La conversion de l’audience numérique en espèces sonnantes et trébuchantes reste l’interrogation du moment au sein des QG des médias africains.

Zio Moussa, Président de l’Observatoire ivoirien de la liberté de la presse, de l’éthique et de la déontologie (OLPED), ici en tenue traditionnelle, s’est distingué lors du séminaire Timonn par une rétrospective du secteur rare par la pertinence.

 

Le thème a réuni 18 organes de presse, les 19 et 20 juillet 2018 à Grand Bassam (Côte d’Ivoire). Ces 18 médias dont Financial Afrik, TV5, RFI, France 24 ou encore Fraternité Matin, ont en commun le fait d’être accessible sur l’application  Timonn disponible sur Android avec déjà plus de 10 000 téléchargements au compteur.

Lancé au courant de l’année 2017 pour permettre entre autres, le transfert de petits montants, la plateforme propose divers journaux en lecture à partir de 100 Franc CFA:  «Nous avons commencé par la Côte d’Ivoire et par quelques médias internationaux. Notre objectif est de proposer aux usagers plusieurs organes de presse de divers pays d’Afrique», explique Barthélémy Kouamé, directeur général de Reelcom, organisateur de l’événement.

Disponible dans la plateforme Orange Money Côte d’Ivoire et bientôt sur le réseau MTN Mobile, Timonn apporte une solution réelle aux médias africains, pourvu que ces derniers, habitués aux chevauchées solitaires, comprennent qu’à l’ère des Big data et des algorithmes de Google, c’est l’Union qui fait la force.

 

Barthélémy Kouamé, directeur général de Reelcom et du journal Acturoute, présentant l’application Timonn à une audience attentive.

 

En France, divers médias (M6, Les Échos) se sont réunis sur ce slogan qui résume l’époque: «l’Union fait les GAFA ».

La diversité des modèles économiques et des expériences à travers le monde ne permet pas de trancher sur la voie à suivre. Comme le rappelle Guillaume Danard de TV5 Monde, «l’on est encore dans le tâtonnement».

Le juste milieu se situerait quelque part entre le modèle atypique du Canard Enchaîné qui mise sur le tout kiosque et le pure player Mediapart, une plateforme à 100% payante comptant 140 000 abonnés ou encore le  Wall Street Journal. Ou placer le curseur du payant entre Les Échos qui proposent seulement 5 à 6 articles par jour et Le Monde dont la moitié des articles sont payants? 

Pour le moins, une fois cette question résolue, l’éditeur doit aussi faire le choix des outils qui donneront à son  site entre autres, une sécurité standard pour les transactions avec cartes bancaires et un temps de téléchargement rapide indispensable pour le référencement.

Dans l’ensemble, la stratégie à adopter pour la monétisation du site passe par les agences et la capacité à proposer divers formats de campagnes (ventes programmatiques par exemple) et des recommandations de contenu interne et externe, précise Claire Brochen de France Médias Monde (RFI et France 24).

 

« Monétiser ou périr »

Les médias de Côte d’Ivoire et d’Afrique ne semblent guère avoir le choix. «C’est soit monétiser, soit périr » lance derechef un monument de la presse locale, un «Nkrumahiste » qui se rappelle avec nostalgie du Fraternité Matin (quotidien gouvernemental) de la grande époque, qui tirait à plus de 400 000 exemplaires par jour. “Aujourd’hui, la presse quotidienne ivoirienne dans son ensemble tire 11 400 exemplaires par jour », constate Barthelemy Kouamé, citant des chiffres officiels.

 

Etienne Bédia de la délégation de MTN conduite par Dogad Dogui, sponsor officiel du séminaire (ici à gauche) et Luc Kpenou (à droite),  Manager-pays de GIM-UEMOA, ont, tous deux, invité les médias à explorer les possibilités offertes par les plateformes des opérateurs et les solutions monétiques. Comme qui dirait l’autre , la balle est dans le camp des journalistes.

 

Actuellement, poursuit M. Kouamé, les  ventes kiosques agrégés génèrent  un modeste 40 millions de FCFA de chiffre d’affaires pour une population de 24 millions d’habitants dont 17 millions d’abonnés sur internet.

Dans ce dernier chiffre, il faudra relever les 10 millions d’abonnés mobile et les 3 millions de détenteurs de comptes Facebook.

La planche du salut passe sans doute par le  développement à l’échelle régionale et internationale. En définitive le modèle économique idéal devra tenir compte des données ci-dessous.

L’équipe des participants au séminaire Timonn au grand complet.
Jean-Luc Lecosson, représentant Orange a rappellé la disponibilité de la plateforme Orange Money pour accompagner les médias dans leurs processus de transformation digital.





 


 

Quelques chiffres utiles entre 2010 et 2016

-Le monde compte 7,6 milliards d’habitants , en croissance de 1%

-3,7 milliards d’humains utilisent  internet, en croissance de 10%

-2,8 milliards communiquent via les médias sociaux, en croissance de 21%

-Les utilisateurs  mobiles uniques son 5 milliards, en hausse de  +5%

Les réseaux sociaux via mobile ont 2,6 milliards d’utilisateurs , en hausse 30%

On le voit, dans le monde, le futur est dans le mobile.

 

Quid de l’Afrique?

-2000 langues

-250 millions smartphones en 2016. 350 en 2050.

-58% de comptes mobile money dans le monde sont en Afrique.En 2015, les comptes mobile Money ont surpassé les comptes bancaires.

-Facebook comptait 20 millions d’utilisateurs au Nigeria et Kenya en 2016.

En 2016, Facebook et Google ont engrangés 9 milliards de dollars de revenus publicitaires contre 2,6 milliards pour le reste du monde .

De gauche à droite, Adama Wade (Financial Afrik), Claire Brochen (RFI et France 24) et Guillaume Danard  (TV5 Afrique) lors du panel introductif.

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