O’Botama, un incubateur au service des entrepreneurs camerounais

0
Christelle Basilua – présidente de l'association Oser l'Afrique.

O’Botama, un incubateur au service des entrepreneurs camerounais

La diaspora africaine porte un intérêt croissant pour la construction d’incubateurs sur le continent africain. OSER l’Afrique, qui est une structure créée en 2009, soutient encore plus activement les entrepreneurs du continent. L’association a ainsi mis sur pied une structure nommée O’Botama à Yaoundé au Cameroun. Rudy Casbi

Sur le continent africain, les incubateurs ressemblent souvent à des maisons transformées en espace de coworking et d’innovation. O’Botama est un de ces multiple centre qui agit également comme un centre d’expertise en entrepreneuriat autrefois quasi-inexistant. Implanté à Yaoundé au Cameroun, O’Botama vient de fêter sa première année d’existence.

Benjamin Ngongang, membre de l’association OSER L’Afrique qui en assure la gestion sur place se montre très ambitieux pour O’Botama. « ‘Botama’ signifie ‘ naître’ en lingala et la lettre O posée juste avant fait référence à OSER L’Afrique qui est la structure-mère d’O’Botama. Dans ce lieu où nous faisons naître les jeunes entrepreneurs qui osent l’Afrique, nous incubons huit startups actuellement au sein de notre atelier d’innovation collaboratif. Elles agissent dans des secteurs aussi variés que l’e-santé,les services informatiques, la restauration ou la culture», explique-t-il. Comme pour chaque création de projet, le chemin à parcourir n’a pas été de tout repos.

«Avant de nous lancer dans le projet de création d’O’Botama, nous avions mis déjà en place au sein d’OSER l’Afrique, six ateliers itinérants  de formations dans le cadre du programme Cluster Series, couvrant plusieurs thématiques en lien avec l’entrepreneuriat des jeunes en Afrique de l’ouest et du centre. Nous avons pu accompagner ainsi  500 jeunes porteurs de projets, à Dakar, Niamey, Lomé et d’autres capitales africaines  », explique-t-on au sein de la direction de l’association. Puis la question du financement d’O’Botama s’est rapidement imposée en vue de la concrétisation du projet. «Nous avions lancé une campagne de crownfunding. Notre objectif était d’atteindre la barre des 9 500 euros. Et en trois jours, nous avions déjà atteint 10 % du montant total que nous voulions »  glisse Christelle Basilua – présidente de l’association. Au final, OSER l’Afrique a réussi à lever près de 13 000 euros grâce à cette campagne de financement participative. «Cela nous a permis de financer les travaux à l’intérieur de la villa car cela n’a pas été simple de l’aménager en un véritable espace d’incubation d’entreprises», explique Benjamin Ngongang.

O’Botama : un centre d’innovation ‘made in Cameroun’

Si Rome ne s’est pas construite en un jour, O’Botama non plus. «Il nous a fallu 5 mois pour bâtir un business plan solide», se souvient Christelle Basilua, présidente de l’association. Ainsi, l’espace coworking coûte 2000 FCFA pour une journée et la réquisition de l’ensemble des espaces et bureaux peut grimper jusqu’à 100 000 FCFA pour un séminaire. Malgré toutes ces précautions, les débuts ont été parfois difficiles notamment pour l’équipe en charge de la gestion quotidienne de l’atelier d’innovation collaboratif. «Je suis bénévole au sein d’OSER l’Afrique comme tous les membres, et j’ai pris un congé sabbatique au sein de mon entreprise pour travailler sur le lancement de O’Botama, j’ai dû m’organiser personnellement avec quelques missions de consulting pour me maintenir à flot financièrement », explique cet ancien salarié de Mazars et Deloitte.

Concernant son plan de développement, OSER L’Afrique sait donc que la réussite des startups incubées définiront également l’avenir d’O’Botama. «Parmi les huit projets, nous travaillons avec Ouicare, fondé par Assom N.Emmanuel – créateur d’une startup qui facilite la prise en charge rapide des patients dans les hôpitaux.  Outre Ouicare, nous accompagnons également Moctinet qui est une société spécialisée dans la conception et le développement de site web et applications mobiles, mais aussi Ah Bon Hein un restaurant doublé d’un espace culturel», expliquent Christelle Basilua et Benjamin Ngongang. Ainsi, pour le déploiement de ses activités, Ah Bon Hein a pu lever 7 000 euros grâce au soutien d’OSER L’Afrique. Cela a permis sur le terrain l’aménagement du restaurant et l’équipement en matériel de cuisine. Et au-delà de ces opérations d’incubations, O’Botama se veut également être un véritable lieu ouvert au reste de l’écosystème avec son espace de coworking et son espace culturel qui nourrissent la créativité et l’innovation des entrepreneurs. Une fois le modèle O’Botama validé, OSER L’Afrique espère pouvoir le dupliquer au quatre coins du continent. «Nous aimerions créer une structure similaire en RD Congo et en Côte d’Ivoire », indique la direction d’OSER l’Afrique. Si cette stratégie parvient à ses fins, alors OSER l’Afrique aura laissé son empreinte sur l’écosystème entrepreneurial africain.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here