Champion de la diversification horizontale, géographique et sectorielle,  Issad Rabrab est un industriel algérien  à la tête du groupe Cevital, l’un des  des conglomérats les plus puissants du continent africain. Pour ce visionnaire, à la tête d’un groupe comptant 26 filiales sur 3 continent, comptant 18 000 salariés et un chiffre d’affaires de 4 milliards de dollars par an,  le dessalement de l’eau est le prochain saint graâl.  Nous l’avons rencontré à Tunis en marge du Forum Economique Africain, tenu les 24 et 25 avril.

 


Votre groupe est dans plus de 15 métiers différents. Quels  sont les secteurs qui vous restent à prospecter ?


Nous  sommes pragmatiques dans les affaires. Nous considérons tous les secteurs de l’activité économique sont ouverts au groupe en dehors bien sûr des choses qui sont interdites par la déontologie. A savoir les armes, la drogue, le tabac  ou d’autres produits prohibés. Sinon, c’est au cas par cas que nous faisons des analyses de marchés. En ayant des opportunités, on est ouvert à tous les projets, au niveau national ou international. Après avoir fait un business plan et obtenu une idée claire sur la faisabilité et la rentabilité, on n’hésite pas de nous lancer dans n’importe quel projet dans le monde.



L’Algérie s’ouvre de plus en plus au marché africain. Que représente le volume de vos exportations vers le continent?


Nos  exportations sont diverses et couvrent  aussi bien l’Afrique que d’autres continents. En 2016, Brandt Algérie, une filiale de notre groupe, producteur et exportateur de produits électroménagers et électroniques, a été primée meilleur exportateur en Algérie. Nous exportons beaucoup de produits comme le sucre, l’huile, la margarine, la conserverie, le verre plat et d’autres produits. Mais notre objectif aux trois prochaines années serait d’amener la barre de nos exportations à 3 milliards d’euros par année dont 2 milliards viendront de l’électroménager.

 


Vous êtes en train de lancer  une nouvelle technique de dessalement présentée comme «révolutionnaire». De quoi s’agit-il ?


C’est un projet de grande envergure qui pourra répondre à la problématique de l’eau qui va se poser aux 20 prochaines années dans le monde. Actuellement,  dans les grandes places financières, toutes les transactions tournent autour des hydrocarbures et des matières premières. Durant les 15 ou 20 prochaines années, ces échanges se concentreront  autour de l’eau,  ressource vitale qui deviendra rare. Notre projet consiste en  la production de membranes et d’unités de dessalement de l’eau de mer et de production d’eau ultra pure pour les industries pharmaceutiques, agroalimentaires, des semi-conducteurs et pour le traitement des eaux de gaz et de pétrole de schiste. C’est un projet que nous comptons lancer cette année et qui pourra sauver toute l’humanité du déficit  hydrique prévu prochainement.

 


Les pays Africains ont signé dernièrement la convention pour la zone de libre-échange continental. Quelle appréciation faites-vous sur cette décision ?


J’apprécie fort ce désir de rapprocher les populations et  économies africaines. Cette convention permettra entre autre de booster les échanges commerciaux et de services entre différents pays du continent. Mais, il ne faudrait pas se limiter uniquement à  cet aspect. Comme vous le savez, l’Afrique accueillera d’ici 2035 plus de 450 millions de nouveaux nées. Donc  tous ses besoins vont s’accroître. Il faudra anticiper afin de satisfaire ces populations en termes de nourriture, d’infrastructures, de logements et d’autres besoins.  L’augmentation des  échanges entre nos pays passe avant tout par la mise en place de véritables infrastructures. Imaginez-vous, un conteneur exporté à partir de l’Algérie passe presque 45 jours pour arriver au port d’Abidjan. Par contre,  s’il y avait une ligne ferroviaire qui quitte n’importe quelle ville Algérienne, passant par le  Mali, il lui faudrait  juste 36 heures pour qu’il soit  en Côte d’Ivoire. Un conteneur exporté à partir d’un port Algérien passe au minimum 60 jours pour arriver en Centrafrique.

S’il  y avait une ligne ferroviaire quittant une ville Algérienne, passant par le Tchad, il lui faudra  juste, à ce conteneurs,  36 heures pour qu’il soit  en  Centrafrique. C’est pour vous dire que l’Afrique doit développer les infrastructures routières et ferroviaires afin réellement de pouvoir rapprocher les pays et booster leurs flux commerciaux.

Vous êtes un groupe bâti sur une belle histoire, un parcours riche et diversifié. Quelle leçon donnerez-vous aujourd’hui aux jeunes entrepreneurs Africains ?

Aux  jeunes entrepreneurs, je dirai que pour réussir dans tout projet, il faut beaucoup de courage et de persévérance. Ils doivent en aucun cas être découragés devant certains défis. La  réussite vient souvent de l’échec.  Aux jeunes entrepreneurs, je dirai qu’il faut beaucoup investir dans l’économie humaine et le savoir car toute économie peut tarir un jour mais le savoir restera à vie. Le secret de la réussite est un mariage entre la passion, le temps, l’analyse des données et la prise de risque mesurée avec, bien sûr, un peu de change.


Propos recueillis par Dia El Haj Ibraima

 

1 COMMENTAIRE

  1. Bonjour, sur le papier c’est beau et appétant. Sur le terrain (bureau d’études et réalisations) c’est autres autres choses. Vendre c’est une chose, créer, innover, réaliser, installer, entretenir, et obtenir des résultats c’est encore autres choses. SE lancer dans la fabrication des membranes pour l’osmos-inverse est une tâche complexe qui n’ecéssite de l’expertise et haute technologie. Mais le plus difficile a fournir c’est l’énergie électrique couteuse dont elle est gourmande qui lui fera défaut. Comme les ferraries elles resteront uniquement chez les collectionnaires riches. Ce n’est pas l’eau qui est rare, c’est l’eau potable qui fait défaut; et là rendre potable, l’homme a besoin de beaucoup d’énergie fossile et/ou renouvellable a disposition. Et pas couteuse.

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