Au Bénin, les perspectives à moyen terme restent favorables, avec une croissance économique élevée et une inflation basse dont la réalisation serait facilitée, d’une part, par la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement (PAG) qui vise à faire passer le taux d’investissement de 18,8 du PIB en 2016 à 34% en moyenne pour les 5 années. Annonce faite par une mission du FMI ayant séjourné à Cotonou du 13 au 27 septembre 2017.
En effet, selon Norbert Toé, chef de mission pour le Bénin, l’économie a résisté aux répercussions négatives d’un environnement extérieur difficile et a connu une croissance de 4 % en 2016, avec une accélération attendue en 2017. « La croissance économique a été portée par une production agricole vigoureuse, une hausse de l’investissement public et un secteur tertiaire dynamique », explique-t-il.
Par ailleurs, le FMI note une inflation restée négative de 2016 à la fin d’août 2017, mais prévoit en moyenne, un taux de 0,6 % l’année en cours. Le déficit budgétaire se situe à 6 % du PIB en 2016, contre 8% en 2015, avec une prévision d’environ 2 % du PIB en 2019, « bien en deçà du critère de convergence de 3 % du PIB de l’UEMOA ».
Toutefois, plusieurs défis restent à relever. L’institution cite notamment la priorisation des dépenses publiques favorisant une croissance inclusive et une réduction de la pauvreté, l’accélération des réformes des administrations de l’impôt et des douanes pour mobiliser davantage de ressources intérieures, l’accroissement de l’efficience de l’investissement public pour maintenir la croissance attendue à moyen terme, et le renforcement de la gestion de la dette publique pour en préserver la viabilité.

Dépendance
Selon le fonds monétaire, le Bénin doit ces positives prévisions, d’autre part, au redressement de l’économie nigériane dont le pays reste fort dépendant. Dans un récent rapport, l’institution avait révélé qu’une réduction d’un point du taux de croissance du PIB de la première économie d’Afrique, entraine une baisse de 0,3 point du taux de croissance béninois.
En effet, face à une économie qui tire 20% de son PIB du commerce informel, le Nigéria dicte toute sa loi, interdisant certaines importations, tout en imposant des droits de douane élevés sur un large éventail de produits, « ce qui donne lieu à des opérations d’arbitrage » d’après l’institution basée à Washington. Les recettes publiques tirées par le Bénin du commerce informel représentent encore 14% de l’ensemble des ressources fiscales.
En outre, trois banques béninoises sont majoritairement détenues par des groupes d’intérêt nigérians, et détiennent environ 15 % de l’ensemble des dépôts. Le portefeuille des banques est fortement concentré sur les activités commerciales, elles-mêmes encore tributaires des performances du Nigéria, note le FMI.

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