ENVOYÉ SPÉCIAL À KIGALI/ Dans son discours à l’ouverture du forum «Transform Africa 2015» qui se tient du 19 au 21 octobre à Kigali, le premier ministre rwandais, Anastase Murekzei, déclare que l’Afrique a une opportunité en or de réaliser sa révolution digitale.

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«L’innovation numérique génère de l’optimisme et de la confiance des citoyens dans nos économies et dans le futur», poursuit M. Murekzei, rappelant que l’objectif doit être de rendre les TIC accessibles au plus grand nombre d’africains. «Nous devons investir dans le dividende démographique et dans notre jeunesse», lance celui qui considère le Rwanda comme le pays aux mille collines et à un million d’opportunités.

Pour sa part, Francis Gatare, directeur général du Rwanda Développement Board, sorte de guichet unique pour les investissements, a mis en exergue la diversité des participants au forum, qui proviennent de plus de 80 pays, 850 compagnies et 12 gouvernements et organisations internationales. «Cette diversités est la preuve que tout est possible», lance le CEO de la RDB.
Présent à cette rencontre en tant que co-organisateur, Houlin Zhao, secrétaire général de l’Union Internationale des Télécoms, a donné une idée de la tendance mondiale du développement des TIC porté par l’explosion de la téléphonie mobile et du haut débit: «A la fin de l’année, il y aura 3,5 milliards d’abonnés actifs au haut débit, un nombre qui doit doubler d’ici la fin 2020. «Ensemble, nous avons les moyens de transformer l’Afrique».

Même si d’énormes progrès ont été réalisés depuis le forum Connect Africa de 2007, le chemin est encore long pour faire tomber les barrières fiscales et logistiques empêchant l’Afrique de réaliser sa convergence numérique. Le ministre Rwandais de la jeunesse et des TIC, Philbert Nsengimana, appelle à l’accélération de la mise en place de l’agenda “Smart Africa» lancé en 2013 lors de la première édition du sommet «Transform Africa».
L’Afrique devrait d’autant plus penser à cette convergence numérique qu’un de ses premiers partenaires, en l’occurrence l’Union Européenne, travaille dans la mise en place d’un marché unique (Single digital market) qui devrait accélérer les échanges, estime le secrétaire général de l’UIT.
Parmi les moyens d’augmenter les échanges numériques sur le continent africain, figurent l’élimination des frais de roaming, la baisse des services financiers et l’investissement dans le haut débit. Le Rwanda qui a mis en place 5000 km de fibres optiques constitue en cela une success story, comptant plus de 20 start-up qui ont dépassé le cap du millions de dollars grâce à internet.
En clair, les gouvernements africains sont appelés à investir dans le haut débit pour une meilleure insertion dans les chaînes de valeur de l’industrie numérique. Cette mue passe non seulement par la fibre optique mais aussi, rappelle le professeur Romain Morenzi de la World Academic of Sciences, par la révolution du système d’enseignement : «Seuls 2% des documents publiés dans le monde proviennent de l’Afrique. L’Egypte et l’Afrique du Sud génèrent à eux deux, 75% de cette production». Aussi, poursuit M. Morenzi, nous ne pouvons faire la révolution numérique sans intégrer l’éducation.