indice du transport ?

L’indice sectoriel du transport a connu un grand choc positif ce mois-ci. En trente jours, le travel index a connu un grand renversement de sa tendance négative de mars 2020 avec un rebond de l’ordre de 18% en avril contre un repli de 26% un mois plutôt. Certains évènements survenus fin mars et courant avril ont peut-être rassurés les investisseurs quant aux effets économiques de la pandémie du covid-19. Parmi ces facteurs de ce renversement de tendance tant constaté sur les indices de marché que sur certains indices sectoriels, nous pouvons citer :

• Les mesures prises par l’autorité d’émission monétaire de l’union le 21 mars 2020 relatives au report d’échéances des créances par les établissements de crédit afin d’atténuer l’impact économique de la pandémie sur le système bancaire et le refinancement des activités économiques.

• L’allègement du service de la dette de 19 pays africains dont six (6) de l’union, exceptés la Côte d’ivoire et le Sénégal (qui ont perçu des fonds dans le cadre d’autres instruments du fonds) décidé par le fonds monétaire international (FMI) le 13 avril 2020.

• La mise en place de bons de trésor dénommé « Bon sociaux covid-19 » lors de l’extraordinaire réunion des chefs d’états de l’UEMOA le 27 avril passé par visioconférence. Ce produit financier vise à mobiliser l’ensemble des fonds destinés à financer le programme agrégé de riposte du covid-19 des huit (8) pays de l’union qui s’élève à 5 285 milliards de francs CFA.

Vers une progression exponentielle du covid-19 dans l’UEMOA

Depuis le 2 mars jusqu’au 30 avril 2020, la pandémie du covid-19 a touché tous les pays de l’UEMOA même si le degré de propagation varie d’un pays à un autre. Les cas confirmés ont connu une hausse entre le 31 mars et le 30 avril 2020. En effet, en espace d’un mois, le nombre de cas testés positif a été multiplié par 6 (728 cas fin mars contre 4712 cas au 30 avril) dans l’Union. Le nombre de cas au 30 avril a été multiplié par 32 en Guinée, par 21 au Niger et par 18 au Mali. Le Burkina Faso enregistre théoriquement le plus faible degré de contamination avec un nombre de cas multiplié par 2 contre 4 au Togo et 6 au Sénégal. Derrière ces forts taux de propagation du virus se trouve une lueur d’espoir. En effet, le taux de guérison dans l’union a plus que doublé entre fin mars et fin avril en passant de 12% à 32% contre un taux de décès constant de 2%. Au 30 avril, le Togo enregistrait le taux de létalité le plus élevé (5%) suivi du Burkina et du Mali avec 4%.

Perspectives à l’avenir: éviter la politique de l’autruche ou l’erreur ghanéenne

L’erreur à la «ghanéenne» c’est éviter d’assouplir ou même de lever certaines mesures sécuritaires précocement de peur de se retrouver dans une spirale de contamination (après le déconfinement, en espace de sept (7) jours le Ghana a enregistré 271 nouveau cas de covid-19). De ce fait, l’évolution de la pandémie dans nos pays ne doit pas être analysée comme une science exacte mais comme un phénomène plus complexe dérivant du comportement de nos concitoyens et encore plus de la crédibilité qu’ils ont de leurs gouvernants. Nous conseillons ainsi, à toutes les vaillantes populations de nos pays de continuer à respecter les mesures de sécurité sanitaire, aux autorités politiques à restaurer l’autorité de l’États et la crédibilité de toutes les actions gouvernementales vis-à-vis des gouvernés, aux autorité monétaires à soutenir davantage les économies de l’union.


A propos de l’auteur

De nationalité Burkinabé, LAMIEN Zounouyavé, doctorant en économie à l’université OUAGA 2 (Burkina Faso) est ingénieur financier de formation (Master 2 Banque et Ingénierie Financière à l’Institut Africain de Management de Ouagadougou).

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