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Alors que la précampagne électorale pour la présidentielle française bat son plein, les candidats en lice se relaient sur le continent africain. La visite qui a soulevé le tollé est celle de la candidate du Front national. Marine Le Pen a été reçue  au Tchad par le Président Idriss Deby Itno, mardi 21 mars. Les deux personnalités nourrissent la même aversion pour la monnaie CFA.

Dans le village africain, il se dit toutefois que l’aigreur de l’homme fort de N’Djamena est proportionnel au niveau bas des réserves d’importation de son pays, éprouvé par la chute des cours de l’or noir. Marine Le Pen, elle, défend le retour vers la monnaie nationale et, de manière plus claire, une certaine France aux français. “Je viens porter une condamnation de la politique de la Françafrique qu’ils ont menée les uns et les autres. Je suis venue dire que je romprai avec cette  politique”.

L’arrivée de la candidate du Front National au Tchad a été remarquée. Ainsi, le parti du principal opposant tchadien, Saleh Kebzabo, a fustigé la visite de la « candidate de l’extrême droite raciste et xénophobe».

C’est la première fois que Mme Le Pen est reçue par un chef d’Etat africain. Se faisant, celle qui traitait François Hollande de vice-chancelier de l’Allemagne, obeït à une tradition de la cinquième république bien ancrée chez les aspirants à l’onction suprême.

Le candidat d’En marche, Emmanuel Macron,  avait,  de son côté, reçu  un accueil digne d’un chef d’Etat en Algérie en février dernier, se démarquant, à l’occasion, d’une certaine posture mémorielle qui a cours sur les bords de la Seine.

«La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie. Et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face, en présentant nos excuses à l’égard de celles et ceux envers qui nous avons commis ces gestes”, s’était permis de dire le benjamin des 11 candidats en lice, déclenchant un seïsme politico-médiatique qui n’a en rien entamé sa popularité dans les sondages.

Pour sa part, François Fillon avait arpenté les pistes rudes du Sahel en septembre dernier, se rendant au Niger et Mali, gonflé alors qu’il était par les prévisions sondagières faussées désormais par la Penelope gate. L’appui de la franco-sénégalaise Coumba Dioukhane, sarkozyste pur-jus, qui a rejoint le bateau Fillon au lendemain des primaires de la droite et du centre, permet à Fillon de garder un œil avisé sur l’Afrique.

Le socialiste Benoît Hamon prépare une grosse tournée africaine en avril. L’occasion de renouer avec son passé, lui qui a passé une partie de son enfance, au Sénégal, au bord du Lac Rose. S’il n’a pas appris à porter la saharienne, le candidat le moins enflammé en terme de réthorique, a retenu quelques proverbes qui agrementeront son discours lors de son voyage. En attendant, son guide, le député franco -iranien Pouria Amirshahi, très à l’aise sur le Maghreb et la Méditerranée, ne semble pas initié aux subtilités de la partie subsaharienne du continent.

Cependant, pour beaucoup d’observateurs africains, les  candidats français viennent en Afrique, certes pour draguer un électorat de nationaux et bi-nationaux non négligeable, pour parachever leurs postures de présidentiables, mais -aussi et surtout- pour chercher des soutiens financiers. Les toutes dernières révélations choc de l’avocat Robert Bourgi, successeur auto-proclamé d’un certain Jacques Foccart, tendent à accréditer cette dernière thèse attentatoire, si elle venait à se confirmer, à l’image du pays de Marianne.

 

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