Dakar, Alger, Lagos: 3 batailles “démocratiques” au sommet

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Président algérien depuis 1999, Bouteflika n'a pas prononcé de discours depuis 2013.

Alors que la jeunesse algérienne marche dans la rue pour protester contre le cinquième mandat du président Bouteflika, à Abuja et à Dakar, les électeurs sont appelés dans les bureaux de vote pour reconduire ou renouveler le sommet du pouvoir. Si les deux pays de la CEDEAO organisent ce jeu dans une relative sérénité démocratique, ce, en dépit de la pléthore de 72 candidats dans le pays le plus peuplé d’Afrique, force est de le dire, en Algérie, c’est plutôt un système bloqué qui fait face au mécontentement populaire et à des manifestations au cri de “Algérie libre et démocratique!”, “Non au 5e mandat!.

Victime d’un AVC, le président Bouteflika, 82 ans, a, comme l’écrit Libération, passé son quatrième mandat au lit. L’ancien emblématique ministre des Affaires Etrangères de l’Algérie des années 60 n’a pas prononcé un discours depuis 2013. Les observateurs estiment que c’est plutôt l’armée qui avance masquée, imposant ses choix à une vieille garde du FLN (Front de libération nationale) qui n’est plus dans le coup et composant avec une aile civile gravitant autour de Said Bouteflika, 61 ans, frère du président . Les présidentielles algériennes du 18 avril se jouent déjà, à coup d’immenses marches de protestations qui ont embrasé toutes les villes du pays.

Tout au contraire du Nigeria et du Sénégal où les présidents sortants, Muhammadu Buhari, 76 ans, 76 ans, candidat du Congrès des progressistes, APC, et Macky Sall, tous deux favoris, espèrent renouveler leurs baux en s’appuyant sur des bilans économiques plus ou moins recevables. La tâche s’annonce plus ardue pour le nigérian qui affronte un milliardaire, également issu du Nord musulman, et doté d’une expérience de l’administration en tant qu’ancien vice-président du pays.

Le challenger numéro un, Atiku Abubakar, 72 ans, du Parti Populaire Démocratique (PDP), est même donné vainqueur par l’institut de sondages  Pollster, Williams and Associates . Les observateurs déplorent un débat électoral peu relevé dans un pays en proie à d’immenses défis (sécurité, pauvreté, pénuries à répétition, inflation élevée), qui compte 84 millions d’électeurs et 100 millions de personnes connectées à l’internet 3 G.

Au Sénégal, le président Macky Sall affronte quatre candidats pré-sélectionnés à la suite d’un système de parrainage qui a barré la route à une centaine de postulants. Ces quatre prétendants au fauteuil du président Sall sont tous nouveaux dans un tel exercice à l’exception du vieux routier, Idrissa Seck, ancien premier ministre d’Abdoulaye Wade qui n’a jamais pu dépasser le taux de 7% durant ses trois tentatives. L’absence partielle du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) représenté, il faut le dire, par une aile dissidente conduite par Madické Niang, estampillé de “candidat par défaut” devrait-elle jouer en faveur du président sortant ou du candidat Ousmane Sonko lequel est la révélation de ce scrutin, quelque soit le résultat?

Agé de 44 ans , cet ancien inspecteur des Impôts a mené une campagne énergique sur des thèmes clivants comme le “patriotisme économique”, la sortie du Franc CFA ou encore la dénonciation des contrats pétroliers et miniers signés par le Sénégal. Appelant à en finir avec “le système”, celui que le journal Le Monde compare à Donald Trump tropical devra faire avec un Sénégal rural largement conservateur et attaché aux directives des chefs coutumiers et religieux.

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