Angola : le naufrage du prince

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Le fils Do Santos découvre l’eau boueuse en prison et refuse de s’alimenter.

Par Rodrigue Fenelon massala, grand reporter. 

C’est fini le temps de l’impunité, ce temps est révolu! S’exclame un haut fonctionnaire de l’administration Angolaise interrogé sur les récentes arrestations des barrons du régime Do Santos.

   En effet, depuis l’élection   du président João Lourenço, un vent nouveau souffle sur  Luanda. C’est maintenant le temps de la bonne gouvernance qui tranche avec l’ère de l’impunité qui a longtemps caractérisé l’époque du président Do Santos.   

   Le nouveau régime du président João Lourenço, au pouvoir depuis bientôt une année, a décidé de ne ménager aucun effort pour nettoyer l’administration et les milieux d’affaires du pays de la gangrène de la corruption et du clientélisme autrefois érigé en mode de gouvernance. 

  João Lourenço imprime  sa méthode qui semble très efficace. Ce dernier prouve qu’on ne peut pas faire du neuf avec du vieux.Toute  gouvernance passe d’abord par le respect de la loi, des institutions et de la moralisation de l’espace public.

  En cédant le fauteuil présidentiel à un dauphin après 37 ans de règne absolu et sans partage , José Édouard Do Santos ne se doutait guère qu’après une passation civilisée du pouvoir, la première de l’histoire du pays,  il sera  confronté  à  un tel déballage.  

   À la suite du  limogeage de sa fille Isabel Do Santos ( l’une des femmes les plus riches du continent) à la tête de la puissante  société pétrolière Sonangol ; c’est au tour de son fils, José Filomeno Do Santos dit “Le Prince”, de se retrouver dans le collimateur de la justice angolaise.

   Les enquêtes de l’opération “mains  propres” n’épargnent personne, ni  les propres proches du président sortant, encore moins ceux du président entrant impliqués dans les malversations et les prises illégales d’intérêt. C’est le cas du fils du président Do Santos, jadis patron du puissant fonds souverain de l’Angola.

  Ce dernier a été écroué, il aurait détourné 1, 5 milliard de dollars US lorsqu’il était à la tête du Fonds souverain. Amateur de champagne hors-série, le fils Do Santos découvre l’eau boueuse en prison et refuse de s’alimenter.  Il observe une grève de la fin depuis quelques jours. 

  L’opération « MANI PULITE » (mains propres) à l’angolaise semble  fonctionner à plein régime. L’ancien ministre des  transports Augusto Thomas  et d’autres caciques du régime sortant  ont écopé de lourdes  peines lors de leurs récents procès.  

  Au regarde tout ce qui précède, on assiste à une sorte de “sauve qui peut” au sein de la famille Do Santos comme le décrit si bien Estelle Maussion  dans son récent livre intitulé “La Do Santos Compgny ” . Le père José Eduardo, sa fille aînée Isabel, et son fils cadet Filomeno, ont tous une caractéristique commune : la boulimie du clan .  

   Ce système s’est mis en place dans un contexte particulier de guerre civile et ensuite il s’est développé et amplifié à partir du retour de la paix dans le pays en 2002. Cette amplification est allée jusqu’à un point, assez important en fin de règne.

 Le Do Santos servira au moins de leçon à tous les régimes africains tentés par le népotisme et la gestion familiale du pouvoir.

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