Rencontre avec Jean-Marie Koné, PDG de Technopole Holding et Président du Forum Ivoirien des Chefs d’Entreprises

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Jean-Marie Koné: "les gouvernements doivent aider les PME à accéder au financement".

« Notre mission est de rendre les entreprises privées ivoiriennes  plus compétitives »

PDG de Technopole Holding et président du Forum des Entreprises de Côte d’Ivoire, Jean-Marie Koné est l’incarnation de la génération émergente des hommes d’affaires en Afrique. Son groupe intervient dans les énergies renouvelables, le BTP, l’industrie et  les technologies de l’information. Conscient que seule l’union fait la force, le jeune entrepreneur fait partie du groupe qui a  lancé en 2016 le  Forum des Chefs d’Entreprises de Côte-d’Ivoire (FCE-CI). Nous l’avons rencontré à Tunis. Entretien.

Vous êtes à la tête du Forum ivoirien des chefs d’entreprises. Quelle est la mission de cet organe et combien d’entreprises compte-t-il aujourd’hui ?

Le Forum Ivoirien des Chefs d’Entreprises  est une organisation patronale complémentariste qui compte aujourd’hui plus de 700 entreprises. Sa mission est de rendre les entreprises ivoiriennes plus compétitives et de les assister dans leur business et leur plan de développement. Nous nous appuyons sur les problèmes réels auxquels ces entreprises sont confrontées.
Ensuite, une fois que les problèmes sont identifiés, nous apportons ou proposons des solutions qui, par la suite, seront soumises et transférées à l’organisation qui travaille avec toutes les instances nationales. C’est pour vous dire que le forum joue ce rôle fédérateur qui permet à toutes les entreprises qui y sont affiliées de converger dans le même sens.
Les pays Africains ont signé dernièrement l’accord sur la zone de libre échange continentale. Jusqu’à quel niveau les entreprises ivoiriennes pourront-elles en tirer profit ?
Nous avons accueilli la nouvelle avec satisfaction. De passage, je profite en mon nom et au nom du forum,  pour féliciter les chefs d’Etat Africains signataires. Nous sommes certains que cette convention permettra de rapprocher nos économies. Elle contribuera à densifier les flux des investissements et des échanges commerciaux entre les pays Africains.
Nous sommes certains aussi qu’elle permettra à ces pays de se partager beaucoup plus leurs expériences et leurs savoir-faire. Partout dans le monde où aujourd’hui les Etats sont fédérés, il a fallu avant tout passer par des accords similaires. Donc l’Afrique a bien fait de signer cette convention de libre échange continental et elle ne pourra qu’être bénéfique pour les secteurs public et privé du continent.
L’Afrique attire de grands investisseurs étrangers mais souffre encore d’une mauvaise image? Qu’en est-il de la Côte d’Ivoire?  
Vous savez, le continent Africain dans sa globalité  regorge de potentialités diversifiées mais malheureusement, ces ressources sont mal exploitées jusqu’ ici.  En ce qui concerne la Côte d’Ivoire, le gouvernement est entrain de faire des efforts aussi bien pour attirer les investisseurs étrangers que pour soutenir  le secteur privé local. D’où la création, en 2012, d’un guichet unique afin de réduire le circuit procédural de la création d’entreprises. Donc, ces efforts à mon avis sont à encourager. Il faut aussi signaler que ces efforts ont porté fruit car aujourd’hui la Côte d’Ivoire est classée dans le Top 10 Africain des pays les plus attractifs en termes de climat des affaires  et de la performance économique. C’est pour vous dire que le pays est en pleine expansion.
Vous êtes en Tunisie depuis quelques semaines en voyage de prospection. Quels sont les secteurs prioritaires qui pourront faire l’objet d’investissements croisés entre promoteurs ivoiriens et Tunisiens ?
Notre objectif durant cette mission s’est de voir avec nos partenaires Tunisiens les secteurs dans lesquels, nous pouvons développer ensemble le business. L’expérience Tunisienne dans le domaine de la santé, de l’éducation, de l’industrie, du  BTP et de la formation est à saluer. Elle est exportable et compatible avec notre économie qui, aujourd’hui, est en pleine croissance. Cette mission est pour moi une occasion d’échanger avec les acteurs Tunisiens sur la possibilité de travailler ensemble. Je pense que la Côte d’Ivoire et la Tunisie ont une histoire pareille. La Côte d’ivoire a traversé une longue crise politique et  la Tunisie aujourd’hui traverse la même crise. Mais, la Côte d’ivoire s’est parfaitement remise et songe même dans les années à venir de devenir un pays émergent. Je pense que la Tunisie est aussi capable de se remettre vite car elle possède des ressources humaines capables de redresser son économie. Nous comptons organiser une grande mission  économique au mois de mai en Tunisie où plus de 25 entreprises ivoiriennes du secteur privé prendront rendez-vous pour voir avec les promoteurs locaux les secteurs prioritaires à développer.
En tant que promoteur privé africain, quelles sont d’après vous les difficultés rencontrées par le secteur privé pour financer ses projets?
Le secteur privé Africain souffre énormément. Nous avons des banques où l’accès au financement est presque impossible. Je profite pour lancer un appel aux autorités dans ce sens afin de permettre aux PME de bénéficier de financements. Aujourd’hui, le tissu économique Africain est prédominé par des PME et je pense que ces dernières ont un rôle important à jouer dans le développement économique du continent. Il faudra innover avec des schémas de financement adaptés et accessibles. La  transformation économique de l’Afrique passe obligatoirement par le secteur privé. Certes, la plupart des pays africains commencent à promouvoir la politique du partenariat public privé. Cette formule pourra  aider l’Afrique à sortir de son manque de projets structurants de grandes infrastructures, d’ouvrages énergétiques ou de logements.
Comme tout homme de réseau, avez-vous des ambitions politiques ?
Ma priorité est économique et je laisse la politique aux politiciens pour le moment.

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