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A la tête de la BADEA depuis le mois de juillet 2015 le mauritanien Sidi Ould Tah donne une nouvelle impulsion à cette institution financière de coopération entre le monde arabe et le continent africain.

A un moment où régnait l’afro-pessimisme, le monde Arabe a parié sur l’Afrique. La BADEA vise à contribuer au développement de la coopération économique, financière et technique entre les pays arabes et africains et à la concrétisation de la solidarité arabo-africaine sur la base de l’égalité et de l’amitié.

 

Les liens de l’esprit, du cœur, du sang et de l’action qui ce sont longuement établis entre les peuples Arabes et Africains, impriment aux relations arabo-africaines leur spécificité que des siècles voire des millénaires de brassages et d’interpénétrations fécondes entre les deux mondes ont rendu fortement enchevêtrés. Mais si l’histoire et la géographie ont largement contribué à tisser ces liens séculaires, il était tout aussi nécessaire que l’économie, le commerce, l’investissement direct et la finance renforcent davantage cet enchevêtrement inextricable. Rien n’est donc plus naturel que les pays Arabes, conscient de la communauté du destin et du devoir de solidarité envers leurs frères, se mobilisent pour contribuer au financement du développement de l’Afrique subsaharienne. C’est ainsi, qu’à la faveur du premier boom pétrolier, lors du 6ème Sommet de la Ligue des Etats Arabes, en novembre 1973 fut prise la résolution portant la création de la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique BADEA. Instrument financier de la solidarité arabo-africaine, la BADEA est un modèle original de coopération sud-sud dont les financements sont exclusivement réservés à des pays non actionnaires. A un moment où régnait l’afro-pessimisme, le monde Arabe a parié sur l’Afrique. La BADEA vise à contribuer au développement de la coopération économique, financière et technique entre les pays arabes et africains et à la concrétisation de la solidarité araboafricaine sur la base de l’égalité et de l’amitié. A cette fin, la Banque est chargée de :

-Contribuer au financement du développement économique dans les pays africains;

-Encourager la participation des capitaux arabes dans le développement africain;

-Contribuer à la fourniture de l’assistance technique nécessaire au développement de l’Afrique.

 

Devenue opérationnelle dès mars 1975, la BADEA offre depuis plus de quatre décennies, des financements très concessionnels (avec un élément don souvent de l’ordre de 50%) et de l’assistance technique (sous forme de dons) aux pays d’Afrique sub-saharienne. Les pays éligibles à l’aide financière de la BADEA sont les 44 pays africains non membres de la Ligue des Etats Arabes, les institutions publiques ou privées et les organismes et entreprises travaillant dans les pays africains, en plus des institutions africaines ou arabo-africaines concernées par le développement économique et social de l’Afrique subsaharienne. Récemment, la BADEA s’est engagée de manière résolue à fournir des financements dédiés au secteur privé en Afrique, à travers deux guichets nouveaux : le guichet financement des projets privés et le guichet financement du commerce.


Les principales réalisations de lA BADEA en faveur de l’Afrique subsaharienne (1975-2015)

La BADEA a pu à travers ses différents produits, et depuis 1975, accomplir de nombreuses réalisations en faveur du développement économique et social de l’Afrique sub-saharienne réalisant ainsi une couverture géographique de 44 Etats, donc la totalité des pays éligibles à son aide. Le cumul des engagements de la BADEA, durant la période 1975-2015, s’est élevé à 4,789 milliards de dollars, dont 4,629 milliards de dollars ont été alloués au financement de 605 projets de développement. Le montant alloué à l’assistance technique durant la période 1975-2015 a atteint 160,713 millions de dollars ayant servi à financer 655 opérations. Les financements de la BADEA ont pris en considération les priorités des pays africains bénéficiaires. Compte tenu de l’importance des infrastructures de base dans la mise en place des fondements des économies de ces pays, ce secteur a eu la plus grande part des interventions de la BADEA. Il en est de même de la contribution de la BADEA dans des domaines comme la sécurité alimentaire, la santé, la lutte contre la pauvreté et le développement des ressources humaines, la participation de la femme au développement et la protection de l’environnement.

Il est pris en considération dans les opérations financées par la BADEA les orientations de ses plans quinquennaux et les priorités exprimées par les pays bénéficiaires, dans le cadre de leurs plans de développement. La BADEA accorde  la priorité aux opérations ayant une connotation régionale, bénéficiant à plusieurs pays africains à la fois et contribuant à la complémentarité et à l’intégration des pays africains d’une part, et avec les pays arabes d’autre part, dans certains cas. Les interventions de la BADEA tiennent aussi compte des orientations mondiales récentes dans le domaine du développement, en particulier en matière de stratégies de lutte contre la pauvreté, les Objectifs du Millénaire du Développement et du NEPAD.

