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Le projet va améliorer les conditions de vie de 30 000 fermiers en générant près de 2 milliards de shillings kényans dans l’économie locale. © Gérard Tordjman

Un partenariat innovant pour améliorer les conditions de vie de 30 000 fermiers au Kenya

 

Le fonds Livelihoods, un fonds d’investissement créé par des entreprises privées, a noué un partenariat innovant avec Brookside Dairy, la première entreprise laitière d’Afrique de l’Est, et Vi Agroforestry, une ONG reconnue pour son travail sur les pratiques agricoles durables. Ensemble, ils mènent un projet qui vise à améliorer les conditions de vie de 30 000 fermiers à travers des pratiques agricoles durables et la création de valeur autour du lait, de l’eau et du carbone. Le lancement officiel de ce projet a eu lieu le 11 octobre 2016 à Kitale.

Deux millions d’habitants peuplent les flancs du Mont Elgon. Cette population en forte croissance exerce de plus en plus de pression sur les terres arables et les ressources naturelles de la région. Les fermiers sont pris dans un cercle vicieux. Les terres dégradées – par la déforestation, les pratiques agricoles peu efficaces et le pâturage sauvage du bétail – produisent peu de rendements pour les cultures et le lait. En parallèle, les fermiers ont un lien très fragile avec l’industrie laitière, ce qui ne leur permet pas d’avoir des revenus suffisants et stables. De plus, chaque averse érode un peu plus la fertilité de leur sol, entraînant dans les rivières des sédiments qui menacent leurs ressources en eau et l’écosystème du lac Victoria en aval.

Le projet Livelihoods au Mont Elgon propose une solution intégrée pour répondre à tous ces défis simultanément. Les fermiers sont formés à des pratiques durables comme l’agroforesterie, la diversification culturale, la production de fourrage et la gestion du bétail. Des techniques simples qui nécessitent peu d’investissement mais qui génèrent des résultats conséquents. Les rendements des cultures devraient augmenter de 30% et la productivité des vaches devrait doubler. Au final, la production laitière dans la zone du projet sera multipliée par près de 30 en 5 ans. Les fermiers sont impliqués dans le projet à travers 1200 groupes et 15 coopératives. L’organisation et la gouvernance des coopératives sont renforcées afin de leur permettre d’obtenir de meilleurs contrats de vente pour les fermiers et d’offrir plus de services, comme l’insémination artificielle et des soins vétérinaires, à leurs adhérents.

« Ce projet innovant va permettre à ses bénéficiaires de vivre dans de meilleures conditions. Nous espérons aussi qu’il pourra lancer une nouvelle façon pour les entreprises et les ONG à travers le monde de s’allier pour combattre la pauvreté, la faim et le changement climatique. C’est un pas important pour atteindre les objectifs de développement durable des Nations Unies », explique Henrik Brundin, vice-président de Vi Agroforestry.

Par ailleurs, un accès plus durable est proposé aux fermiers dans le cadre du projet. Brookside Dairy s’est en effet engagé à acheter tout le lait produit pendant 10 ans.

« Si, par exemple, un fermier augmente sa production de lait de 5 à 10 litres par jour, il trouvera un marché garanti. Par conséquent, il augmentera automatiquement ses revenus. L’engagement du secteur privé est une clé de réussite de ce projet », poursuit Emmanuel Kabaki, Directeur général de Brookside Dairy.

Le projet Livelihoods au Mont Elgon repose sur un modèle innovant : un fonds privé prend le risque d’investir et reçoit des paiements sur résultats ; une entreprise co-investit en fonction de la quantité de lait produite ; une ONG met en œuvre le projet.

Le projet va améliorer les conditions de vie de 30 000 fermiers en générant près de 2 milliards de shillings kényans dans l’économie locale. Il permettra aussi de séquestrer plus d’un million de tonnes de gaz à effet de serre sur 10 ans tout en créant des bénéfices environnementaux tangibles.

« Le projet Livelihoods au Mont Elgon démontre qu’en investissant dans les communautés rurales et l’agriculture familiale, il est possible de créer de la valeur partagée pour les fermiers, le secteur privé et toute la société. Ce projet ouvre la voie à de nouveaux modèles d’investissements, pour passer de l’investissement à impact social à des modèles publics-privés basés sur résultats », souligne Bernard Giraud, président de Livelihoods Venture.

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