La Côte d’Ivoire enregistre la mise en exploitation de sa toute première mine de nickel après plus de 30 ans d’attente. « C’est un jour spécial pour le secteur minier ivoirien » s’est exclamé le ministre ivoirien de l’Industrie et des Mines, Jean-Claude Brou ce jeudi à la faveur de la signature d’une convention minière liant l’Etat ivoirien à la CMB, la compagnie minière du Bafing, filiale de la multinationale grecque IC Nickel.

La convention porte sur les gisements de nickel de Sipilou comptant un ensemble de sites situés dans le grand ouest ivoirien (départements de Biankouma et Touba), d’un potentiel global d’environ 300 millions de tonnes de minerai, en attente d’exploitation depuis … 1980. Après plusieurs cessions, c’est finalement le groupe grec qui a repris le filon suite au retrait du géant suisse Glencore il y a deux ans, en août 2015, qui en a lui-même hérité après le rachat de son compatriote Xstrata en 2012.

 

Plus de 200 milliards FCFA d’investissement

IC Nickel va investir 130 milliards FCFA, soit environ 198 millions d’euros, pour exploiter le périmètre de gisements de Foungbesso, Moyango et Viala (FMV) dont les réserves sont estimées à 60 millions de tonnes de minerai avec une teneur en nickel évaluée à 1,84%. Le tout pour une durée d’exploitation de 20 à 25 ans et 500 emplois permanents.

Dans une première phase, ce sont 1 million de tonnes de minerais qui seront extraits annuellement, un niveau qui sera porté à 2 millions de tonnes par la suite. La matière brute sera exportée via le port de San Pédro, dans le sud-ouest ivoirien sur environ 450 km.

Dans une seconde phase de développement, d’ici 5 années, la CMB va installer une « usine de frittage du minerai de nickel », pour un coût maximal 90 milliards FCFA, soit 137,2 millions d’euros. L’infrastructure permettra, par un traitement thermique, d’obtenir un minerai déshydraté dont la valeur marchande sera « trois fois plus élevée que celle du minerai brut de la première phase » s’est félicité Jean-Claude Brou, avec à la clef 200 emplois additionnels plus qualifiés (ingénieurs, métallurgistes, etc.) dans les domaines miniers et industriels.

Le géant suisse Glencore avait argué de la chute des cours du nickel, passé de 18 000 dollars la tonne de métal en juillet 2014 à moins de 11 000 dollars au moment de la cession pour justifier son départ de la Côte d’Ivoire. Mais avec des cours mondiaux qui se maintiennent entre 9 000 à 9 500 dollars la tonne de métal, IC Nickel assure pouvoir garantir la rentabilité de son investissement, a confié à Financial Afrik, Apostolos Peppas, le directeur général de CMB, la filiale ivoirienne.

 

RSE

En plus de ces retombées fiscales et des emplois, les populations riveraines des sites d’exploitation bénéficieront d’un fonds de développement communautaire, un fond alimenté par la CMB qui mettra à disposition 0,05% de son chiffre d’affaires, conformément aux dispositions du code minier ivoirien. En outre, un fonds séquestre sera mis en place en vue de la prise en charge des impacts environnementaux des activités de la mine.

A travers la convention minière signée ce jeudi, l’Etat ivoirien garantit à la CMB une stabilité fiscale pendant la durée de vie de l’exploitation.

La CMB ouvre ainsi une fenêtre sur les richesses du sous-sol de l’ouest ivoirien frontalière à la Guinée. La zone regorge entre autre de réserves prouvées de minerai de fer estimées 2,740 milliards de tonnes en attente d’exploitation.

Outre IC Nickel qui détient 85% de la CMB, l’Etat est partie prenante avec 10% du capital, ainsi que la SODEMI, la société publique minière, avec 5% des actifs.

 

 

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