Cameroun : le port de Douala en butte à une congestion des marchandises

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Le directeur d'exploitation démissionnaire de la RTC, le Tunisien Nabil Youssef, a jeté l'éponge.

La fluidité reconnue dans le traitement des marchandises au port de Douala sous le magistère du consortium franco-danois Bolloré-Maersk à travers Douala international terminal (DIT) est rudement mise à l’épreuve  ces derniers temps d’après des témoignages concordants des usagers de cette plateforme portuaire.

Un mois après la reprise de cette activité par la Régie du terminal à conteneurs (RTC) créée  par le Port autonome de Douala (PAD) en lieu et place de DIT qui en assurait l’exploitation depuis quinze ans et dont l’expertise a permis au port de Douala de se positionner parmi les ports les plus compétitifs d’Afrique de l’Ouest et du Centre, l’activité tourne désormais au ralenti, faisant naître des signes d’engorgement.

Selon des opérateurs portuaires, là où il fallait trois jours à DIT pour le traitement des navires, il en faut dix actuellement pour la RTC. Il n’en fallait pas davantage pour que certains viennent à conclure que «la RTC n’est pas outillée pour assurer la gestion du terminal à conteneurs» d’autant que ce qui se passe sur le terrain est le résultat de l’impréparation et de la précipitation qui ont guidé sa mise en place.

Conséquence, en ce début du mois de février, ce sont dix navires en attente de traitement qui sont accostés sur la bouée de base, «contre deux navires en moyenne à l’époque de DIT», se remémore un consignataire qui regrette au passage la prééminence « des intérêts inavoués qui semblent malheureusement avoir pris le dessus sur les réalités économiques ».

L’une des conséquences des difficultés de la RTC à assurer avec efficacité la gestion du terminal à conteneurs au Port de Douala, c’est la démission la semaine dernière du directeur de l’exploitation, le Tunisien Nabil Youssef, qui, après quelques jours de bail « a préféré rendre son tablier convaincu de l’incapacité de la RTC à être à la hauteur des attentes ».

Pour de nombreux opérateurs qui avaient confiance au PAD, l’heure est au déchantement. Et pour cause, « après avoir fait annoncer dans des médias que la RTC réaliserait un chiffre de plus de 10 milliards de FCFA par mois, les dirigeants du PAD se sont rétractés pour annoncer un chiffre de 3,5 milliards de FCFA, alors qu’en réalité, ce chiffre est en deçà de 2 milliards de FCFA », a renseigné une source proche du dossier.

Des chiffres expressément grossis, par des dirigeants du PAD « engagés dans une campagne de communication » dont l’objectif est de montrer la capacité de la RTC à relever le défi, qui sont en réalité inférieurs au résultat de DIT dont les recettes mensuelles en janvier 2019 par exemple tournaient autour de 4,2 milliards de FCFA.

Selon des sources, la fin mouvementée de la concession du terminal à conteneurs est porteuse de graves conséquences pour le personnel de DIT, qui a bénéficié  pendant quinze ans, d’une « politique des ressources humaines volontariste et respectueuse ». Outre la « spoliation » de ses actifs par le PAD,  le personnel de DIT a été réquisitionné par l’autorité portuaire envenimant les négociations avec le Ministère du Travail.

Des réquisitions par voie d’huissier, ont été servies au personnel de DIT dans la foulée, à la diligence du PAD, Autorité concédante. Ce qui a pour effet le maintien des liens contractuels entre le personnel réquisitionné et la société Douala International Terminal. DIT a saisi les juridictions pour solliciter l’annulation de la décision du Directeur général du Port de Douala relative à la spoliation de ses actifs.

Une situation embarrassante pour DIT qui risque de sacrifier l’avenir de collaborateurs expérimentés ayant bénéficié depuis 2005 d’une politique de ressources humaines  exemplaires pour l’épanouissement de 440 emplois directs, 1360 indirects et 1 542 induits.

Pour des observateurs, au regard de la place importante que joue le port de Douala dans l’économie camerounaise et de la sous-région d’Afrique centrale, on l’occurrence, la Centrafrique et le Tchad deux pays d’hinterland dont plus de 80% du volume de marchandises transitent par le Cameroun, il est grand temps que les plus haute autorités de l’Etat prennent une décision définitive au sujet du terminal à conteneurs en tenant compte de sa rentabilité et de sa compétitivité.

1 COMMENTAIRE

  1. Meme si le PAD perd de l’argent, le plus important est que Bolloré soit parti. Mbog Pibasso, excuse nous mais ne peux-tu pas comprendre que nous ne voulons plus de Bolloré?
    Il a tué des centaines de nos compatriotes dans la catastrophe d’Eseka; il a échappé à la justice pour les traitements inhumains infligés aux ouvriers de la Socapalm. Il a meme réussi le tour de force de prendre le Terminal à conteneurs de Kribi.
    Qu’il parte!!! Qu’il parte!!
    Mbog, Prends ton argent et laisse nous tranquille.

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