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La peur des lendemains qui déchantent alimentent le cours de l’or

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Les futures sur l’or se négociaient à 1 500 dollars vendredi 11 octobre 2019, soit une progression de 19% depuis le début de l’année. Certes, l’on est encore loin du record de 1 813 dollars atteint en 2011 mais les hausses d’achat de l’or physique et de l’or papier ont été suffisamment importantes pour pousser les analystes à s’interroger sur les raisons de cette effervescence.

Cette boulimie est alimentée par les banques centrales qui ont renforcé leurs positions sur le métal de Kankan Moussa (elles ont acheté 658 tonnes en 2018) entraînant les banques d’investissement dans leurs sillages. Mais aussi des actions simultanées (fais du hasard) de la Russie et de la Chine (mais aussi la Pologne, la Hongrie, la Turquie) qui ont multiplié les achats dans une véritable course contre la montre. La Russie de Vladmir Poutine a acheté 274 tonnes d’or financés par la vente des bons de Trésor américains.

D’aucuns s’interrogent sur le rôle flou de l’Oncle Sam chef d’orchestre de la politique des taux d’intérêt négatifs. Les USA qui trainent une dette de 1000 milliards de dollars (soit 22% de leurs PIB) sont tentés de doper les cours du métal jaune dont la montée coïncide souvent (même si ce n’est pas tellement le cas en ce moment) avec la baisse du billet vert. Les bruits de bottes à la frontière Syro-Turque et le lâchage des Kurdes par Washington viennent s’ajouter à la guerre commerciale et aux incertitudes globales qui poussent gestionnaires de fortunes et banquiers à s’abriter derrière la valeur refuge par excellence. Derrière, si le billet vert s’effrite (aidé en cela par l’inflation), ce n’est que du bénéf pour le Trésor américain car venant alléger les charges de la dette de la première économie mondiale.

Notons que le marché de l’or n’est pas tellement régi par la loi de l’offre et de la demande mais, presque, par la seule force de la demande. La production de l’or extrait des mines vole de record en record depuis 2009 mais seule la demande du marché financier est décisive.

En 2017, la production minière aurifère a atteint 3 300 tonnes, un nouveau record alimenté par la Chine, premier producteur mondial. L’Afrique connaît plutôt une situation de fournisseur du métal brut sans emprise sur le cours. En 2018, avec 158 tonnes d’or, le Ghana est devenu le premier producteur du continent, devant le Soudan et l’Afrique du Sud. Quoiqu’il en soit, la forte demande sur le métal devrait relancer la production minière africaine (Mauritanie, Mali, Sénégal entre autres) et par effet d’entrainement relancer l’exploration.

Albert Savana
Journaliste depuis 20 ans dans la presse économique africaine  et auteur de plusieurs enquêtes et reportages. A couvert plusieurs sommets de l’Union Africaine, de la Commission économique africaine et de la Banque Africaine de Développement.

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