Tchad : un pool bancaire provoque la fermeture prochaine de Hilton Hotel

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Le groupe Hilton va procéder à la fermeture de son établissement à N’djamena avant la fin du mois de novembre suite à une décision de justice rendue en faveur d’un pool bancaire.

Hilton N’djamena va déjà fermer ses portes, moins de quatre ans après sa mise en service. Dans une correspondance adressée le 30 octobre 2019 à ses partenaires, la société a informé ses « fournisseurs » que la « compagnie propriétaire est contrainte à prendre la très difficile et très désagréable décision de procéder à la fermeture » de l’établissement, ceci à compter du jeudi 21 novembre 2019 ; sans en évoquer les raisons. La société se contente juste de s’engager à « honorer tous les paiements et à faire en sorte que toutes ses équipes soient présentes après la fermeture de l’hôtel pour assurer la finalisation complète de tous les dossiers en cours ».

Face à la presse mardi 5 novembre, la ministre du développement touristique, de la culture et de l’artisanat, Madeleine Alingué, a évoqué des raisons de cette fermeture prochaine du Hilton Hotel de N’Djamena. « Le groupe SGI holding, l’investisseur, a contracté un prêt auprès du pool bancaire constitué de la Société générale Tchad, Ecobank Cameroun, Ecobank Tchad, Afriland First Bank Cameroun, pour la construction de l’hôtel Hilton de N’Djamena », a expliqué la ministre.

« Depuis 2013 à ce jour, aucun remboursement n’a été effectué, malgré les multiples relances. La justice a été saisie. Un jugement en faveur du pool bancaire a été rendu. Le titre de propriété de l’hôtel Hilton N’Djamena donné en garantie du financement a été muté au nom du pool bancaire », a-t-elle ajouté, précisant que les tentatives de règlement à l’amiable menées par l’Etat « durant tout le processus et à la demande de SGI Holding » n’ont pas abouti, « les deux parties ne sont pas tombées d’accord sur les modalités de remboursement de la créance ».

Pour sa part, l’investisseur avait intenté, en août dernier, une action en justice contre le consortium bancaire, leur reprochant des faits de rupture de contrat, de fraude, d’enrichissement et de conversion illégitimes, réclamant des dommages et intérêts d’un montant supérieur à 100 millions USD.  

Au commencement étaient plusieurs accords de prêts

C’est en 2011 que SGI Holding, filiale de Salim Group Inc, une société privée d’investissements américaine basée en Californie, et les trois banques ont signé des accords de prêts portant sur la construction d’un luxueux hôtel Hilton au Tchad. Lequel établissement a ouvert ses portes en décembre 2015 avec une capacité de 200 chambres dont 4 suites présidentielles et 2 suites royales.

« SGI s’est lancée dans le développement foncier et la réhabilitation d’envergure d’une propriété en bordure de rivière et a emprunté environ 38 millions de dollars, en plus de son investissement direct de plus de 80 millions de dollars, afin d’apporter une valeur ajoutée à une parcelle de terrain de plus de 23 hectares et rendre l’hôtel exploitable en janvier 2016 », expliquait la multinationale en août dernier dans un communiqué. Et d’indiquer qu’elle n’a pas tenu ses engagements en raison « de conditions défavorables au sein du pays, indépendantes de sa volonté et bien connues des banques ».

Problème de « remboursement »

Selon la société, les banques ont fait jouer l’hypothèque en vue d’entrer dans leurs fonds. Sauf qu’elles auraient, après estimation de la propriété par un expert désigné conformément au contrat, « changé unilatéralement de cap en n’appliquant pas les termes de l’accord et ont finalement obtenu le titre de propriété sans qu’aucun remboursement ne soit effectué envers SGI », tandis que l’accord prévoit le remboursement de la valeur estimée en excédent par rapport au montant du prêt à l’emprunteur.

« Nous avons investi au Tchad en nous fiant aux termes de nos accords de prêts avec le consortium bancaire et aux promesses du gouvernement de protéger les intérêts des investisseurs étrangers. (…). En dépit de nos demandes de dommages et intérêts, nous avons proposé aux banques des alternatives afin de préserver l’intégrité de l’exploitation de l’hôtel, dans l’intérêt de nos clients, de nos employés et du pays », avait indiqué Mohammed Naeem, le directeur général de SGI Holding.

Par Nephthali Messanh Ledy

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