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L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) vient de donner son feu vert à un emprunt obligataire lancé par l’Office chérifien des phosphates (OCP) sur le marché national d’un montant de 5 milliards de DH (470 millions d’euros).

La note d’information préliminaire dévoile les contours de cette nouvelle levée singulière. En effet, le président directeur général, Mostafa Terrab, a réussi à faire valider lors de la dernière réunion du Conseil d’Administration –en date du 4 octobre 2016– un emprunt obligataire sous la forme d’obligations subordonnées perpétuelles. L’opération se fera sous forme de tranches, réparties entre obligations cotées et non cotées avec des dates de rachat prédéterminées, et marquées par une augmentation de la prime de risque à chaque date de rachat. Une émission fort particulière sur le marché financier marocain. Très peu d’opérateurs opérateurs optent pour ce type de financement. En 2009, BMCE Bank, avait émis un emprunt obligataire subordonné perpétuel d’un milliard DH (94 millions d’euros), avec la possibilité de remboursement anticipé à l’initiative de la banque – et ce à partir de la 10ème année-.

-Des obligations perpétuelles, qu’est ce que c’est ?

Comme leur nom l’indique, les obligations perpétuelles n’ont pas de date de maturité. Mais à chaque émission ses caractéristiques propres! Le coupon peut être fixe ou variable. Il peut également évoluer dans le temps. Fixe dans un premier temps, il pourra devenir variable après une certaine période ou inversement.

Ces obligations distribuent donc des coupons qui offrent des rendements généralement largement supérieurs (parfois plus de 10%) aux taux offerts par les obligations classiques. C’est pour cela que les investisseurs en recherche d’un cash-flow rapide sont généralement friands de ce type d’opération.

Pour autant, même s’ils portent le nom d’obligation, ces titres ne présentent pas le même profil de risque que les obligations classiques. Il s’agit en effet là d’un produit beaucoup plus spéculatif, étant donné que le titulaire ne peut  pas compter sur l’émetteur pour récupérer son investissement à une date déterminée. Un passage par le marché secondaire sera le plus souvent obligatoire en vue de se désinvestir.

-Ambitions et Investissements

Cette note d’information préliminaire révèle également la politique d’investissement du groupe. L’enveloppe globale dédiée au programme de développement industriel de l’OCP, depuis son lancement en 2008 et à horizon 2025, est estimée à environ 200 milliards de DH (19 milliards d’euros). Le programme vise à doubler la capacité minière et à tripler la capacité de production chimique. Le plan d’investissement prévoit notamment l’exploitation de trois nouvelles mines, l’aménagement d’infrastructures minières, la construction de deux pipelines de transport, ainsi que l’aménagement du Jorf Phosphate Hub. Le programme inclut également des investissements liés aux utilités, aux infrastructures portuaires, aux infrastructures de stockage.

Pour 2017, le groupe compte investir 17,3 milliards de DH (1,63 milliard d’euros). L’objectif étant d’anticiper l’arrivée de nouvelles capacités de production de la concurrence et de capter la croissance future du marché mondial.

-OCP en Afrique

En juillet dernier, le géant phosphatier a été autorisé à créer 14 filiales pays à travers sa nouvelle entité OCP Africa. Les pays concernés sont le Nigéria, l’Angola, l’Ethiopie, le Kenya, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Tanzanie, la RDC, la Zambie, le Zimbabwe, le Cameroun, le Sénégal, le Bénin et le Mozambique. A ce jour, 8 filiales africaines ont été créées, notamment le Kenya, le Ghana et la Côte d’Ivoire. Les démarches seraient toujours en cours pour le reste. En septembre 2016, le capital d’OCP AFRICA a été augmenté de 50 millions de DH (4,7 millions d’euros) et sera amené à augmenter dans le futur (d’après la note d’information préliminaire du groupe).

 

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