Non à la déstabilisation de la République Démocratique du Congo pour une mainmise occidentale sur ses immenses ressources naturelles

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Par Professeur Moustapha KASSE

Profitant, des élections présidentielles, les puissances occidentales nous préparent sans discernement une nouvelle intervention comme en Libye en 2011. Rappelons que la République Démocratique du Congo, pays sous-continent, est doté d’immenses richesses : des ressources minérales abondantes et rares (coltan, diamants, or, cuivre, cobalt, zinc, manganèse, etc.…), des ressources forestières, d’une faune très riche et de vastes sols fertiles propres à toutes formes d’agriculture. L’immensité de ces ressources naturelles (une bénédiction ou une malédiction) a fait dire à un député français que « le problème des Congolais est qu’ils sont assis sur toutes les matières premières indispensables à faire tourner le monde d’aujourd’hui ». À cela s’ajoute une position géopolitique dans cette région troublée des Grands Lacs : 93 millions d’habitants répartis entre 200 groupes ethniques, une superficie de 2,5 millions de km2. Elle est limitée géographiquement par neuf pays (au nord, la République centre Africaine et le soudan, à l’est, l’Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la Tanzanie, à l’ouest, la République du Congo et au sud, la République d’Angola et la Zambie).

 Toutes les puissances occidentales, depuis les années 60, tentent de faire de la RDC son garde-manger cela passe par diverses interventions (assassinats, guerre civile larvée, groupements armés nationaux et étrangers, balkanisation,  encouragement des actions prédatrices des voisins que sont le Rwanda, l’Ouganda, etc.). Le pays, véritable sous-continent, est transformé en un vaste marché où prospèrent soldats figurants et parfois trafiquants de la MONUSCO, rebelles, polices privées, ONG et sociétés captives, politiciens professionnels et les religieux en soutanes dehors. Tout ce monde sans loi ni foi est au service des puissances néocoloniales. L’exemple de la MONUSCO, ce gros contingent de la force de l’ONU n’a jusqu’à présent, été à la hauteur de sa tâche. Avec ses 19.083 membres du personnel en uniforme, ses 703 observateurs militaires et 1.374 policiers auxquels s’ajoutent 953 membres du personnel civil international, 2.859 membres du personnel civil local, 573 volontaires des Nations Unies, cette force n’a jamais sécurisé les zones troubles du pays.

Ce parterre est servi par une ribambelle des grands médias occidentaux  dont les patrons sont des milliardaires fortement liés aux multinationales et à la haute finance. Ils organisent une stratégie du chaos en déversant un flot de désinformations, de médiamensonges, de manipulations pernicieuses pour préparer les opinions publiques au droit d’ingérence qui est selon l’académicien Jean Bricmont, professeur de physique théorique, dans son ouvrage « l’impérialisme humanitaire », la légitimation du droit du plus fort. Cette stratégie a été utilisée dans la fameuse guerre du Golfe (tempête du désert) en Iraq et répétée en Libye où le massacre présumé de Benghazi a été le prétexte d’une intervention qui a détruit le pays avec des conséquences géopolitiques incalculables.

Les élections en RDC, même plusieurs fois reportées, ouvrent l’opportunité à la presse mainstream en France, en Belgique et aux Etats-Unis comme RFI, la Libre Belgique, Euronews, la BBC, etc. de se livrer au quotidien à déstabiliser les institutions (CENI) et discréditer toutes les autorités. Tout un tissu de manipulations allant de la réalisation d’enquêtes d’opinion fantaisistes à la proclamation des résultats par des organisations partisanes (CENCO), le mensonge, pour paraphrase Clauzewitz, est érigé en continuation de la guerre par d’autres moyens. Quelques individus triés au volet  sont pris pour exprimer les récriminations supposées des 40 millions des électeurs ; il est également fait appel à de doctes chercheurs venus des Université de New-York, Liège, pour justifier les défaillances et dysfonctionnements supposés, comme dit le proverbe «à beau mentir qui vient de loin». Les institutions de la république comme les chercheurs et universitaires nationaux sont sapés totalement ignorés. Dès lors, Samy Abtroun nous avertit sur les qualificatifs de cette presse du complot : « Déontologie ? Ecrits déhontologie, Reporter ? Rapporteur ? Présentateur ? Présentoir ? Commentateur? Co-menteur ?

