“L’UEMOA a réalisé la plus forte croissance africaine sur ces cinq dernières années”

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Dans cet entretien, Dr Edward George, directeur d’Ecobank Research et sa collègue, Gaimin Nonyane, spécialiste des monnaies (voir photo),    dressent  les perspectives des économies africaines, plus que jamais dépendantes des cours des matières premières. Contrairement aux idées reçues, l’Afrique francophone,  tire son épingle du jeu par rapport à la partie anglophone…Une tendance de fond qu’illustre la zone UEMOA.

 

Quelles sont les perspectives générales des économies de l’Afrique, de l’Afrique francophone en particulier ?

 

 

En général, en Afrique, nous avons passé une année 2017 difficile avec la baisse des cours de matières premières. L’amélioration des prix des matières premières devrait entraîner une reprise de la croissance, mais elle restera inférieure à la moyenne de 5% par an au cours de la décennie précédente. Pour l’Afrique Subsaharienne, le FMI a révisé son taux de croissance à 3,4% en 2018 en raison d’une reprise plus faible que prévu en Afrique du Sud.

 

L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) présente le taux de croissance le plus élevé par rapport au reste de , soit 6,5% sur les cinq dernières années. Nous relevons toutefois un léger ralentissement pour cette sous-région. A titre d’illustration, la Côte d’Ivoire a vu son taux de croissance se réduire, passant de 8,8% à 7,6% entre 2016 et 2017 sous le coup d’une baisse de 30% des cours de cacao. La croissance de la première économie de l’UEMOA sera de 6,5% en 2018. Le Sénégal devrait pour sa part voir son taux s’infléchir pour passer de 6,7 à 6,3% en 2018.

 

 

Quelles sont les caractéristiques de cette croissance de l’UEMOA ?

 

Fait important à souligner, la zone présente une croissance diversifiée tirée par les secteurs du BTP et des services. C’est une zone stable et performante qui tire sa force de la même monnaie et d’une harmonisation de la règle du droit (OHADA). A cela s’ajoute la plus value apportée par les hubs commerciaux que sont Dakar, Abidjan, Cotonou et Lomé.

 

Quid des autres zones non CFA de l’Afrique de l’Ouest ?

 

Les perspectives sont positives pour le Ghana, qui devrait enregistrer une évolution de croissance de 6,5 à 6,8%, portée par la reprise des cours de pétrole et l’augmentation de la production. Le baril évoluant sur une moyenne de 60 dollars arrange les pays producteurs. Tout comme le Ghana, le Nigeria évolue sur une tendance positive. La croissance de 0,8% l’année dernière doit être suivie de 1,8% en 2018, et peut-être plus haut.

 

 

Quid des prévisions la zone de la Communauté économique de l’Afrique Centrale ?

 

La zone CEMAC reste trop dépendante du pétrole avec une faible diversification de la structure des échanges. La reprise des cours des matières premières est plutôt une bonne nouvelle pour la plupart des pays de la zone.

 

Les cours du cacao et des soft commodities ne vont-ils pas freiner la croissance des pays africains ?

En termes de matières premières, plusieurs tendances sont à relever : le blé et le maïs vont voir leurs cours augmenter avec, à terme, des difficultés pour les pays importateurs. Les cours des denrées comme le coton, le café et l’huile de palme resteront stables. Les cours du cacao et du sucre, qui ont baissé l’année dernière, présentent des perspectives stables. La production de ces deux produits devrait rester au même niveau.

 

 

 

Encadré:

Evolution contrastée des monnaies africaines

 

 

Un tableau du département Recherche d’Ecobank qui donne une situation contrastée des principales monnaies de l’Afrique Subsaharienne.

 

Spécialiste des monnaies, Gaimin Nonyane qui travaille au département d’Ecobank Research relève que les devises d’Afrique subsaharienne se sont stabilisées en 2017, après avoir diminué de 40% au cours des deux années précédentesCela reflète la dépréciation du dollar en 2017 (-12%) qui a soutenu les hausses des parités EUR (XOF ) et de meilleurs prix des matières premières qui ont dopé les soldes des comptes courants.

 

Mais, comme le montre ce tableau (datant du 19 février ), il y a un effet de contraste entre les différentes monnaies africaines. «Le Franc CFA a gagné 7% sur le dollar depuis le début de l’année là où des monnaies d’autres pays africains trop dépendants des matières premières continuent de baisser. Le Kwanza angolais a perdu 20% traduisant des tensions sur les réserves du pays. Le naira est plutôt stable. Idem pour le cédi ghanéen. ». Ces différentes tendances sont analysés au jour le jour dans le site web d’Ecobank Research, qui couvre 41 marchés.

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