Or noirLa semaine a été riche en nouveaux indicateurs. Malheureusement, peu d’entre eux ont été bons. La semaine a commencé de la pire des manières pour les Européens, avec la publication de l’indice PMI européen mesurant l’activité manufacturière, en baisse à 46,8 (50 marquant la fin de la contraction de l’activité) contre 47,9 en février.

 

Les cours des métaux ont chuté pour l’occasion, emportant avec eux ceux des minières. Mardi, c’est la réunion sur la politique monétaire de la BCE qui a déçu. Aucune grande direction ne s’est imposée. Surtout, Mario Draghi a rappelé les mauvaises perspectives des économies européennes, bien que la BCE ait répété qu’elle était prête à agir en cas de crise grave .

Deux jours après, c’était au tour des Etats-Unis de rentrer en piste, avec la publication des chiffres des demandes d’allocations chômage. Ils sont ressortis en hausse, alors que les marchés s’attendaient à une baisse. Les indices, notamment le Dow Jones, sont partis en légère baisse. Après avoir regagné une partie du terrain perdu, ils ont à nouveau accusé le coup vendredi avec la publication de mauvais chiffres du chômage américain. Les créations d’emploi ont été divisées par trois en mars, comparé aux chiffres du mois précédent.

Au final, l’Europe confirme qu’elle est un motif d’inquiétude constante, et que la publication de mauvais indicateurs chez ses partenaires peut rapidement la faire plonger dans la récession. S’il fallait le prouver, les mauvais chiffres du secteur des services pour mars publiés cette semaine sont venus l’assurer. Le FTSE Eurofirst 300 est d’ailleurs sur une tendance baissière depuis mi-mars, affichant une perte de 3%.

L’or noir ne résiste plus
L’annonce vendredi des mauvais chiffres de la création d’emplois a fini de peser sur le WTI, le pétrole à New York, qui est revenu vers les 93$. Déjà mercredi, les cours perdaient plus de 3$, soit leur plus fort repli en 5 mois, après l’annonce d’une nouvelle hausse des stocks de brut. Comme l’explique Andrey Kryuchenkov, de VTB Capital, « les prix du pétrole ont essuyé un coup de semonce mercredi, après des chiffres sur les stocks (de brut) aux Etats-Unis qui ont provoqué une intensification des inquiétudes déjà vives sur la demande énergétique américaine ».

Le ralentissement du marché européen s’est également reflété sur les prix du Brent (le pétrole européen) qui est tombé à son niveau le plus bas cette année, près des 105$ le baril. Pour Mark Thomas, à la tête du marché européen de l’énergie chez le courtier Marex Spectron, « on assiste même à des liquidations de positions sur le marché après que d’importants supports techniques ont été cassés ». Il faut toutefois noter que le recul du Brent est également le résultat du renchérissement du dollar.

Le cuivre retrouve ses plus bas depuis 8 mois
Tous les métaux affichent des reculs de plus de 2% cette semaine. Si ce n’est pas la baisse la plus forte, il faut souligner que le cuivre a retrouvé des niveaux au plus bas depuis 8 mois. Et les perspectives ne sont pas bonnes, « son cours restant sous forte pression » pour Nick Dace-Lace, du courtier CMC Markets. En effet, la hausse des stocks en Chine et la forte production vont laisser le marché en situation de surproduction.

A moyen terme toutefois, la demande chinoise devrait permettre de faire dégonfler ces stocks. La banque Barclays table sur un rebond du cuivre de 10% au deuxième trimestre, avec la poursuite des achats asiatiques.

L’or hésite à descendre plus bas
L’once d’or a d’abord été victime du renchérissement du dollar sur la semaine. Notamment, la décision de la Banque centrale du Japon de faire tourner la planche à billets a affaibli le yen contre le dollar, rendant l’once d’or, cotée en dollar, moins attractive. Ensuite, les perspectives de dégradation de l’activité ont également fait baisser l’or. Pour Andrey Kryuchenkov, analyste de VTB Capital, « un renforcement du dollar (jusqu’à jeudi) et un mouvement de vente massif sur l’ensemble des matières premières ont pesé sur l’or. Le métal jaune se comporte désormais comme n’importe quel actif à risque ». C’est peut-être ce qui explique qu’une banque comme la Société Générale voit l’once d’or descendre vers les 1 375$.

Pourtant il n’est pas sûr que l’or ne s’arrête pas à ses niveaux actuels. Les mauvaises données sur l’emploi US publiées vendredi dernier ont confirmé indirectement la poursuite de la politique accommodante de la Fed.

A côté de l’or, les platinoïdes ont lourdement chuté, sur fond de dégradation de la reprise économique. Toutefois il faut noter que si le platine a touché un plus bas depuis 8 mois, les constructeurs automobiles US ont affiché des hausses de leur vente sur un an avec +6%.
[NDLR : Pour profiter de la tendance haussière du marché des platinoïdes,Matières à Profits suit pour vous une des premières minières exposées au cours de ces métaux. Le repli actuel des cours du palladium et du platine ont fait reculer les cours de cette minière, vous offrant une opportunité rare de rentrer sur le titre. A terme, la demande de platinoïdes est assurée de repartir à la hausse, tirée par la demande automobile en Asie.]

La grippe aviaire finit d’enfoncer le soja
Les marchés du maïs et du soja n’en finissent pas de souffrir du rapport surprise de l’USDA il y a deux semaines, qui a annoncé une hausse surprise des stocks et des emblavements. Comme le rappelle Dewey Strickler, de AGwatch Market Advisors, « ce fut une semaine vraiment moche, terrible pour les produits agricoles, et tout vient de ce rapport ». Cette semaine, la chute du soja s’est accélérée, alors que les marchés anticipent une réduction de la demande chinoise due à la grippe aviaire. Les éleveurs suspendent leurs achats destinés à l’alimentation de leur bétail, par précaution. Comme le note Mike Zuzolo, de Global Commodity Analytics & Consulting, « au fur et à mesure que les nouvelles arrivent et que le problème prend de l’ampleur, le marché accélère son repli ».

Seul le blé s’en sort cette semaine, les marchés profitant de la chute des prix pour rentrer à nouveaux à la hausse. Les chiffres de l’USDA étaient il est vrai moins favorables pour la récolte de blé.

Synthèse de l’évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours

Cours à
3 mois
Vendredi
29 mars
2013
Vendredi
05 avril
2013
Variation
hebdomadaire

En $

En $

En %

 Aluminium 1 919 1 874,50 -2,32%
 Cuivre* 7 613 7 412 -2,64%
 Plomb* 2 114,50 2 068 -2,20%
 Nickel* 16 695 16 000 -4,16%
 Etain 23 185 22 730 -1,96%
 Zinc* 1 898 1 881 -0,90%
Pétrole light
(New York 1 mois)
96,65 93,37 -3,39%
 Or (spot Comex) 1 598,60 1 578 -1,29%
 Argent spot Comex) 27,91 27,26 -2,33%
 Platine (spot Comex) 1 588 1 537 -3,21%
 Palladium (spot Comex) 773 731 -5,43%
Blé
(le boisseau sur le Cbot)
6,69 7,026 5,02%
Maïs
(le boisseau sur le Cbot)
6,43 6,35 -1,24%
Soja
(le boisseau sur le Cbot)
13,94 13,73 -1,51%

* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois

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Florent Detroy, Rédacteur de Matiéres à Profits

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