En outre, la BADEA n’a pas perdu de vue les besoins en matière d’appui en renforcement des capacités et lui a alloué un produit spécifique qui est celui des opérations d’assistance technique. La BADEA s’est distinguée dans ses interventions par la célérité dans sa réponse aux requêtes des pays africains et par la souplesse dans l’orientation des ressources des projets et des opérations d’assistance technique. Elle joue aussi un rôle important en apportant son assistance aux autres institutions arabes de développement dans leurs interventions dans les pays africains non arabes. Par ailleurs, la BADEA a poursuivi l’amélioration de ses conditions de prêts afin d’alléger le poids inhérent à ses financements sur les pays bénéficiaires de son aide. A cette fin, il a été adopté un système de rééchelonnement des arriérés qui a permis un meilleur recouvrement des arriérés.

En outre, la Banque participe aux côtés des institutions financières régionales et internationales dans le cadre de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). La contribution cumulée de la BADEA au titre de cette initiative, jusqu’à la fin de 2015, a atteint un montant total de 256,564 millions de dollars au profit de 28 pays africains.


 

Coordination avec les institutions de financement du développement

Depuis le démarrage de ses activités, la BADEA a accordé un grand intérêt à la coordination avec les institutions de financement, eu égard à l’importance d’échange d’expériences et de vues concernant les questions d’actualité dans le domaine de l’aide au développement, mais aussi, en raison des possibilités qu’offre cette coordination pour la réalisation de grands projets structurants et intégrateurs présentés par les pays bénéficiaires.  Dans ce cadre, la BADEA a collaboré avec les institutions de financement arabes dans le cadre du «Groupe Arabe de Coordination» pour le cofinancement de nombreux projets. Le Groupe Arabe de Coordination constitue également une plate-forme pour l’échange d’expérience, la coordination des politiques et l’établissement de contacts avec les institutions internationales de développement. La BADEA participe à toutes les réunions qui regroupent les institutions régionales et internationales opérant dans le domaine de l’aide au développement en Afrique Subsaharienne. Le total des financements alloué par le Groupe Arabe de Coordination durant la période 1975-2014 en faveur de l’Afrique sub-saharienne s‘élève à 22,445 milliards de dollars.


Le septième plan quinquennal 2015-2019

Le Septième Plan Quinquennal de la BADEA (2015 -2019) s’inspire des enseignements tirés du Sixième Plan qui portait sur la période (2010-2014). Le Septième Plan Quinquennal a porté le volume des engagements de la BADEA à 1,600 milliards de dollars, soit une augmentation de 600 millions de dollars par rapport au Sixième Plan précédent (2010-2014). Un montant de 250 millions de dollars est alloué pour la première année du Plan (2015), ensuite une augmentation progressive est retenue pour le reste de la période du plan. Les allocations de la dernière année, (2019) s’établiront à 350 millions de dollars. Dans ce plan, un montant de 1,100 milliard de dollars est alloué au financement des projets du secteur public, 450 millions de dollars pour les projets du secteur privé et 50 millions de dollars pour les opérations d’assistance technique. Une enveloppe annuelle allant de 150 – 250 millions de dollars est allouée au financement des exportations arabes vers les pays africains.

Les traits saillants du Septième Plan Quinquennal:

a) les prêts de la BADEA sont accordés à des conditions concessionnelles, où le taux d’intérêt annuel varie de 1% à 4% et la durée du prêt de 18 à 30 ans, y compris un délai de grâce de 4 à 10 ans.

b) Le secteur des infrastructures bénéficie d’un pourcentage allant de 40% à 50% des ressources allouées au plan. Le secteur de l’agriculture et du développement rural (l’agriculture, l’irrigation, le développement de l’élevage, la pêche, les forêts, l’infrastructure rurale, y compris l’eau, l’électricité et les routes) reçoivent de 25% à 35%.

c) Une attention particulière est accordée aux projets du secteur social (l’éducation et la santé), de manière à promouvoir les ressources humaines, améliorer les indicateurs sociaux, combattre les maladies et contribuer à l’éradication de la pauvreté. Une allocation allant de 20% à 25% des engagements de ce plan est réservée à ce secteur.

d) Continuer à fournir l’assistance technique sous forme de dons non remboursables.

e) exploiter l’expérience arabe et africaine ainsi que les biens et services produits dans les pays arabes et africains dans l’exécution des projets et opérations financés par la BADEA.

f) L’expansion de l’activité de la banque dans le secteur privé par l’octroi de prêts directs et de lignes de crédit, l’intensification de la coopération avec les institutions financières régionales et internationales de développement et les encourager à financer des projets d’investissement dans le secteur privé.

Au même titre, la BADEA s’intéresse à encourager et attirer les investissements arabes dans les pays africains. Le financement du secteur privé et des exportations arabes vers l’Afrique subsaharienne L’année 2015 a représenté le début de la mise en œuvre des programmes de financement du secteur privé et des exportations arabes vers l’Afrique subsaharienne. La BADEA a déjà octroyé en 2015, dans le cadre du financement des projets du secteur privé, un montant de 50 millions de dollars pour financer des lignes de crédit aux profits de quatre institutions financières multilatérales. Dans le cadre du financement des exportations arabes vers l’Afrique subsaharienne, une enveloppe de 150 millions de dollars a été affectée pour l’année 2015. L’année 2016 connaitra l’intensification du suivi de ces opérations et l’augmentation des ressources financières allouées à ces deux programmes portant l’enveloppe globale annuelle de financements de la BADEA à 520 millions de dollars pour l’année en cours.

 

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