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Halla Sakr, Directrice générale de Barclays Egypt.

L’acquisition officielle de 100% de Barclays Egypte par Attijariwafa Bank, le 4 octobre 2016,  s’est concrétisée le 3 mai 2017 au prix de plusieurs mois de négociations.  Après 150 ans sous le label britannique, la banque devient Attijari Bank Egypt. Parmi les raisons expliquant la longueur des négociations (7 mois), des provisions imprévues à constituer et une gouvernance que la partie égyptienne rechigne à céder aux nouveaux acquéreurs. 

En effet,  la directrice générale de Barclays Egypte, Halla Sakr, parente proche du gouverneur de  la Banque centrale d’Egypte, gardera ses fonctions pour au moins deux ans selon un accord tacite introduit lors des négociations.

Du fait des négociations et des incertitudes liées à une prise de contrôle effective, le deal conclu en Egypte devrait revenir beaucoup plus cher que les 400 à 500 millions de dollars avancés par la presse. La provision ferait passer le coût de l’acquisition à un niveau important. Du simple au double ?  Motus et bouche cousue auprès des interlocuteurs approchés par nos soins.

 

En toute vraisemblance, commente-t-on,  l’opération  n’aurait pas respecté certaines étapes essentielles de l’audit, du contrôle et de l’inspection. Les  cadres de la banque engagés dans cette acquisition stratégique étaient obnubilés par la gloire. L’objectif était de frapper un grand coup et de réussir enfin une implantation sur les bords du Nil après trois tentatives stériles.

Pourtant la banque marocaine  s’était entourée des précautions nécessaires avec une brigade constituée des conseils d’UBS Investment Bank doublés de l’assurance  d’Attijari Finances Corp., de Naciri & Associés du cabinet Allen & Overy, de Sharkawy & Sarhan Law Firm et de la firme Mazars.

En dépit des retards accumulés, l’implantation en Egypte offre à la première banque marocaine les moyens d’augmenter rapidement ses actifs et, à terme, de se donner le pouvoir  de jouer un rôle tampon entre le Moyen-Orient et l’Afrique.  Le PDG d’Attijariwafa Bank, Mohamed Kettani, le rappelait récemment lors de la présentation des résultats 2016  de la banque. “C’est un bel actif que nous avons acquis, avec un potentiel de développement important qui va mobiliser beaucoup d’énergie et de ressources qui sont déjà engagées dans le processus de rapprochement. Il s’agit là d’une opération importante puisque Barcalys va être notre première filiale africaine en termes de taille de bilan et de résultats, dépassant Attijari Tunisie” .

Barclays Egypyt  dispose d’un réseau de 56 agences à travers le pays et de 1 500 employés.