Le rapport sur le commerce en Afrique 2018 d’Afreximbank estime que l’AfCFTA sera bénéfique au commerce africain et aux investissements transfrontaliers

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Les économies africaines vont connaître une croissance de 4,1 pour cent en 2018, selon le Rapport sur le commerce en Afrique 2018 : Stimuler le commerce intra-africain : Implications de l’Accord sur la Zone de libre-échange continentale africaine, lancé par la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) le 11 juillet.

Le rapport a été annoncé par le Président sud-africain Cyril Ramaphosa, Amb. Albert M Muchanga, Commissaire du Commerce et de l’Industrie de la Commission de l’Union africaine, et Dr Benedict Oramah, Président d’Afreximbank, lors des Assemblées Générales Annuelles et la célébration du 25e anniversaire d’Afreximbank à Abuja.

Selon le rapport, la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA) créera des opportunités pour l’accès au marché intra-africain et augmentera de manière significative les flux commerciaux, compte tenu du fait que la suppression des barrières douanières et la réduction des coûts dans le cadre de l’AfCFTA devraient réduire les coûts de production et générer des économies d’échelle, stimulant la production intérieure et les investissements dans différents secteurs de l’économie, qui accroîtront la création de valeur ajoutée dans la production et la croissance des exportations dans de nombreux secteurs.

Les auteurs du rapport estiment que l’AfCFTA doit aller plus loin qu’une réduction de 100 pour cent des tarifs douaniers sur tous les produits, étant donné que les barrières non-tarifaires représentent également des contraintes majeures sur le marché intra-africain. Ces barrières non-tarifaires comprennent les normes, les procédures douanières, les obstacles techniques, les licences, les interdictions, les restrictions de distribution, les restrictions sur l’approvisionnement, les mesures liées à la concurrence et les règles d’origine. La suppression de ces barrières, qui ajoutent des coûts aux importations pour la production intérieure et les investissements, stimulerait la production intérieure et améliorerait l’intégration des produits d’exportation dans la chaîne de valeur.

Dr Benedict Oramah, Président d’Afreximbank, a précisé : « Le commerce intra-africain ne représente que 15 pour cent du commerce total de l’Afrique, alors qu’en Europe le chiffre atteint 67 pour cent. Nous avons besoin de développer l’industrialisation, d’accroître le commerce intra-africain, et de ne plus dépendre des matières premières, en créant davantage de valeur ajoutée et en diversifiant les exportations. L’Accord de la Zone de libre-échange continentale africaine et le Cinquième plan stratégique d’Afreximbank soulignent la nécessité de cette transformation structurelle des économies africaines ».

« Afreximbank s’engage à mettre fin à la dépendance des pays africains vis-à-vis des matières premières et nos programmes, notamment l’Initiative sur les matières premières en Afrique, contribuent à créer davantage de valeur ajoutée en soutenant les capacités de traitement et industrielles dans divers secteurs des produits de base », a-t-il ajouté.

Dr Hippolyte Fofack, économiste en chef à Afreximbank, a souligné : « L’AfCFTA doit mettre l’accent sur les politiques promouvant la diversification des exportations pour chaque État membre. En outre, il est important d’encourager la fabrication de biens utilisant davantage de technologie. Compte tenu de la moyenne actuelle de technologie et de compétences dans le commerce intra-africain, l’AfCFTA semble être bien positionné pour accroître le volume de produits manufacturés utilisant la technologie ».

D’après le rapport, plus de 80 pour cent du commerce en Afrique vient du reste du monde, tandis que la part du continent dans le commerce mondial demeure inférieure à trois pour cent, en partie à cause de la taille réduite de nombreuses économies africaines qui limite leur poids dans le monde.

Le rapport insiste en outre sur le fait que 16 des 55 pays africains n’ont pas d’accès à la mer et dépendent de leurs voisins pour le commerce extra-africain, en utilisant leurs ports. Mais le commerce entre les pays enclavés et leurs voisins est faible. La plupart des produits qui traversent les frontières proviennent d’autres continents ou y sont destinés. En revanche, le commerce dans l’Union européenne concerne principalement des biens manufacturés et le commerce intra-industriel est la forme dominante du commerce dans le marché commun. D’autre part, la plupart des pays d’Afrique sont membres d’au moins un bloc économique. Et pourtant, tout comme le commerce des pays africains enclavés, la plus grande partie des flux commerciaux semble être destinée à des partenaires hors du continent.

Plus de 100 intervenants, notamment des chefs d’État, des ministres, des gouverneurs de Banque centrale, des directeurs d’organisations du commerce internationales, des dirigeants d’entreprise, des experts du développement du commerce africain et international, ainsi que des chercheurs, se sont exprimés lors des quatre journées qu’ont durées les Assemblées.

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