Les démocrates, les intellectuels et tous les patriotes épris de vérité doivent se lever pour s’opposer à la forfaiture de l’agression néocoloniale occidentale dont les conséquences auront un impact négatif considérable sur le développement de toute la région des Grands Lacs. Nous avions alerté l’opinion publique africaine, avec Sidy Lamine Niass et Son Excellence Moustapha Cissé, sur l’intervention en Libye dont les motifs étaient triple : mettre la main sur la cagnotte des réserves en devises (plus de 70 milliards de dollars), imposer à Kadhafi le pacte pétrole contre sécurité que l’occident a toujours noué avec les monarchies du golfe et absoudre le Président français d’un financement libyen de sa campagne électorale. Aujourd’hui, les Sarkozy, Tony Blair et Hilary Clinton se la coulent douce, tandis que le peuple libyen est plongé dans une guerre civile appauvrissante dépouillé de ses richesses et la sous-région est démolie. Debout pour que cela n’arrive point en RDC.

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  1. L’ÉLECTION DE FÉLIX TSHISEKEDI: DU MATRAQUAGE MÉDIATIQUE JAMAIS VU POUR UNE ÉLECTION AFRICAINE

    En tout cas, toutes les élections sont passées en Afrique avec des contestations, même récemment au Madagascar, jamais nous avons vu la presse internationale y consacrer une couverture aussi continue et importante. Chaque jour qui passe, nous avons l’impression que la presse internationale est déterminée, je dis déterminée à nuire à l’avenir du Kongo; comme si des forces obscures ont juré à combattre l’élection de Félix Tshisekedi jusqu’au bout. Alors que rien de tel n’a été fait pour aider Étienne Tshisekedi à conquérir l’imperium devant les forces de Kabila.

    Comment ne pas soupçonner la partialité de cette presse? Il y a eu beaucoup d’élections en Afrique où des candidats malheureux réclament la victoire. Pourquoi la presse internationale ne fait-elle pas aussi un tel acharnement? A moins d’être naïf pour ne pas comprendre que tout ce matraquage médiatique est boutiqué et financé de quelque part. Cette presse ne parle pas seulement des élections mais on la voit aussi attaquer directement Félix Tshisekedi de manière à le dénigrer auprès du public Kongolais. Elle exploite toute information, même avec des sources non fiables aussi longtemps qu’elle est en défaveur de l’élection de Félix Tshisekedi.

    Après la multitude d’articles sur les études de Félix Tshisekedi avant la proclamation des résultats, la voilà rebondit encore avec une histoire des données volées à la CENI juste quand la cours traite du recours de Martin Fayulu. Ce qui est étonnant est que ils disent même que la source qui a fuité les données de la CENI est proche de Fayulu; et ils ont comparé la source avec les résultats de la CENCO alors que la partialité de cette institution catholique est mise en doute suite à son agissement et à plusieurs incohérences.

    Voici ce qui est écrit partout: “ Les données, qui ont fuité vers le Financial Times, TV5 Monde et Radio France internationale (RFI), sont de deux origines différentes. Une partie, attribuée à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), par l’intermédiaire d’un lanceur d’alerte, montrerait que Martin Fayulu a obtenu 59,4 % des voix et concernerait 86 % des suffrages exprimés. L’autre partie émane de l’Église catholique et le donne gagnant à 62,8 % des voix, ceci sur 43 % des suffrages. Les médias concernés insistent sur la corrélation étroite entre ces résultats, mais ne cachent pas que les données présentées comme provenant de la Ceni sont aussi passées.”

    L’inquiétude Kongolaise est sérieuse aujourd’hui. Plus de 6 millions de morts, le pillage systématique des ressources naturelles, la grande souffrance du peuple Kongolais, le hold-up électoral contre Étienne Tshisekedi, un leader Kongolais consciencieux et éprouvé dans une lutte pour la justice n’avaient jamais amené cette presse à une telle attitude de combat. Beaucoup ont plutôt chanté Kagame comme un bon leader. Nous avons cherché l’aide de cette presse partout, nous sommes entrés dans tous leurs bureaux sans obtenir un tel engagement pour le peuple Kongolais.

    Peuple Kongolais, les signes ne trompent pas, ne les négligeons pas. Nous devons être prêt pour relever le défi car la présidence de Félix Tshisekedi aura beaucoup d’adversités et de défis. Ce matraquage médiatique augure de mauvais temps devant nous. Il n’est pas impossible de voir une guerre commencer demain au Kongo où les multinationales vont chercher à forcer le nouveau pouvoir à leur faire des concessions et des faveurs. Cette presse joue comme un instrument de propagande de la haute finance internationale.
    #NovusSpiritus!
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