Coronavirus: entre peur et business, le monde enregistre le premier mort hors de Chine

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La Chine faisait état de 304 décès au dimanche 2 février.

L’épidémie de coronavirus 2019-nCoV renvoie l’humanité à ses vieux réflexes grégaires. Le virus a fait son premier mort hors de Chine, aux Philippines. La victime est un Chinois de 44 ans originaire de la ville de Wuhan, où a émergé ce virus.

Pendant ce temps, en Chine, le bilan officiel fait état de 304 décès dont 45 pour la seule journée de ce dimanche. Le nombre total d’infections dans l’ensemble de la Chine atteint 14 000. La ville de Wenzhou a imposé le confinement de ses plus de 9 millions d’habitants. Avec 265 cas de contamination, cette cité, à plus de 800 km de Wuhan, foyer de l’épidémie, est l’une des villes de Chine les plus touchées.

Isolée progressivement du monde, la Chine pourrait vivre un ralentissement de son élan économique. C’est en tout cas le point de vue pour le moins étonnant du secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross. L’officiel voit un côté “positif” selon ses mots prononcés sur la chaîne Fox Business, jeudi 30 janvier, estimant que cette épidémie de pneumonie pourrait bénéficier à l’économie nord-américaine.

« Les pensées de tous les Américains doivent se tourner vers les victimes du coronavirus. Je ne veux pas voir une maladie très malheureuse et très puissante comme une victoire », a-t-il lancé en préambule, avant de totalement se réjouir du contexte qui «aidera à accélérer le retour des emplois en Amérique du Nord». “Mais le fait est que cela donnera une nouvelle chose à prendre compte pour les entreprises lorsqu’elles passeront en revue leur chaîne d’approvisionnement”.

En réaction, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a critiqué le 31 janvier les propos du secrétaire américain au Commerce, déclarant que le peuple chinois mettait tout en œuvre pour lutter contre l’épidémie de pneumonie causée par le nouveau coronavirus et que de nombreux pays lui ont offert leur soutien. « En contraste, les paroles et les actions de certains responsables américains ne sont ni factuelles ni appropriées », a souligné Mme Hua.

Pékin a également critiqué la décision de Washington d’élever l’avertissement aux voyageurs concernant la Chine au plus haut niveau, malgré l’opposition de l’Organisation mondiale de la santé aux restrictions de voyage contre la Chine. « Alors même que l’OMS a recommandé de ne pas restreindre les déplacements, les États-Unis se sont précipités dans le sens inverse. Ce n’est certainement pas un geste de bonne volonté », a déclaré Mme Hua dans un communiqué publié le 31 janvier.

A noter que les trois principales compagnies aériennes américaines, United Airlines, Delta Air Lines et American Airlines ont annoncé vendredi la suspension de leurs liaisons vers la Chine continentale. Face à l’inquiétude, le géant américain de l’informatique Apple a annoncé ce samedi fermer tous ses magasins en Chine jusqu’au 9 février. L’entreprise a déclaré dans un communiqué avoir pris cette décision en vertu du principe de précaution et “sur la base des derniers conseils des principaux experts de santé”.

En Asie, le Vietnam a annoncé la suspension des visas de tourisme pour tous les Chinois et les étrangers ayant séjourné en Chine durant les deux dernières semaines. Singapour et la Mongolie ont aussi suspendu l’entrée de l’ensemble des voyageurs en provenance du territoire chinois.

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