Zone de libre-échange continental : la douche froide nigériane

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Le  Sommet Extraordinaire de l’Union Africaine du 21 mars 2018  à Kigali accueillera plus de 26 Chefs d’Etat africains dont six Chefs de Gouvernement et Premiers Ministres, a fait savoir la ministre rwandaise des  Affaires Etrangères, Louise Mushikiwabo.
«Indubitablement, il faut beaucoup de signatures pour que le Marché Commun Africain voie le jour», a déclaré madame Mushikiwabo.

La ZLEC devra au préalable contourner certains obstacles. Il y a le cas des pays d’Afrique du Nord et de l’Afrique du Sud, qui ont  des accords commerciaux contraignants avec d’autres pays africains. Certains pays ont des procédures juridiques internes particulières et éprouvent quelques hésitations à signer. Est-ce le cas du Nigeria dont le président, Muhammadu Buhari, a publié un communiqué, dimanche, annonçant qu’il ne sera pas à Kigali?

«Certaines parties nigérianes disent n’avoir pas été consultées», annonce le communiqué en substance. Pourtant le Conseil exécutif fédéral (FEC) du Nigeria a autorisé le gouvernement à signer l’accord-cadre portant sur l’établissement de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC), selon  le ministre nigérian de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement, Okechukwu Enelamah.

Le recul du gouvernement nigérian  viendrait des remarques de l’un des plus grands syndicats du pays, le Nigeria Labour Congress (NLC), qui a fait état de ses craintes quant à une ouverture du marché dans le pays et a demandé à être davantage impliqué dans les négociations.

Nous sommes choqués par le manque de consultation dans ce processus”, a déclaré cette semaine Ayuba Wabba, secrétaire général du NLC. “Nous demandons à M. le président de ne pas signer le traité à Kigali, ni nulle part ailleurs”, avait-il ajouté.
Ce traité vise à intégrer les 54 pays africains dans une zone de libre-échange commercial, et doit regrouper à terme les zones régionales commerciales (Communauté de développement de l’Afrique australe -SADC-, Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest -CEDEAO-,…).

En dépit de la position du Nigeria, première économie africaine, la dynamique reste en faveur de l’établissement de la ZLEC.  «Le Marché Commun est irréversible», déclarait la ministre rwandaise. Mais c’était avant l’annonce du Nigeria.

En prélude au sommet, les réunions techniques se sont multipliées. Récemment, Kigali a accueilli 44 ministres africains du commerce. Leurs homologues  de la Justice devront suivre et donner leurs avis avant le sommet décisif du 21 mars.

 

André Gakwayaka, Kigali

 

 

1 COMMENTAIRE

  1. Ce syndicaliste est un démon pour vouloir freiner le développement de notre continent.
    On verra ce que les autres présidents feront et diront.

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