Côte d’Ivoire: Des producteurs de cajou entre fermeté et inquiétude pour la campagne 2018

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                              Coulibaly Salif, Directeur Général de la FENAPACI

Peuvent-ils à eux seuls constituer 60% de la chaîne des valeurs de la filière cajou et, en même temps, souffrir du défaut de représentativité pour la mise en place d’une Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) dans le secteur ? La FENAPACI [Fédération nationale des producteurs d’anacarde de Côte d’Ivoire] répond « non ». Pour cette structure qui revendique 28 unions de sociétés coopératives et 352 sociétés coopératives, il est temps que les acteurs eux-mêmes prennent le contrôle de la filière en créant l’interprofession attendue depuis la disparition de l’INTERCAJOU en 2011. Ils ont appelé cela « prendre son destin en main ».

Date butoir

À Yamoussoukro où ses administrateurs se sont réunis samedi 7 avril, la FENAPACI se donne 2 semaines pour asseoir l’OIA. Le délégué de la Marahoué, Dagou Crépin, n’est pas allé du dos de la cuillère pour l’annoncer. « Il est utile de mettre en place l’organisation interprofessionnelle. Ce, dans les 2 semaines à venir. Qu’on ne nous parle plus de représentativité ! », a-t-il martelé devant de nombreux producteurs et autres délégués de la FENAPACI venus des régions de la Bagoué, Hambol, et Gontougo.

L’injonction du PCA de l’Association nationale des producteurs de cajou (ANAPROCAJOU) prend le contre-pied d’une étude diligentée par le Conseil du coton et de l’anacarde (CCA). Confiée à un cabinet, l’enquête a conclu qu’aucune organisation professionnelle agricole prise individuellement ne remplit les critères de représentativité prévus par les textes. À savoir sa capacité à fournir 15% de la production nationale de noix de cajou et regrouper 37.500 producteurs.

Menace sur la traite 2018 ?

Par ailleurs, les dirigeants de la FENAPACI se disent inquiets de la campagne de commercialisation en cours. Leur vœu de voir les prix d’achat grimpés à leurs niveaux de 2017 et 2016 où ils ont frôlé les 1.000 francs CFA semble compromis. En cause, selon eux, les taxes et autres prélèvements imposés par le CCA. Notamment un DUS [Droit unique de sortie] de 10 francs CFA et une rétention de 15% sur les achats de noix brutes de cajou prêtes à l’exportation. Les noix retenues sont réservées aux industries locales de la transformation.

Taxes applicables sur le kg de noix de cajou au titre de la commercialisation 2018 en Côte dIvoire

Cette dernière disposition rend frileux les exportateurs. Qui, d’après le président de la FENAPACI, Bamba Adama, hésitent à acheter les produits. Ils auraient peur que leurs noix soient confisquées dans les ports. Conséquence : les sacs d’anacarde s’entassent dans les magasins. Faute d’acheteurs. La situation fait craindre une dégradation de la qualité des noix longtemps stockées et son incidence sur le prix d’achat aux producteurs.

OSSÈNE OUATTARA   

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